Reportage international

Brexit: tensions à la frontière en Irlande du Nord

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Suite à des menaces liées au Brexit, l'Irlande du Nord a décidé de suspendre temporairement les inspections physiques des porduits d'origine animale au port de Larne, le 1er février 2021.
Suite à des menaces liées au Brexit, l'Irlande du Nord a décidé de suspendre temporairement les inspections physiques des porduits d'origine animale au port de Larne, le 1er février 2021. AP - Peter Morrison

Depuis le début de l’année, la frontière entre le Royaume-Uni et l’Union européenne se situe en mer d’Irlande, au grand désarroi de la communauté unioniste d’Irlande du Nord : la partie protestante, pro-Britannique de la province. La ville de Larne en est un bastion, et des graffitis y sont apparus pour menacer le personnel douanier, qui a dû être retiré pour sa sécurité. 

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A l’entrée du port de Larne, le graffiti faisait face au petit café en préfabriqué de Paul Browne…

« Il était écrit : « le personnel de la frontière, vous êtes la cible ». Je ne cautionne pas, mais en même temps, qui pouvait penser que le Brexit était une bonne idée ? C’est un désastre»

En pause casse-croûte dans son camion, Brian attend le prochain ferry… Originaire du coin, il n’est pas plus choqué que ça.

« Je ne m’y attendais pas, parce que c’est quand même calme depuis la fin des Troubles. Mais certains ici… ont des connexions, avec les paramilitaires. Ils font ce qui leur plaît. C’est un avertissement. »

Un avertissement pris très au sérieux par le maire, unioniste, de la ville, Peter Johnston.

« Non seulement les employés du port ont été visés, par un graffiti, mais ont aussi été informés qu’ils étaient suivis quand ils quittaient le port et que leurs plaques d’immatriculations étaient connues. »

Les 12 employées, chargées de contrôler les produits britanniques qui arrivent, de fait, dans l’espace européens, ont reçu l’instruction de ne pas venir au travail tant que leur sécurité n’est pas garantie. Paul Browne, dans sa guérite près du port, voit bien monter la tension dans cette ville très pro-britannique.

« Je ne sais pas ce que ça va donner, mais tout le monde est frustré, on ne reçoit pas nos approvisionnements, tout ça… Ca n’aide pas. »

Employée d’un magasin de crèmes glacées, désert en ce jour de pluie, Mollie confirme…

« Nous n’avons pas pu recevoir certains aliments, à cause des retards… Les vermicelles, la sauce chocolat, on n’a pas pu les commander à notre grossiste car ils ne les ont pas. Les bonbons, pareil, ça fait des semaines qu’ils n’ont rien reçu, à cause du Brexit. »

Le protocole nord-irlandais, cette clause de l’accord de Brexit qui place la frontière en mer d’Irlande – et donc des contrôles… Il faut s’en débarrasser, explique le maire Peter Johnston, pour le bien de tout le monde en Irlande du Nord.

« Pour nous autres unionistes, la priorité est de protéger l’intégrité du Royaume-Uni et la connectivité entre l’Irlande du Nord et le reste du pays. Mais ce n’est pas seulement un problème pour nous : quand les produits n’arrivent pas dans les rayons des supermarchés, que les usines ne reçoivent pas leur matière première… Ca concerne tout le monde. Et maintenant, des gens sont menacés à cause de ce protocole. »

L’élu demande au gouverneemnt de Boris Johnson de revenir sur le texte… Les employées du port de Larne n’ont encore aucune idée de la date à laquelle elles pourront revenir travailler.

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