Reportage Afrique

Tunisie: des ateliers d'accompagnement à l'allaitement maternel

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Selon l'OMS, l’allaitement exclusif au sein est recommandé jusqu’à l’âge de six mois.
Selon l'OMS, l’allaitement exclusif au sein est recommandé jusqu’à l’âge de six mois. © iStock / SeventyFour

En Tunisie, face au taux d’allaitement très bas du pays révélé par une étude de l’Unicef (13,5% en 2018), des femmes tentent de changer la donne et de mieux sensibiliser sur les bienfaits du lait maternel.

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À la bulle des mamans, une start-up qui prépare les femmes à l’accouchement et à l’allaitement, Dorra Ladjimi, conseillère en lactation, est venue répondre à un manque d’informations. « C’est le manque de formation du personnel médical. Il faut savoir que les femmes qui sortent des cliniques ou des hôpitaux sortent tout de suite avec des biberons de lait en poudre parce qu'il y a eu un manque d’information et un manque d’accompagnement au sein de la clinique », pointe-t-elle.

Autre problème, les préjugés… « Il y a beaucoup d’idées reçues, que l’allaitement fait mal. Généralement 98% des douleurs au niveau du sein sont dues à une mauvaise position et à une mauvaise prise du sein. »

Et quand l’atelier commence avec Maroua, une participante qui vient d’entrer dans son troisième trimestre de grossesse, les questions fusent. Pour Maroua, l’information est importante, mais il faut aussi un changement sur le plan politique : « C’est une position politique, parce que si l’État voulait vraiment encourager les femmes à allaiter et qu’il avait une stratégie nationale, pourquoi nous avons un congé maternité qui ne dure que deux mois ? Et les hommes ? C’est même pas trois jours non ? »

Le congé paternité devrait passer à deux semaines bientôt, mais pour encourager les femmes à continuer leur allaitement avec leur emploi, Zarra Marrakachi, présidente de l’association Hanen, sensibilise le monde du travail, et surtout les hommes. « Petit à petit, on est quand même arrivé à les intéresser. Parce que les quelques courageux qui ont assisté ont vu qu'il s'agit d'un problème qui ne concerne pas que la femme. »

Zahra a convaincu deux industriels d’installer un espace dédié avec des tire-lait pour leurs employées… D’autres l’ont déjà fait, comme Ameni Mansouri, fondatrice de Dabchy, une plateforme en ligne de vente et d’achats de vêtements. Elle a même ajouté une nounou, en charge des bébés, entre les pauses allaitement des mamans. « Pour nous qui allaitons, c’est très pratique. C’est quelque chose de super sympa en fait. La plupart des gens ici quand ils font leur pause, ils vont voir les bébés. »

Si les lignes bougent grâce à ces femmes, elles plaident toutes pour une prise de conscience à l’échelle nationale, de l’importance de l’allaitement maternel.

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