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L’Europe à l’épreuve du Covid-19

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Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel lors du Conseil européen en juillet 2020. (image d'illustration)
Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel lors du Conseil européen en juillet 2020. (image d'illustration) AFP - STEPHANIE LECOCQ

La situation sanitaire en Europe reste très préoccupante dans certains pays comme la France, et très polémique concernant la lenteur de la campagne de vaccination dans l'UE – même si les choses commencent un peu à s’améliorer. Le contraste est cruel lorsqu'on compare cette situation à celle des États-Unis, de la Grande-Bretagne ou d'Israël. Pourquoi et comment l’Europe s’est-elle retrouvée dans cette situation ?

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C’est d’abord l’histoire d’une réponse désordonnée face à la pandémie. La santé étant une prérogative des États et non pas de l’Union européenne, il a été très difficile pour les 27 d’adopter des mesures communes dès la propagation de la Covid-19 sur le Vieux continent.

D'où une première impression de désordre et de chacun pour soi, un peu compensée par l’élaboration laborieuse mais tout de même historique d’un plan de relance financé par une dette commune et non plus État par État. Un plan de 750 milliards d’euros qui fait un peu pâle figure, malgré tout, face au plan de relance massif de 2 200 milliards de dollars que vient de lancer Joe Biden de l’autre côté de l’Atlantique.

L’autre cause des difficultés actuelles provient de l’Europe elle-même – et c’est bien sûr une mauvaise nouvelle pour tous les europhiles. Alors que Londres et Washington, très tôt, déboursaient sans compter pour mettre au point un vaccin anti-Covid, les Européens s’interrogeaient, tergiversaient, émettaient des doutes sur la possibilité de trouver un vaccin aussi vite et donc ne débloquaient pas les fonds nécessaires en ce sens.

Dépendance

L’Europe s’est retrouvée dépendante des pays qui avaient mis le paquet. Elle a dû négocier les livraisons de doses de vaccin pour sa population. Et malheureusement, la gestion par la Commission européenne des contrats de vaccination avec les laboratoires anglais et américains a été calamiteuse ou naïve, difficile à dire : trop tard, trop peu, à un rythme trop lent.

D'où un enchaînement de vrais espoirs d’arrivées massives de doses vaccinales trop souvent démentis, de polémiques et de justifications peu glorieuses des dirigeants européens : certains comme Angela Merkel, reconnaissent leur erreur – d’autres comme Emmanuel Macron restent droit dans leurs bottes et refusent de se livrer à un quelconque mea culpa. Tout au plus admet-on que l’Europe, par souci de prudence, tétanisée par le principe de précaution, a pu manquer d’audace et d’ambition. On a envie d’ajouter : d’unité aussi – encore une fois.

Et maintenant ?

La situation, heureusement, s’est améliorée sur le front de la délivrance des vaccins. On commence – enfin –, à installer des vaccinodromes dans certains pays. Bref, on cherche à rattraper le retard face à une épidémie qui ne cesse de varier et contraint les populations impatientes, fatiguées et parfois excédées, à devoir accepter de nouvelles mesures de freinage de circulation du virus comme on dit quand on ne veut pas parler de confinement.

On essaie aussi de prévoir la suite avec cette deuxième phase vaccinale – peut-être dès cet automne. L’Europe veut désormais accéder à son autonomie dans la production de vaccins et être en mesure de produire dès la fin de cette année, entre deux et trois milliards de doses par an. Il faut désormais que ces engagements se traduisent dans les actes. Si l’Union européenne veut se hisser à la hauteur des enjeux de cette pandémie.

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