Reportage France

Lancement de la vaccination en pharmacie

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Vaccination à Stains, en banlieue parisienne, le 5 mars. (Photo d'illustration)
Vaccination à Stains, en banlieue parisienne, le 5 mars. (Photo d'illustration) REUTERS - BENOIT TESSIER

Ce lundi 15 mars 2021, la campagne de vaccination en France prend un nouveau cap. Désormais, il est possible de se faire vacciner contre le Covid-19 dans des pharmacies mais les piqûres se feront sous certaines conditions. Elles seront à destination des personnes âgées de plus de 75 ans et de 50 à 74 ans avec comorbidité. Comment se sont préparées les officines et qu'en pensent les concernés ? Reportage.

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Derrière l'un des comptoirs au fond de la pharmacie, Perle Miesen s'active. Depuis plusieurs jours, les patients qui fréquentent l'officine s'interrogent sur les conditions pour se faire vacciner dans cet établissement du 9e arrondissement de Paris. « Certains ont un peu peur donc je ne vais pas les obliger ou les inciter s'ils ne le sentent pas », témoigne cette pharmacienne.

La pharmacie doit recevoir deux flacons du vaccin Astra Zeneca ce qui équivaut à vingt doses et il n'est déjà plus possible de prendre rendez-vous. « J'ai déjà pris quelques contacts avec des patients intéressés. On va bloquer deux fois deux heures dans la semaine et on va convoquer les gens, nous explique Perle Miesen. J'ai créé une liste des gens que je connais, qui sont patients depuis longtemps à la pharmacie et je vais les prioriser en fonction de leurs âges et de leurs pathologies. »

Les piqûres se feront dans une petite salle dans l'arrière boutique de l'officine. Quand on y rentre, deux chaises se font face. Elles sont entourées d'étagères remplies de médicaments, compresses ou autres produits pharmaceutiques. Tout est déjà prévu, selon la pharmacienne.

« C'est un endroit où l'on peut s'isoler avec le patient. C'est ici également que je pratique les tests sérologiques et antigéniques. Cela va nous prendre quand même 10 à 15 minutes. Le patient reste ensuite en observation pendant une quinzaine de minutes pour s'assurer qu'il ne développe pas d'effets secondaires du type choc anaphylactique ou une réaction allergique fulgurante. Pour cela on est obligés d'avoir de l'adrénaline avec nous. J'espère ne pas avoir à l'utiliser. »

Pour pouvoir vacciner, Perle Miesen a du suivre une petite formation en ligne. « Il y a une petite manipulation, il faut prélever dans un flacon. C'est assez laborieux mais ça va prendre deux minutes. On a eu beaucoup de réunions en ligne sur toutes les questions possibles et ils nous mettent à disposition des supports et des tutoriels. À la base c'est vrai que c'est plus de la compétence d'une infirmière que d'un pharmacien. »

De quoi ravir Odile et Anne, deux patientes de la pharmacie qui attendent impatiemment leur tour pour être vaccinées. « À plus de 90 ans, j'aimerais bien me faire vacciner mais pour avoir un rendez-vous c'est absolument impossible, affirme l'une d'entre elles. C'est vrai qu'on connaît bien nos pharmaciens. Ils font déjà la grippe, ils maîtrisent ce sujet. » Une vaccination qui laisse à ces deux grands-mères l'espoir d'entrevoir des jours meilleurs et de retrouver un semblant de vie normale.

 

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