Au Centre Pompidou, l'exposition Gaston Paris nous plonge dans le monde du spectacle des années 1930

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Vue de l'exposition « Gaston Paris : la photographie en spectacle » au Centre Pompidou à Paris.
Vue de l'exposition « Gaston Paris : la photographie en spectacle » au Centre Pompidou à Paris. © Centre Pompidou / Audrey Laurans

Le Rendez-vous culture nous emmène aujourd’hui à la découverte d’un reporter photographe dont les clichés racontent une époque charnière, celle des années 1930. Il s’appelle Gaston Paris. Ses images ont été très largement diffusées durant toute cette période dans les magazines. Mais son nom reste méconnu du grand public. C’est cette injustice que le Centre Pompidou à Paris est déterminé à corriger. Il présente jusqu’au 18 avril une exposition dédiée à son travail et intitulée « La photographie en spectacle ».

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Gaston Paris a été l’un des photographes les plus prisés des années 1930. C’était en quelque sorte le « Monsieur spectacle » du célèbre magazine Vu, le premier magazine d’actualité illustré par la photographie. Il en était d’ailleurs l’unique photographe salarié. Ses images étaient publiées aux côtés de celles de Man Ray ou Robert Capa.

Sa spécialité à lui, c’étaient les coulisses des spectacles. Équipé de son appareil Rolleiflex, il a su saisir dès les années 1930 le Paris des noctambules, le monde du cirque et des cabarets.

Michel Frizot est le co-commissaire de l’exposition. Il est à l’origine de cette réhabilitation du photographe. Il avait mis la main par le plus grand des hasards sur quelques-uns de ses clichés, il y a une trentaine d’années : « Ça a commencé très modestement par la découverte de quelques tirages au début des années 1990, qui étaient d'ailleurs anonymes, mais que j'ai pu par la suite attribué à ce photographe sur lequel on avait à l'époque aucune autre référence. »

Une photographie aux airs de cinéma

Outre le monde du spectacle, Gaston Paris s’est intéressé à des sujets variés, qui vont de l'Exposition universelle de 1937 à la Libération de Paris, en passant par de nombreux monuments de la capitale. Sa photo d’un ouvrier à contre-jour de la rosace de Notre-Dame de Paris est d’ailleurs un pur chef-d'œuvre.

Ses cadrages et ses vues en contre-plongée sont audacieux, ses noirs et blancs superbement contrastés. Mais surtout, ce passionné de cinéma aborde la photo comme un lieu de tournage de film et il fait montre d’une technique impressionnante.

« C'est un grand virtuose de l'éclairage. Les contrastes entre le blanc du costume des danseuses et le fond noir, tout ça, c'est quelque chose qu'il maîtrise très bien et qui passe très bien dans les magazines, qui sont évidemment en noir et blanc. »

L'émergence d'autres magazines à l'après-guerre

Après la Deuxième Guerre mondiale, Gaston Paris a immortalisé les difficultés de l’époque, avec notamment des clichés d’enfants et de familles démunis dans les faubourgs de Paris. Mais petit à petit, les magazines vont faire appels à de plus jeunes photographes...

« Après 1945, plus personne ne se soucie du magazine Vu et on passe à d'autres choses. Par exemple le magazine Paris Match, qui va devenir le grand magazine de l'après-guerre, est publié pour la première fois en 1949. »

Dans les années 1950, seules des planches contacts et des négatifs témoignent de l’activité de Gaston Paris. Le photographe abandonne le métier en 1956, puis sombre dans l’alcool. Il meurt quelques années plus tard, à 61 ans, et laisse un nombre impressionnant de clichés saisissants à découvrir, donc, jusqu’à la mi-avril au Centre Pompidou.

« La photographie en spectacle », à découvrir au Centre Pompidou jusqu'au 18 avril 2022.

Diaporama: exposition «Gaston Paris: la photographie en spectacle»

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