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L'opéra-comique «Falstaff» au 73e Festival d'Aix

Audio 03:15
"Falstaff" de Verdi. Mise en scène de Barrie Kosky. Direction musicale de Daniele Rustioni.
"Falstaff" de Verdi. Mise en scène de Barrie Kosky. Direction musicale de Daniele Rustioni. © Monika Rittershaus / Festival d'Aix-en-Provence 2021

Place à l’opéra et au rire ! Après son annulation l’année dernière en raison de la crise sanitaire, le Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence affiche le seul vrai opéra-comique du compositeur italien Guiseppe Verdi. Falstaff, le dernier de ses 27 opéras, prend vie sous le ciel étoilé du Théâtre de l’Archevêché dans une mise en scène bourrée d’humour et d’ingéniosité, concoctée par l’Australien Barrie Kosky.

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Ce qui ressemble drôlement à un épisode de l'émission Top Chef n'est rien d'autre que la nouvelle production de Falstaff, le testament lyrique de Verdi revisité par l'Australien Barrie Kosky, dans une mise en scène des plus barrées pour le Festival d'Aix-en-Provence. 

« Verdi a construit sa carrière à partir d'histoires et de personnages sombres et pessimistes, raconte-t-il. Vengeance, folie, mort, destruction, noirceur. Et soudain, à l'âge de 80 ans, à la fin de sa carrière alors qu'il dominait toute la scène lyrique italienne, voire européenne du XIXe siècle, il écrit un opéra qui met déjà un pied dans le XXe siècle - aussi bien au plan musical que dramaturgique. Et il prend l'une des plus grandes figures de Shakespeare et en fait un opéra sur l'amour, sur la vie, sur la joie et le rire. »

Au Théâtre de l'Archevêché, le rire s'installe dès le lever de rideau qui offre une vue imprenable sur une cuisine et son chef. Un Falstaff qui se donne à cœur joie - fesses à l'air nu sous son tablier - à préparer des plats succulents. 

L'histoire de ce vieux séducteur - chevalier sans le sou et piégé à la suite de ses propres ruses par deux commères fortunées - se déroule sous un feu d'artifice d'idées déjantées et de numéros hilarants. Mettant en scène des cornes de cocu sous forme de baguettes à croquer et une collection impressionnante de perruques, sur fond de décor fantaisiste entre rose bonbon et vert pistache.

 

Le baryton français Stéphane Degout mime le mari jaloux dans cette comédie truculente. « On est dans quelque chose de contemporain intemporel, une petite ville de province comme c’est le cas dans Shakespeare, explique-t-il. On est à Windsor, pas dans l'Angleterre du XVe siècle, quelque chose de plus méditerranéen, un peu plus chaud, peut-être qui correspond tout simplement à la Provence, dans un petit village où tout le monde se surveille, où tout le monde est un peu fou. On est vraiment sur le côté de la comédie, de la farce et dans la mise en scène, il y a du panache, il y a beaucoup d’énergie, quelque chose d’extrêmement rythmé, une grande précision des gestes, des regards, des intentions - tout cela dans le tempo de la musique. »

Une musique qui galope et pétille dans une féerie hors du temps et nous rappelle - comme Verdi à l'époque - que « le monde est une farce ; il faut rire pour ne pas mourir. - En tout cas, c’est un beau pied de nez, j’espère, à la fin de cette crise qui dure depuis un an et demi qui nous a tous retourné , conclut Stéphane Degout.Cela fait du bien d’être là et on va finir à table tous ensemble parce qu’il n'y a que ça de vrai dans le fond. »

Falstaff de Verdi dans la mise en scène de Barrie Kosky jusqu'au 15 juillet en plein air au Théâtre de l’Archevêché.

Le 73e Festival d'Aix-en-Provence poursuit sa programmation jusqu'au 25 juillet. 

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