Politique, le choix de la semaine

Droite cherche candidat naturel désespérement

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Les principales figures des Républicains n'ont pas pour l'instant réussi à s'accorder sur une position commune en vue de la présidentielle de 2022. Ici, le président du parti Christian Jacob, lors d'une session de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 17 novembre 2020.
Les principales figures des Républicains n'ont pas pour l'instant réussi à s'accorder sur une position commune en vue de la présidentielle de 2022. Ici, le président du parti Christian Jacob, lors d'une session de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 17 novembre 2020. © Bertrand Guay/AFP

Marine le Pen, Jean-Luc Mélenchon et très probablement Emmanuel Macron. A quatorze mois de la présidentielle, le casting commence à se dessiner. Pas à droite où faute de candidat naturel, des prétendants inimaginables il y a encore quelques mois sortent du bois.

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« Une machine à diviser. » N'allez pas parler de primaire avec Christian Jacob. Le patron du parti Les Républicains est « viscéralement contre » et préfèrerait qu'un candidat « naturel » émerge pour empêcher le duel entre Marine le Pen et Emmanuel Macron que prédisent tous les sondages depuis plus de trois ans. Problème : qui peut mener la droite au second tour en 2022 ? Depuis la prise de distance de François Baroin, son ami, Christian Jacob, et le parti sont orphelins. « Aujourd'hui c'est le vide », admet Bruno Retailleau qui aimerait pourtant porter les couleurs de la droite dans un an et demi.

Pas de candidat naturel mais de plus en plus de prétendants

C'est un paradoxe. La droite se cherche une grande figure, personne ne se détache et donc les vocations se multiplient. Certains ont envie depuis longtemps : Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Bruno Retailleau... Dans chaque camp on s'organise depuis des mois mais dans les sondages, pas de réelle percée. Mieux placé, Xavier Bertrand plafonne à 16% d'intentions de vote. Très loin de Marine le Pen et Emmanuel Macron.  D'autres ont senti monter leur vocation ces derniers mois, dont trois maires. Philippe Juvin, médecin devenu très médiatique avec la crise sanitaire, David Lisnard aux avant-postes sur les masques ou encore Gaël Perdriau, dont les ambitions affichées sont moquées au sein du parti. Dernier en date à faire parler de lui : Michel Barnier. Le monsieur Brexit de l'Union Européenne suscite la curiosité depuis qu'il a expliqué début janvier qu'il souhaitait « travailler pour sa famille politique ». « Il s'organise » confirme l'une de ses proches, la députée LR de Paris Brigitte Kuster. L'ancien ministre recherche des bureaux, rencontre du monde et intègrera le comité stratégique du parti dès son retour définitif à Paris.

Des candidats tous sérieux ?

« On a bien un Premier ministre maire de Prades alors tout est possible » charrie un cadre du parti qui - plus sérieusement - analyse les ambitions de Philippe Juvin, David Lisnard et Gaël Perdriau comme l'illustration d'un parti « en panne de leader ».

Moins de sévérité à l'égard de Michel Barnier. « ll a incontestablement la stature internationale » reconnait le député Damien Abad. « C'est un homme d'État, l'homme politique qui connait le mieux l'Europe » renchérit celle qui a travaillé à ses côtés, Brigitte Kuster. Mais Michel Barnier est-il vraiment celui que la droite attendait ? Au fond, dans le parti, beaucoup auraient plutôt envie d'un Nicolas Sarkozy, « c'est lui mon candidat naturel » sourit Eric Ciotti ; d'un Edouard Philippe... « s'il y va il fait un carton » admet un membre du bureau politique LR ou pire encore... d'un Emmanuel Macron !

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