Reportage Afrique

Tunisie: à Tunis, le vélo prend de l'ampleur

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À Tunis, les usagers profitent des rues désertes pour se déplacer à vélo.
À Tunis, les usagers profitent des rues désertes pour se déplacer à vélo. © AP/Hassene Dridi

Le soir en Tunisie, le confinement des voitures libère les rues aux piétons et vélos. Depuis mi-avril, l’utilisation des véhicules à moteur est interdite dès 19h alors que le couvre-feu est imposé à 22h. Trois heures que de nombreux cyclistes utilisent pour s’offrir des virées nocturnes.

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De notre correspondant à Tunis,

Comme chaque soir, des cyclistes profitent de l’absence de voitures pour emprunter les avenues habituellement embouteillées de la capitale. Lumières, casques, musique.

Une soupape bienvenue pour de nombreux Tunisois qui savourent ce vent de liberté. À l’image de Bahe Ghalmi, en pleine action sur une quatre voies. « Je fais du vélo maintenant, direction El Menzah 6. » Il explique volontiers qu’il utilise sa bicyclette « pour le loisir, pour faire du sport, déstresser du travail toute la journée. Toutes les rues sont des pistes cyclables maintenant. »

Une mobilité douce qui avance

Membre actif, comme lui, de l’association Vélorution, son camarade d’échappé Brahim Khalfala espère que les infrastructures évoluent : « Notre rêve, installer des pistes cyclables sur le territoire tunisien », dit ce gestionnaire administratif et financier qui utilise aussi son vélo pour aller travailler ou dans les trajets quotidiens. 

Une seule piste cyclable, des conventions signées pour deux supplémentaires, cette mobilité douce avance. Seule association de promotion du vélo en Tunisie, Vélorution a vu ses habitudes changer depuis un an.

Bochra Mansi en est la chargée de programme : « Après le Covid-19, il y avait une très grande demande, les gens voulaient apprendre à faire du vélo. Et aussi à sortir pour s’initier à la rue. Le nombre a augmenté petit à petit après le confinement. Et d’ailleurs si quelqu’un se déplace en Tunisie, il va voir cette différence que les vélos sont un petit peu partout en Tunisie. »

« Un grand changement sur le côté psychique »

Sur cette autre avenue de Tunis en cette nuit propice aux sorties, Oumaima Lajilia a pris l’habitude, en raison de la pandémie, d’enfourcher sa bicyclette : « Ça fait presque une année, dès le déclenchement du virus, que je travaille à la maison. Psychiquement, c’était presque le début d’une dépression », dit Oumaima.

Pour s’en sortir, « la seule chose à laquelle j’ai pensé qui puisse me rendre le goût de la vie, c’est faire du vélo. Donc, j’ai décidé de sortir et faire des tours. J’ai commencé à louer un vélo et c’était le point de départ. Après j’ai acheté un vélo personnel et vraiment, c'est un grand changement surtout sur le côté psychique », ajoute-t-elle.

Cette mesure de libérer les rues des voitures de 19 h à 22h vise à éviter les rassemblements trop éloignés de chez soi après la rupture du jeune. Une aubaine, selon Oumaima : « C’est une bonne nouvelle pour nous surtout pour faire du vélo en centre-ville, une grande liberté. »

Une liberté inaccessible la semaine prochaine en raison d’un nouveau confinement général, mais qui pourrait très vite être réhabilitée.

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