Reportage Afrique

Afrique du Sud: pour gérer son stress en temps de pandémie, à chacun sa méthode

Audio 02:22
Peur du coronavirus, de la disparition de proches, chômage en forte hausse, frustration des restrictions... Beaucoup de facteurs viennent renforcer les raisons d’être sous tension.
Peur du coronavirus, de la disparition de proches, chômage en forte hausse, frustration des restrictions... Beaucoup de facteurs viennent renforcer les raisons d’être sous tension. © Getty Images/Contributeur

Après des mois de pandémie, une vague de coronavirus après l'autre, les niveaux de stress sont au plus haut. Alors à Johannesburg, chacun essaye de son côté de trouver le moyen qui lui convient le mieux pour essayer de se relaxer.

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De notre correspondante à Johannesburg,

Dans ce parc de Soweto, un groupe de yoga profite des rayons encore chauds du soleil, avant l’arrivée de l’hiver. « Inspirez et faites le dos plat. Expirez et penchez-vous en avant », entend-on de la voix de Keoagile. Pour cette instructrice, il est important d’amener la pratique du yoga dans les townships, où comme partout, les niveaux de stress ont augmenté en temps de pandémie.

Cela aide en tout cas Thando, 31 ans « Maintenant, on vit dans l’incertitude. J’avais monté mon activité de services de stylisme, par exemple pour des mariages. Depuis, plus de coup de téléphone ni de commandes, et de mauvaises nouvelles arrivent de ma banque... Donc oui, c'est une période très difficile », dit Thando. Puis d’ajouter : « Quand on fait du yoga, on oublie tout cela un moment, et on se concentre sur son bien-être, donc c’est important, pour ma santé mentale », soutient-elle.

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Marcher pour décompenser

À quelques kilomètres de là se trouve une réserve naturelle de 700 hectares. Son parking est déjà plein. La marche à pied a de plus en plus la côte depuis le début de la pandémie et les chemins de randonnée se retrouvent pris d’assaut chaque week-end.

Busi est devenue une adepte en quelques mois. « Les discothèques étaient fermées à un moment, donc il n’y avait pas grand-chose à faire à part aller marcher », dit-elle en riant. « Et finalement observer la nature, cela aide pour relâcher le stress. Mentalement, c’est rafraîchissant. Cela empêche de déprimer », trouve-t-elle. 

Tout casser pour évacuer son stress

Mais pour se débarrasser de leurs frustrations, d’autres Sud-Africains se tournent vers une méthode un peu plus « violente ». Depuis septembre dernier, une rage room a ouvert au nord de la ville.

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Le concept est simple, selon son créateur Marco Caromba : « Combien de fois, lorsque vous étiez en colère, vous avez regardé votre télé, ou votre téléphone, et eu l’envie de tout casser ? Ici, c'est un endroit où vous pouvez expérimenter cette destruction. Vous pouvez ainsi vous débarrasser du stress, ou juste casser des choses pour rigoler », avance Marco Caromba. Les clients viennent avant tout pour s’amuser, mais à la sortie, Tzvia se sent plus détendue : « Avec la pandémie, bien sûr, on a beaucoup de rage qui veut sortir », s’exclame-t-elle. « Cela peut être un peu impressionnant au début, mais ensuite on apprécie. Une fois dans la salle, on se défoule. Et je trouve que ça fait du bien », ajoute Tzvia.

Par ailleurs, si le stress devient ingérable, plusieurs groupes de soutien psychologique indiquent avoir mis en place des d’appels et peuvent rediriger vers des professionnels.

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