Reportage France

France: le confinement, un an après

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Une joggeuse longe la Seine au 4e jour du confinement mis en place pour ralentir l'épidémie du Covid-19, à Paris, le 20 mars 2019
Une joggeuse longe la Seine au 4e jour du confinement mis en place pour ralentir l'épidémie du Covid-19, à Paris, le 20 mars 2019 AFP/Archives

Il y a un an, la France était mise sous cloche. C'était le début d'un confinement strict, le plus strict qu'elle n'ait jamais connue. Pendant près de deux mois, les établissements scolaires sont restés fermés, seuls les commerces de première nécessité pouvaient continuer à fonctionner, de nombreux Français étaient contraints au télétravail. Près de deux mois enfermés chez soi qui ont marqué les esprits. Il y a un an, nous avions donné la parole à des Français confrontés à la solitude, à l'enfermement mais aussi à une solidarité exceptionnelle. Nous prenons aujourd'hui des nouvelles de quelques-uns d'entre eux.

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Six enfants sont enfermés toute la journée dans un petit appartement HLM. Leur mère, Zakia Kahia, qui les élève seule, se souvient de ce confinement comme d'un jour sans fin. Même si sa ville, Nice, a renoué avec le confinement les week-end, certaines choses sont rentrées dans l'ordre aujourd'hui. « Il y a l'école maintenant et certaines activités le mercredi à part le week-end, nous confie-t-elle. Avant c'était lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, etc. » Mais si la vie des enfants a retrouvé un semblant de normalité, celle de Zakia est toujours aussi bouleversée. « Je ne sors pas pour moi, à part si je dois faire des choses. Le confinement m'a créé des problèmes financiers. »

Isabelle aussi aimerait parlé du confinement comme d'un lointain souvenir mais cette période a laissé des traces. Cette quinquagénaire s'était retrouvée seule dans son deux pièces parisien. Elle avait souffert de la solitude, qui, depuis, ne la lâche plus. « Cette solitude s'est accentuée, depuis un an c'est allé en empirant, témoigne-t-elle. On a de moins en moins de libertés. C'est compliqué d'aller bien quand on vit seule. Je me suis rendue compte que je n'avais pas embrassé quelqu'un depuis un an. Même ma famille, on reste à distance, on ne se fait plus la bise, on ne se fait plus de câlins... C'est quelque chose qui pèse énormément. Je trouve que cette vie est super triste. »

Pour contrer le repli sur soi, il y a un an, de nombreux Français avaient fait preuve d'ingéniosité. À Saint-Méloir-des-Bois, petit village de Bretagne, le maire diffusait chaque soir un morceau de musique choisi par l'un de ses administrés. Une initiative qui avait fait naître une convivialité inédite dans sa commune de moins de 300 habitants. « Ça a germé mais ça n'a pas poussé » constate, un an plus tard, Michel Desbois, l'élu de la commune bretonne. « On a repris le couvre-feu à 18h, ce qui a coupé toute relation. Mais je pense que ce n'est pas éteint comme les braises sous la cendre. »

Et Michel Desbois a de quoi espérer un retour de flamme. Le village compte, depuis le confinement, 45 habitants de plus : des citadins qui ont mal vécu le confinement en ville. « C'est très bien sauf qu'ils n'ont pas l'occasion de se mêler à la population puisqu'il n'y a plus de fête, les associations sont complètement au repos », nous fait remarquer monsieur le maire.

Pour tous ces Français, finalement, un an après, il reste le sentiment d'un confinement qui ne dit plus son nom mais qui s'installe dans le temps. Une vie à moitié qui n'attend que d'être réveillée.

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