Reportage international

33e congrès de la CDU: 3 candidats en lice pour diriger le parti conservateur d'Angel Merkel

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Les trois candidats à la présidence du parti de l'Union chrétienne-démocrate, CDU, Friedrich Merz, à gauche, Norbert Roettgen, au centre, et Armin Laschet, à droite, participent à une discussion au siège du parti, à Berlin, Allemagne, le 14 décembre 2020.
Les trois candidats à la présidence du parti de l'Union chrétienne-démocrate, CDU, Friedrich Merz, à gauche, Norbert Roettgen, au centre, et Armin Laschet, à droite, participent à une discussion au siège du parti, à Berlin, Allemagne, le 14 décembre 2020. © AP Photo / Markus Schreiber

Le parti chrétien-démocrate allemand CDU tient ces 15 et 16 janvier son congrès en ligne. Un congrès qui inaugure une année électorale très attendue avec le départ cet automne d'Angela Merkel. Pascal Thibaut a interviewé trois jeunes chrétiens-démocrates qui ont grandi avec la chancelière actuelle au pouvoir depuis 2005.

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« Je ne me représenterai pas à la présidence de la CDU lors du prochain congrès. Par ailleurs, ce quatrième mandat comme chancelière sera mon dernier. Je ne serai pas candidate à ma succession en 2021. »

Octobre 2018. Angela Merkel sous pression annonce son retrait progressif du pouvoir. Deux mois plus tard, après 18 ans, elle quitte la direction du parti chrétien-démocrate. Sa dauphine, Annegret Kramp-Karrenbauer, l’emporte de justesse face au conservateur Friedrich Merz. Mais AKK fait des erreurs, manque de soutiens au sein de la CDU et annonce en février 2020 qu’elle ne sera pas candidate à la chancellerie et quittera la présidence du parti.

Friedrich Merz est de nouveau candidat, fort de son bon score de décembre 2018. Bien qu’il ait quitté la scène politique pour les affaires il y a une dizaine d’années, le sexagénaire, ennemi juré d’Angela Merkel, reste une référence pour l’aile conservatrice et libérale de la CDU.

Lydia Tittes, 25 ans, le soutient : « La politique migratoire de Merkel en 2015 et 16 est un aspect négatif de son bilan. Beaucoup de nos électeurs nous ont quittés. Cette politique explique pourquoi le parti d’extrême droite AfD est devenu si fort. Elle a récupéré des voix sociales-démocrates en positionnant le parti plus à gauche. Je souhaite une correction pour que la CDU ait un profil plus conservateur. Ce n’est pas une rupture avec l’ère Merkel, mais une césure et c’est tout à fait normal. »

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Autre candidat, Armin Laschet, 59 ans. Ce fidèle d’Angela Merkel incarne la continuité. Son score dans les sondages est médiocre. Mais l’intéressé met en avant son expérience à la tête de la plus grande région allemande, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Fabio Jacob, 25 ans, soutient Armin Laschet : « Ces dernières années, sous madame Merkel, ont très clairement montré que notre parti devrait rester un parti populaire de rassemblement mondial au centre. Pour moi, le candidat qui incarne le plus cette volonté, cette capacité aussi à rassembler les différentes les positions, au centre, politiques, c’est très clairement Armin Laschet. »

Le troisième candidat, Norbert Röttgen, 55 ans, se présente comme l’homme du renouveau. Ancien ministre de l’Environnement évincé par Angela Merkel en 2012, il s’est fait une réputation à la tête de la commission des Affaires étrangères du Bundestag. Outsider en début de campagne, il a gagné des points depuis. Matthias Fuchs, 23 ans, soutient Norbert Röttgen : « Norbert Röttgen a créé un mouvement dans le parti qui est fort. Il offre un nouveau style politique. Je pense qu’il montre qu’il est capable de passionner beaucoup de gens dans le parti, mais aussi dans la population, notamment les jeunes. L’idée est de donner au parti une nouvelle connexion avec la société. »

L’issue du congrès est ouverte. Comme la désignation du candidat conservateur à la chancellerie. Si le nouveau président de la CDU ne convainc pas, le président du parti frère bavarois, la CSU, Markus Söder, très populaire dans les sondages, pourrait s’imposer à l’arrivée.

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