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Reportage international

Les Hongrois prêts à se faire vacciner, mais pas avec n'importe quel vaccin

Audio 02:31
Les vaccins sont mis au réfrigérateur dans la pharmacie clinique de l'Université de Debrecen à Debrecen, en Hongrie, après l'arrivée du premier lot de vaccins Pfizer-BioNTech contre le nouveau coronavirus dans le pays samedi 26 décembre 2020. 
Le premier envoi de vaccins produit à Puurs, en Belgique, contient 9 750 doses et sera administré à 4 875 agents de santé en Hongrie.
Les vaccins sont mis au réfrigérateur dans la pharmacie clinique de l'Université de Debrecen à Debrecen, en Hongrie, après l'arrivée du premier lot de vaccins Pfizer-BioNTech contre le nouveau coronavirus dans le pays samedi 26 décembre 2020. Le premier envoi de vaccins produit à Puurs, en Belgique, contient 9 750 doses et sera administré à 4 875 agents de santé en Hongrie. © Zsolt Czegledi / MTI via AP

En Hongrie, où le Covid-19 a fait plus de 10 000 morts pour 9,8 millions habitants, plus de 80 000 personnes ont déjà été vaccinées. Pour l’instant, ce sont des soignants et des résidents de maisons de retraite. Les Hongrois sont habituellement pro-vaccins. Il y a deux ans, 91% d’entre eux se disaient favorables aux vaccins (selon une étude de la Commission européenne). Mais aujourd’hui, la majorité des Hongrois sont indécis, voire méfiants vis-à-vis du vaccin anti-Covid. Une perte de confiance qui s’explique peut-être par la communication ambivalente du gouvernement de Viktor Orban.

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La Hongrie a déjà reçu 120 000 doses de vaccins, grâce aux commandes passées par l’Union européenne. Mais le Premier ministre Viktor Orban ne cesse de critiquer Bruxelles et de vanter les mérites des vaccins russe et chinois : « Je félicite les Anglais d’être sortis de l’Union européenne. Ils ont négocié l’achat des vaccins sans passer par Bruxelles, et aujourd’hui ils sont mieux lotis que nous ! Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier ; alors nous, nous regardons vers l’est, ce que Bruxelles ne fait pas. Le vaccin russe est bon, mais il n’y en aura peut-être pas assez. Quant au vaccin chinois, il est prometteur. D’ailleurs nous avons envoyé des experts à Pékin. Idéalement, les Hongrois pourront choisir entre tous ces vaccins. »

Mais selon la directrice de la Santé, les citoyens n’auront pas le choix. La communication chaotique plonge les Hongrois dans le brouillard. Bea Szolnoki a 30 ans, elle travaille dans la communication : « Eh bien, je n’ai pas suffisamment d’informations sur tous ces vaccins. Je n’ai pas pris de décision. »

Les Hongrois ne partagent pas l’enthousiasme du gouvernement pour les vaccins russes et chinois. Seuls 7% des Hongrois choisiraient le vaccin Spoutnik, et 4% le remède chinois. Certains craignent même qu’on leur injecte ces vaccins à leur insu. C’est le cas de Csilla Toth, une directrice de marketing de 52 ans : « Personne n’a envie de se faire piquer avec le vaccin russe ou chinois ! Mais le gouvernement ne donne aucune information, il fonctionne comme les Russes. Qui sait ce qu’ils vont mettre dans la fiole. Moi, je veux me faire vacciner dans le privé. Pour être sûre d’avoir le vaccin américain. »

Alors que plus de la moitié des Hongrois étaient prêts à se faire vacciner l’été dernier, ils n’étaient plus que 15% début janvier, selon l’Office statistique. Pour le politologue Péter Kreko, la campagne de promotion des vaccins russes et chinois a érodé la confiance des Hongrois : « 60% de la population russe ne veut pas du Spoutnik, et les médecins russes sont également réticents. À mon avis, la méfiance de la société russe et de la société hongroise est telle que, si l’on veut accroître la confiance des Hongrois dans le vaccin, on ne devrait pas parler autant du vaccin russe. »

Toutefois, Viktor Orban tente de corriger le tir. Pour rendre confiance à la population, il a souligné que le vaccin Pfizer était en partie hongrois. Car la chercheuse Katalin Kariko, qui a participé à la découverte de Pfizer, est originaire de Hongrie.

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