Nouvelles technologies

Le navire autonome «Mayflower»

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Capture d'écran d'une vidéo de présentation du Mayflower sur la chaîne YouTube de ProMare.
Capture d'écran d'une vidéo de présentation du Mayflower sur la chaîne YouTube de ProMare. © YouTube/ProMare

La firme IBM et les ingénieurs-chercheurs de la technopole Sophia-Antipolis en France ont mis au point un bateau nommé le Mayflower, entièrement autonome, piloté par des programmes d’intelligence artificielle.

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Évidemment, le Mayflower dans cette version très XXIe siècle, ne ressemble en rien à son vénérable ancêtre. Le projet soutenu par l’ONU avec le concours des chercheurs de l’entreprise IBM a été développé en 18 mois à la technopole française Sophia-Antipolis.

Entièrement autonome, il fonctionne principalement avec des panneaux solaires et un générateur dieselqui prend le relais en cas de besoin. Ce catamaran sans capitaine ou le moindre équipage, mesure quinze mètres de long.

Le Mayflower a été conçu pour l’étude océanographique. Principalement pour collecter des données sur la pollution plastique, la température, la qualité de l'eau et réaliser des relevés de la biodiversité marine en souffrance, nous précise Eric Aquaronne, expert et stratège en systèmes informatiques chez IBM :

« Le problème pour la recherche océanographique est qu’en définitive nous avons peu de données pour mener à bien des études scientifiques. C’est la raison pour laquelle les concepteurs du projet ont décidé de monter cette plateforme technologique sans personne à bord et entièrement automatisée capable d’emporté des équipements variables qui changent à chaque expédition et qui puisse rester en mer très longtemps. Ce n’est pas vraiment un drone ou un simple robot aquatique, mais bien une plateforme complète et modulable qui doit intelligemment mener ses missions scientifiques en toute indépendance. L’avantage des systèmes IA est de pouvoir traiter pendant la navigation les données issues des capteurs et de délivrer aux chercheurs que les données qui auront été analysées en pleine mer.

Par exemple, le bateau peut signaler la présence, à telle ou telle distance et dans quelle direction, il a détecté un groupe de cinq baleines franches dont deux baleineaux. Ce navire avec tous ses instruments de mesure et de navigation automatique coûte une fraction minime du prix d’un bateau de recherche traditionnel. Il nous permettra de faire plus de science et nous pouvons déjà envisager que de nombreux pays côtiers africains qui étaient exclus, faute de moyens, des recherches océanographiques, puissent acquérir une flottille de Mayflower afin d’étudier ou de surveiller la quantité de poissons dans leurs propres eaux nationales. »

Si la société IBM a conçu les programmes d’intelligence artificielle du Mayflower, les missions de ce navire scientifique seront gérées par l’organisation de recherche marine ProMare. L’ONG offrira aux chercheurs de placer à bord du bateau leurs équipements pour étudier l’impact des activités humaines sur la santé des océans lors d’un premier voyage qui est prévu à la mi-avril. Ce périple a un double objectif, celui de rendre hommage aux colons partis d’Angleterre pour fonder la première province de l’Amérique, mais aussi d’accomplir la première mission d’exploration scientifique du Mayflower qui devra affronter seul, les vents de l’Atlantique, avant de rejoindre les rives du Nouveau Monde.

Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

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