Accéder au contenu principal
Reportage international

Liban: nettoyage du port de Beyrouth où des produits chimiques polluants ont été retrouvés

Audio 02:32
L’armée libanaise a retrouvé des dizaines de conteneurs de polluants, entreposés à l’air libre, qui se déversent dans la nature.
L’armée libanaise a retrouvé des dizaines de conteneurs de polluants, entreposés à l’air libre, qui se déversent dans la nature. © RFI/Noé Pignède

Plus de quatre mois après la double explosion sur le port de Beyrouth qui avait fait 200 morts et ravagé la ville, le nettoyage des substances dangereuses entreposées dans la zone continue. Car les 2750 tonnes de nitrates d’ammonium à l’origine du drame n’étaient pas les seuls produits chimiques abandonnés. L’armée libanaise a depuis retrouvé des dizaines d’autres conteneurs de polluants, entreposés à l’air libre, qui se déversent dans la nature. Une nouvelle preuve, s’il en fallait une, de la corruption généralisée qui régnait au port de Beyrouth.

Publicité

Pour nettoyer et détruire ces conteneurs remplis d’acides en tout genre, les autorités libanaises ont fait appel à une entreprise allemande spécialisée.

Un peu plus loin, Johannes Maken, un chimiste de la compagnie allemande Combi-lift qui supervise le nettoyage, fait des prélèvements pour déterminer quelles substances contiennent les barils.

« Ici c’est de l’acide fluorhydrique… Une belle quantité ! Le gros danger de ce produit, c’est que si vous êtes en contact avec, il pénètre votre peau jusqu’aux os, dissout le calcium, et vous tue. 50 ml seulement, et vous mourrez ! »

Dans un léger nuage de vapeur blanche, une dizaine de jeunes équipés de combinaison et de masques vident un à un les milliers de bidons défoncés… Entreposés dans des conteneurs en décomposition l’acide dégouline jusque dans la mer. Oleg Bugaev, chef de chantier. 

« Dans ce conteneur orange, c’est du bromure de méthyle, une substance interdite dans la plupart des pays du monde, mais qui est toujours entreposée là. C’est un gaz très dangereux, toxique, qui détruit la couche d’ozone. De toute ma carrière, je n’ai jamais vu des conditions de stockages aussi mauvaises qu’ici au port de Beyrouth. C’est vraiment lamentable. Tout a été laissé à l’abandon pendant des décennies. »

Après plus d’un mois de travail, le nettoyage est loin d’être terminé, car la plupart des conteneurs qui doivent être déblayés tombent en lambeaux.

« Quand vous avez un vrai conteneur, vous pouvez le déplacer. Là ce n’est plus possible. Normalement, ce sont des caisses d’acier résistantes, mais ici, c’est devenu des tas de rouille. On ne peut plus les transporter, donc il faut les ouvrir et transférer leur contenu dans des barils hermétiques. Ensuite, on les chargera sur un bateau direction l’Allemagne où ils seront détruits. »

Depuis l’explosion du 4 août et le début de l’opération de nettoyage, près d’1 million de litres de produits chimiques entreposés illégalement ont été découverts dans le port de Beyrouth. Un désastre écologique que les autorités du port ne pouvaient ignorer alors que ces substances corrosives étaient à l’air libre, à la vue de tous.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.