Reportage Afrique

Sierra Leone: 20 ans après la guerre civile, la Sierra Leone toujours boudée par les touristes

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Vue de la plage de Tokeh, près de Freetown, la capitale de la Sierra Leone.
Vue de la plage de Tokeh, près de Freetown, la capitale de la Sierra Leone. ISSOUF SANOGO / AFP

La Sierra Leone est un pays surtout connu pour la guerre civile qui l'a ravagé entre 1991 et 2002 et les tristement célèbres « diamants de sang ». Mais la Sierra Leone, c’est aussi un pays à l’écosystème très riche et de nombreux atouts encore trop peu connus. Plages de sable blanc, eaux cristallines, forêts tropicales, le pays possède les plus belles côtes d'Afrique de l'Ouest. Mais ce paradis est oublié par les touristes depuis 30 ans.

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À première vue Freetown ressemble à la plupart des capitales d’Afrique de l’Ouest : beaucoup de trafic, des constructions très hétéroclites et un désordre évident. Je suis dans le quartier de Godrich avec Abdulay. Il est guide touristique et passionné par l’histoire de cette ville. 

« Il y a tellement de choses à voir à Freetown… Freetown a par exemple la chance d’avoir accueilli la première université d’Afrique de l’Ouest, le lycée Fourah Bay, c’est un bâtiment unique et très beau. On a aussi le chemin de fer, le musée national… Vous pouvez aussi visiter les vieilles maisons Krio, sublimes à voir… »

Mais depuis 20 ans, le pays souffre des stigmates laissés par sa guerre civile et les touristes ont déserté. Le pays était pourtant jusqu’à la fin des années 80, une destination très prisée, notamment pour ses plages. À Bureh, le cadre est toujours à couper le souffle : forêt tropicale, sable blanc, eaux cristallines. Ibrahim est le manager d’une guest house sur la plage.

« Nous sommes à Bureh beach, l’une des plus célèbres de Sierra Leone et d’Afrique de l’Ouest, les gens viennent de Freetown, parce que la plage est magnifique, il y a l’océan, nous avons aussi la forêt et des rivières, mais on n’a pas de touristes qui viennent d’Europe ou d’Asie ou d’autres endroits du monde jusqu’à aujourd’hui. La plupart des gens qui viennent ici vivent à Freetown.  »

Pauline est de ceux-là. Elle vit dans la capitale, et passe le week-end ici en famille. « C'est vraiment un endroit magnifique et que peu de gens connaissent. les personnes ont peur de venir en Sierra Leone et ils loupent quelque chose, c'est vraiment extraordinaire. »

La Sierra Leone tente d’attirer de nouveaux investisseurs pour rebooster son secteur touristique. À Tokeh, Vinod Kumar Bahuguna, a dépensé 20 millions d’euros dans son hôtel. 50 chalets, la plus grande piscine du pays et un standard haut-de-gamme.

« C’est le plus gros investissement dans le secteur de l'hospitalité en Sierra Leone depuis la fin de la guerre. Vous savez, j'ai été au Sénégal, j'ai été en Gambie, j'ai été au Nigéria et la beauté de ce que nous avons ici, vous ne pouvez pas le comparer, avec aucun autre endroit dans le monde, mais les gens ne le savent pas ! »

La Sierra Leone fait aussi de nombreux efforts pour attirer la clientèle : un visa moins cher, des meilleures infrastructures, le développement de l'écotourisme aussi mais l’offre reste limitée et les prix très élevés, comparés à d’autres destinations dans la région.

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