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L’Europe sociale, c’est reparti?

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L'Union européenne se réunit à Porto ce 7 mai 2021 pour discuter de la politique sociale au sein de l'Europe.
L'Union européenne se réunit à Porto ce 7 mai 2021 pour discuter de la politique sociale au sein de l'Europe. © AP/Luis Vieira

Cette semaine, vous revenez sur le Sommet social de l’Union européenne qui se tient les 7 et 8 mai à Porto. Quel bilan peut-on faire des politiques sociales de l’Europe depuis 1957 ?

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Le bilan est mitigé. Cette question sociale elle est présente très tôt dans les discussions entre dirigeants européens. Mais l’Europe, en 64 ans d’existence en tant qu’organisation, aurait pu faire plus, mieux, et surtout plus efficace. Seulement voilà : les politiques sociales restent de la compétence des États, ce qui veut dire que, pour qu’une intention se traduise concrètement en directive et dans le droit européen, il faut la fameuse unanimité, aujourd’hui de 27 États, aux intérêts et aux orientations idéologiques divergents.

Cela dit, des avancées ont tout de même été effectuées. Notamment dans les années 1980, sous l’impulsion du président de la Commission européenne Jacques Delors : le Français réussit à faire avancer ce qu’on appelle alors le « Dialogue social européen », qui va permettre l’élaboration d’une charte sociale, et l’adoption dans le droit européen de normes minimales – par exemple la durée maximale de la semaine de travail à 48 heures, ou l’impossibilité que le travail soit légal dans l’Union européenne avant l’âge de 15 ans.

► À lire aussi : Sommet social à Porto: vers une Europe plus sociale

La préoccupation sociale mise de côté des années 1990 aux années 2000

Ensuite, et quasiment en même temps, l’idéologie libérale qui triomphe dans les années 1990 à Bruxelles, puis la crise financière de 2007/2008 renvoie un peu aux oubliettes la préoccupation sociale - qui ressurgit vers 2015 quand les économies européennes se remettent peu à peu du choc de 2008. Et cela aboutit au « Socle européen des droits sociaux » en 2017.

C’est un ensemble de grands principes sociaux affirmés comme souhaitables par l’Union – du droit à la formation à l’égalité entre les sexes, de la protection de l’enfance à des niveaux de salaire décents. Un texte défini comme une « Boussole » pour l’Europe – mais qui n’est aucunement contraignant juridiquement. Et la Pandémie de Covid-19 remet l’urgence sociale au cœur des problématiques européennes.

Rendre plus concret le Socle des droits sociaux

Alors pendant deux jours à Porto, les 27 font essayer de faire avancer les choses. Notamment, suite à une proposition de la Présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, sur l’instauration d’un salaire minimum harmonisé pour l’ensemble de l’Union européenne.

Les chefs d’État et de gouvernement vont aussi discuter d’un plan d’action pour rendre plus concret le Socle des droits sociaux. Ils doivent aussi augmenter pour la période 2021/2027, le budget du Fonds Social européen, qui pourrait passer de 80 à 88 milliards d’euros. On voit que le programme est chargé. Sans compter la question sanitaire, avec notamment le problème de la levée des brevets - qui s’est invitée à Porto.

Toute la question, comme souvent avec l’Union européenne, c’est de savoir si les 27 vont passer des heures à négocier un compromis à la virgule près, ou annoncer des mesures plus concrètes et facilement compréhensibles pour les 450 millions de citoyens européens. À voir !

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