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Revue de presse Afrique

À la Une: le Nigeria dans l’effroi

Audio 04:26
Des parents de lycéens enlevés dans leur pensionnat, dans la nuit de vendredi 11 à samedi 12 décembre 2020, dans l’État de Katsina, dans le nord-ouest du Nigeria, attendent des nouvelles, devant le lycée. 15 décembre 2020.
Des parents de lycéens enlevés dans leur pensionnat, dans la nuit de vendredi 11 à samedi 12 décembre 2020, dans l’État de Katsina, dans le nord-ouest du Nigeria, attendent des nouvelles, devant le lycée. 15 décembre 2020. AP - Sunday Alamba

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L’enlèvement de plusieurs centaines de collégiens vendredi dernier dans l’État du Katsina a donc été revendiqué ce mardi 15 décembre par Boko Haram. 

« Dans un message audio de quatre minutes reçu par le Daily Sun, hier, pointe ce même journal, les insurgés ont affirmé qu’ils avaient fait cet enlèvement pour Allah et pour l’Islam. » 

En effet, précise Le Monde Afrique, « pour le djihadiste nigérian Abubakar Shekau, le chef d’une des factions de Boko Haram, la fréquentation de l’école publique est pire qu’un crime. C’est un "péché". Abubakar Shekau considère tout élève comme un "mécréant" à qui il promet la souffrance, la mort par balles ou par égorgement. […] Le président Muhammadu Buhari a dénoncé des "bandits lâches" et le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a "condamné fermement" cette attaque, demandant "la libération immédiate et sans condition" des enfants. Des écoliers ont pu s’enfuir mais à ce jour, plus de 330 restent portés disparus selon les autorités nigérianes qui poursuivent leurs recherches. C’est la première fois, précise encore Le Monde Afrique, que Shekau prétend avoir orchestré une opération d’ampleur dans cette partie du nord du Nigeria. L’État de Katsina est éloigné de son fief traditionnel du Borno (dans le Nord-Est) où est née cette secte salafiste devenue, à la mort de son fondateur Mohamed Yusuf, abattu par la police en 2009, un groupe djihadiste armé parmi les plus meurtriers de la planète. » 

Boko Haram reprend du poil de la bête

Pour Le Pays au Burkina, cet enlèvement de lycéens est « un véritable pied de nez au président Buhari  ». Car le rapt s’est produit « au moment même où ce dernier se la coulait douce dans cet État du Katsina, sa région natale. Le président Buhari gagnerait à faire libérer au plus vite ces lycéens, poursuit le quotidien burkinabè, avant que certains ne subissent un lavage de cerveau et finissent par être utilisés comme des kamikazes. […] Cette piqûre de rappel de la bête immonde traduit l’urgence à mieux sécuriser les lycées et autres centres d’éducation. […] Il est vrai, rappelle Le Pays, que l’action conjuguée avec les pays voisins comme le Tchad d’Idriss Deby Itno et le Cameroun de Paul Biya a contribué à réduire considérablement la voilure de cette vermine. Mais tout porte à croire que Boko Haram a repris du poil de la bête. Car, en dépit des dissidences en son sein, ce mouvement islamiste dispose encore d’une grande capacité de nuisance. En tout cas, conclut le quotidien ouagalais, c’est peu dire qu’il donne du fil à retordre aux armées nigérienne et nigériane. Car on assiste à un ping-pong incessant entre impuissance et batailles acharnées. » 

Côte d’Ivoire : KKB le réconciliateur ? 

À la Une également, la Côte d’Ivoire avec la nomination par le président Ouattara d’un ministre de la Réconciliation nationale. « Kouadio Konan Bertin, ministre de la Réconciliation nationale pour des défis sans répit », s’exclame L’Intelligent à Abidjan en première page. La tâche sera en effet rude pour KKB, comme il est surnommé, un dissident du PDCI.  

« Sa feuille de route reste encore à préciser, pointe Jeune Afrique. KKB sera-t-il associé à la relance des négociations avec l’opposition dont la direction a été confiée au Premier ministre, Hamed Bakayoko ? » Jeune Afrique rappelle que « Kouadio Konan Bertin a été le seul à mener campagne face au président sortant, lors de la présidentielle, refusant l’appel au boycott du scrutin et à la désobéissance civile lancé par Bédié (du PDCI) et Affi N’Guessan (du FPI). Une position qui avait provoqué l’ire de l’opposition et qui avait valu à l’ancien député de Port-Bouët d’être exclu temporairement du PDCI, son parti d’origine. » 

Récompense ? 

Et finalement, pointe Aujourd’hui à Ouagadougou, « en acceptant de ramer à contre-courant de l’opposition dont il est issu, Kouadio Konan Bertin a rendu service à Alassane Ouattara qui se serait retrouvé comme un cavalier solitaire en route pour un mandat illégitime et controversé. C’est donc une marque de reconnaissance qui vient d’être faite à KKB. Mais ce qui s’apparente à une récompense est, en même temps, une lourde charge sur ses épaules, relève encore Aujourd’hui. Dans les prochains jours, le tout nouveau ministre en charge de la Réconciliation nationale aura donc pour mission de ramener les protagonistes autour de la table du dialogue, un véritable défi après les vagues de violences qui ont jalonné le processus électoral […]. » 

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