Revue de presse Afrique

À la Une: le Hirak, deux ans après…

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Le Hirak, le mouvement de protestation populaire en Algérie, deux ans déjà… Alger, le 28 février 2020. [Image d'illustration]
Le Hirak, le mouvement de protestation populaire en Algérie, deux ans déjà… Alger, le 28 février 2020. [Image d'illustration] REUTERS/Ramzi Boudina

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Il y a deux ans, jour pour jour la première grande manifestation pour réclamer le départ du président Bouteflika emplissait les rues à Alger et dans les principales villes du pays. Deux ans plus tard, le mouvement de contestation est toujours bien présent, même s’il a été mis sous cloche par la pandémie et par la répression.

Illustration avec ce dessin publié par El Watan  : on y voit un manifestant masqué, drapeau algérien sur les épaules, en train de souffler deux bougies sur un gâteau et en face, un policier avec un canon à eau qui lui dit : « besoin d’aide ? »

Commentaire du quotidien Liberté: « Alger a passé un week-end sous haute surveillance. On ne sait si le déploiement de forces ostensibles répond à une appréhension de troubles ou s’il matérialise un message de dissuasion. Mais, plus que tout discours et en dépit de tout discours, il est révélateur du fondement policier de notre État. »

Répétition générale à Paris

Déjà, hier dimanche, pointe Le Matin d’Algérie, « ils étaient plusieurs milliers d’Algériennes et d’Algériens à Paris à la veille du deuxième anniversaire du soulèvement populaire. Les manifestants, remontés par les errements du régime, ont appelé à la libération de tous les prisonniers d’opinion et réclamé un 'changement radical' du système. (…) Les dernières libérations d’une trentaine de détenus d’opinion n’ont pas convaincu. 'C’est une mesurette visant à faire échouer les manifestations du 22 février', estime Nabil, cité par Le Matin. 'Le régime n’a pas changé son logiciel, il continue de bricoler des solutions pour durer et nous berner, nous on veut un changement global dans la gouvernance', abonde Ali. Un autre ajoute : 'nous voulons la libération de toute l’Algérie, pas seulement de quelques détenus arbitrairement jetés en prison'. À moins de 24 h de la date anniversaire, ce rassemblement donne le la aux marches prévues ce lundi à Alger, conclut Le Matin, une capitale déjà verrouillée par les services de sécurité. »

Comment faire perdurer le mouvement ?

Alors, deux ans après, « le Hirak peut-il se réinventer ? », s’interroge dans Jeune Afrique la journaliste Nadia Henni-Moulaï. « Le Hirak n’est pas mort. Simplement en dormance, répond-elle. Tout semble avoir changé depuis deux ans – Bouteflika est parti, et Tebboune promet une 'Algérie nouvelle' – mais les enjeux de justice, de liberté et de droits demeurent. Le sort des détenus d’opinion, dont celui du journaliste Khaled Drareni libéré vendredi après près d’un an de prison, détonne, insolemment, avec l’acquittement de Saïd Bouteflika et des généraux Tartag et Toufik, prononcé par le tribunal militaire de Blida, le 2 janvier… Comment, alors, faire perdurer le mouvement, et le doter d’une feuille de route efficiente ?, s’interroge Nadia Henni-Moulaï. Aujourd’hui, la question ne porte plus sur le redémarrage du Hirak. Plutôt sur la forme qu’il devra désormais prendre pour résoudre les défis qu’il s’est lancé. Avec une ligne de fracture qui se profile, peut-être, à l’intérieur même du mouvement : faut-il négocier ou non avec le pouvoir ? Et si oui, qui pour représenter le mouvement ? »

Niger : l’ampleur du défi sécuritaire

À la Une également, le second tour de la présidentielle au Niger marqué hier par un attentat terroriste : 7 agents électoraux de la CENI, la Commission électorale, ont été tués dans l’explosion de leur véhicule qui a roulé sur une mine.

Cette attaque « est à elle seule symptomatique de l’ampleur du défi sécuritaire qui attend le prochain président, s’exclame Ledjely en Guinée. Qu’il s’appelle Mohamed Bazoum ou Mahamane Ousmane, le successeur de Mahamadou Issoufou sait qu’il devra faire face au péril terroriste. Les djihadistes ne s’avouent pas vaincus. Et même pour ceux qui en doutaient encore, l’attaque perpétrée dans la région de Tillabéry hier, en est une dramatique preuve. Leur acte ignoble doit même être perçu comme une sorte d’avertissement à l’intention du futur président. Qui qu’il soit, il n’aura pas de répit. »

« L’heure n’est plus à l’émotion, mais à l’action ! », lance pour sa part WakatSéra au Burkina. « Il urge de mettre en branle les résolutions accouchées par le dernier sommet du G5 Sahel de N’Djamena, surtout celles qui confortent la présence de Barkhane dans le Sahel et l’envoi des 1.200 soldats tchadiens dans cette zone des 'trois frontières' que partagent le Niger, le Mali et le Burkina Faso et qui est devenue un cimetière à ciel ouvert pour les militaires et les populations civiles de ces pays. »

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