Reportage Afrique

Covid-19 au Ghana: face à la pandémie, les églises misent sur le numérique

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Messe en ligne, quête par paiement mobile, funérailles en streaming : au Ghana, la pandémie de coronavirus a changé les pratiques des églises, plus nombreuses à faire le pari du numérique.
Messe en ligne, quête par paiement mobile, funérailles en streaming : au Ghana, la pandémie de coronavirus a changé les pratiques des églises, plus nombreuses à faire le pari du numérique. © AFP/Jordi Perdigo

Le Ghana est l’un des pays les plus religieux du monde : 71 % de la population y est chrétienne, pour la plupart pentecôtistes ou évangélistes. Depuis un an, les restrictions sanitaires liées à la pandémie sont venues bouleverser les pratiques religieuses, forçant les églises à miser sur le numérique.

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De notre correspondante à Accra,

Les règles sanitaires sont les mêmes pour tous, même à la messe. À l’église Destiny d’Adenta, en banlieue d’Accra, les fidèles sont priés de se désinfecter les mains à l’entrée, d’observer la distanciation sociale même pendant la cérémonie, et de garder leur masque pour chanter les psaumes. Autant d’obstacles à la pratique religieuse, reconnaît le révérend Kofi Oduro Agyeman-Prempeh.

« Même si les chiffres du Covid-19 sont assez bas au Ghana (le pays a enregistré moins de 100 000 cas, dont 779 morts, NDLR), les gens ont peur. En particulier quand ils viennent à l’église, je les vois hésiter à se lever, à chanter et à danser, même si j’essaie de les inciter à le faire. Le Covid-19 a beaucoup affecté la fréquentation de notre paroisse. », constate le révérend.

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Des fidèles impliqués avec leurs smartphones

L’église Destiny fait partie des 2 500 paroisses inscrites sur la plateforme Asoriba, un nom qui signifie « enfant de l’Église » en twi. Cette application, créée en 2015 par quatre amis entrepreneurs, permet aux fidèles de participer à la vie de leur paroisse via leur smartphone, explique l’un des co-fondateurs, Saviour Kwaku Dzage.

« Nous aidons les pasteurs à gérer leur église efficacement, avec l’aide de la technologie. Nous leur fournissons des outils numériques qui leur permettent de collecter des données sur leur église, de surveiller la fréquentation des messes et de gérer leurs finances. Et du côté des membres, nous avons une application mobile dédiée, qui permet aux fidèles de rester connectés à leurs pasteurs », dit Saviour Kwaku Dzage.

Le succès d’Asoriba au rendez-vous

Depuis sa création, Asoriba rencontre un immense succès, confirmé par la crise du Covid-19. En un an, les chiffres d’inscriptions ont bondi de 30 %, rapporte Saviour Kwaku Dzage. L’application compte désormais un demi-million d’utilisateurs actifs.

« Le Covid-19 est venu valider tout ce que nous avions fait jusqu’ici. Nous avions identifié un besoin, mais nous avions du mal à convaincre les parties prenantes, qui trouvaient notre application trop futuriste », dit Saviour Kwaku Dzage, qui ajoute : « Mais quand la pandémie est arrivée, cela a provoqué une brusque prise de conscience. Tout le monde a compris la nécessité de tout convertir au numérique, y compris la pratique du culte. »

Mais le pari de la numérisation n’est pas encore gagné, notamment dans les zones rurales : au Ghana, 55,6 % seulement de la population a accès à Internet.

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