Revue de presse Afrique

À la Une, le sommet du G5 Sahel: comment trouver les bonnes stratégies de combat?

Audio 04:00
Un an après le sommet de Pau, les chefs d’État sahéliens se retrouvent ce lundi 15 février à Ndjamena, au Tchad. La partie française sera en visioconférence.
Un an après le sommet de Pau, les chefs d’État sahéliens se retrouvent ce lundi 15 février à Ndjamena, au Tchad. La partie française sera en visioconférence. Guillaume Horcajuelo/Pool via REUTERS

Publicité

« Un an après le sommet de Pau, les chefs d’États Sahéliens se retrouvent ce lundi à Ndjamena, au Tchad », relève Maliweb. La partie française sera en visioconférence. « Emmanuel Macron, qui a déjà reçu en tête à tête à l’Élysée ces dernières semaines ses homologues du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad, Emmanuel Macron mettra cette nouvelle rencontre à profit pour faire bilan de l’intervention de l’armée française aux côtés des armées locales dans le cadre de la lutte contre les groupes jihadistes dans le Sahel. »

Et la lutte devrait se poursuivre, pointe Maliweb… « Ce sommet de Ndjamena sera consacré à l’amplification de la dynamique du sommet de Pau qui, selon l’Élysée, a permis un clair renversement du rapport de force avec les groupes armés jihadistes, dans les trois frontières du Mali, du Niger et du Burkina Faso. (…) Le seul de point de désaccord avec la partie française, note le site malien, sera surtout la volonté des autorités maliennes d’engager des négociations avec certains jihadistes. Cette position de Bamako semble avoir des échos au Burkina Faso, où des voix s’élèvent pour encourager une solution négociée (…). En tout cas, durant deux jours, Emmanuel Macron et ses homologues du Sahel devraient trouver les bonnes stratégies de combat pour consolider les succès dans la lutte contre l’hydre du terrorisme qui n’a que trop duré. »

Retrait partiel ? Pourparlers avec les groupes armés locaux ?

Pour Le Pays au Burkina, « si l’on peut se féliciter des succès engrangés par la force Barkhane (…), il n’en reste pas moins vrai que les résultats globalement obtenus par le G5 Sahel en six ans d’opération sont plus que mitigés. »

« C’est certainement fort de ce constat que le président Macron va, au cours de ce sommet, évoquer avec ses pairs, la question du retrait de quelque six cents soldats français de la zone, pour être en phase avec son opinion publique de plus en plus hostile à cette présence militaire qui n’a pas permis de défaire les terroristes malgré les moyens impressionnants mobilisés. Quant à d’autres chefs d’État du G5 Sahel comme le Malien Bah N’Daw, ils seraient enclins à discuter avec les groupes armés locaux, pointe encore Le Pays, pour mettre fin aux violences attisées par des conflits communautaires qui n’ont rien de religieux. En associant ainsi le bâton et la carotte, la paix pourrait revenir plus vite qu’on pourrait l’imaginer, surtout si la dimension "développement" est prise en compte comme le prévoit ce sommet de Ndjamena. »

Poursuivre le combat !

En tout cas, relève L’Observateur Paalga, « la guerre contre le terrorisme dans cette région reste à gagner. Il ne faut donc pas baisser la garde, estime le quotidien ouagalais, encore moins mettre fin à l’opération Barkhane, même si la France n’est pas appelée à s’éterniser au Sahel. Il faut plutôt réfléchir à comment la force du G5 Sahel et les armées nationales peuvent être plus mordantes face aux groupes terroristes. Le sommet de Ndjamena ne peut pas faire l’économie des réponses à ces questions, s’il veut d’un renforcement des acquis engrangés dans cette lutte. »

Rwanda : la France a laissé filer les responsables du génocide

Enfin, nouveau pavé dans la mare sur le rôle de la France au Rwanda en 94 : le site d’information Mediapart publie un document prouvant que la France aurait pu faire arrêter les responsables du génocide, mais qu’elle a préféré les laisser s’enfuir…

« Le document en question est un télégramme "confidentiel diplomatie" émis le 15 juillet 1994 par le cabinet du ministre des Affaires étrangères de l’époque, Alain Juppé, adressé à l’ambassadeur Yannick Gérard, alors représentant du quai d’Orsay auprès des militaires français envoyés au Rwanda dans le cadre de l’opération Turquoise. » Un télégramme qui « donne pour instruction de transmettre aux autorités génocidaires le "souhait qu’elles quittent" la zone contrôlée par les forces armées françaises. »

Commentaire de Mediapart : « un quart de siècle après la tragédie rwandaise, il n’y a aujourd’hui pas de doute sur le fait que la France savait qui étaient les organisateurs et commanditaires du génocide, et où ils se trouvaient. C’est donc en toute connaissance de cause que le gouvernement et l’Élysée les ont laissés filer. »

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail