Reportage international

Italie: les organisations caritatives se démènent pour venir en aide à ceux qui ont tout perdu

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A la crise sanitaire s'ajoute désormais une crise sociale très grave faute d'emplois et de revenus pour de nombreux habitants italiens. (Image d'illustration)
A la crise sanitaire s'ajoute désormais une crise sociale très grave faute d'emplois et de revenus pour de nombreux habitants italiens. (Image d'illustration) REUTERS/Ciro De Luca

Ils sont intérimaires, chômeurs, travailleurs au noir, sont âgés, en moyenne, de 40 à 64 ans, et sont victimes des conséquences économiques et sociales de la pandémie de coronavirus. Pour compenser les carences et retards de l’État en termes d’aides financières, les organisations caritatives multiplient leurs initiatives. Dans la capitale, où deux tiers des nouveaux pauvres sont Italiens, la Communauté de Sant Egidio a mis en œuvre un projet pour remettre sur les rails des femmes et des hommes qui ont soudainement tout perdu.

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De notre correspondante à Rome,

Au cœur du Trastevere,  la Communauté de Sant’Egidio dispose de divers bâtiments. C’est dans un de ces édifices qu’un espace dénommé « Espérance et Travail » a été aménagé. Bureaux avec fenêtres sur cour, vastes salles d’attente, ambiance paisible, loin du chaos romain. La Communauté agit en synergie avec d’autres organismes pour soutenir les personnes qui sollicitent ses services, explique Filippo Sbrana, économiste et bénévole de Sant’ Egidio : « Nous les aidons, grâce à notre réseau de relations, à se rapprocher du monde du travail. Et nous les aidons aussi à demander les soutiens financiers que l’État peut leur offrir mais dont ils ne sont souvent pas informés. Le revenu citoyen n’était pas prévu pour le Covid-19 mais il est très utile en ce moment ».

Cette allocation est plafonnée à 480 euros par mois pour une personne seule et 680, si elle paie un loyer. Loredana, 48 ans, mère célibataire, était serveuse dans un bar. Comme tant d’employés, elle travaillait au noir. Elle découvre qu’elle peut avoir droit à ce soutien : « Je suis sans emploi depuis quatre mois. C’est la première fois que je me trouve dans cette situation. Je suis hébergée par une amie. Il y a des jours où je n’arrive à rien faire, même pas à m’habiller. Les informations qu’on m’a données pour avoir le revenu citoyen me soulagent beaucoup. Je ne savais pas que ça existait.»

C’est aussi ici que Francesco, un Romain de 57 ans, a repris espoir. Divorcé, il habitait un appartement en sous-location qu’il a quitté suite à la faillite de l’entreprise de transport pour laquelle il travaillait, sans contrat. « J’ai tout perdu. Sans travail depuis mars 2020, j’ai dormi tant de fois dans la rue. Grâce à cette communauté, j’ai trouvé un emploi, avec contrat, dans une entreprise de nettoyage, depuis le 1er février. Et j’en suis très fier ! Maintenant, mon souhait est de louer un logement autonome pour panser mes blessures. »

En attendant, il est hébergé par une organisation caritative, dans un quartier périphérique. Giovanni Impagliazzo, l’un des responsables de la structure, raconte les défis quotidiens. « Un des problèmes, c’est de trouver la possibilité de dormir, de se laver et de se changer. L’autre problème, c’est la dépression. Perdre son travail, c’est perdre sa dignité. Un décret-loi gèle les licenciements jusqu’au 30 mars. Mais que se passera-t-il après ? » Depuis le début de la pandémie, cinq millions d’Italiens ont grossi les rangs des nouveaux pauvres. 

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