Littérature sans frontières

Chahdortt Djavann, une femme en colère, une auteure en guerre

Audio 29:00
L'écrivaine iranienne de langue française Chahdortt Djavann en studio à RFI.
L'écrivaine iranienne de langue française Chahdortt Djavann en studio à RFI. © Catherine Fruchon-Toussaint/RFI

Née en Iran et exilée en France, Chahdortt Djavann est une romancière et essayiste française. Elle est l’auteure de plus d'une quinzaine d’ouvrages, traduits dans une dizaine de langues, notamment «Bas les voiles !» (Gallimard, 2003), «La muette» (Flammarion, 2008), «Je ne suis pas celle que je suis» (Flammarion, 2011), «La dernière séance» (Fayard, 2013), «Big Daddy» (Grasset, 2015), et «Les putes voilées n'iront pas jamais au paradis !» (Grasset, 2016).Son nouveau livre, à la croisée de l'intime, le pamphlet et la fiction, est un livre magistral entre cri du cœur et cri de guerre.

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« Et ces êtres sans pénis ! »
« Et ces êtres sans pénis ! » © Grasset

«Je ne respecte les règles d’aucun romancier», affirme Chahdortt Djavann. En effet, la voilà qui entre et sort de manière virtuose de son roman, comme si elle franchissait les frontières d’un pays. Narratrice de sa fiction, elle en devient aussi un des personnages.

Après «faute de naissance», un premier chapitre intime où l’auteur confesse son «indélicatesse d’être née sans pénis après un frère mort», elle nous raconte, de Téhéran à Ispahan, le destin de plusieurs femmes qui paient un prix effroyable pour avoir joué autour d’une fontaine, refusé un mariage arrangé en vivant un amour homosexuel, ôté son voile en public ou tenu tête à un mari puissant.

Dans le dernier chapitre aux allures de conte, l’auteure traverse l’Europe, l’Arménie et l’Azerbaïdjan et rentre clandestinement dans son Iran natal, au risque d’être arrêtée comme espionne. Elle y retrouve deux cousines, devenues grandes résistantes, qui vont changer le cours de l’Histoire. (Présentation des éditions Grasset).

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