Revue de presse Afrique

À la Une: le deuil en Côte d’Ivoire

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Hamed Bakayoko est décédé ce 10 mars 2021, a annoncé le président ivoirien Alassane Ouattara
Hamed Bakayoko est décédé ce 10 mars 2021, a annoncé le président ivoirien Alassane Ouattara © AFP/Thomas Samson

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Tout un pays pleure son Premier ministre, Hamed Bakayoko, disparu à l’âge de 56 ans. Dans les kiosques, l’hommage se poursuit et s'amplifie. 

Juste un nombre pour prendre la mesure de la peine et du deuil en Côte d’Ivoire: le nombre onze. C’est celui des pages, rien de moins, que consacre ce matin à Hamed Bakayoko le quotidien L’Intelligent d’Abidjan, qui en compte douze en tout !

Comme le souligne en Une le journal indépendant L’Inter, les Ivoiriens sont « sous le choc ». Proche du pouvoir, le quotidien Le Patriote publie en Une le portrait noir et blanc d’Hamed Bakayoko, mains jointes, en soulignant que « la Côte d’Ivoire et l’Afrique pleurent le Golden Boy ».

Le Patriote ne croit si bien écrire, puisque, comme le signale le magazine Enjeux Africains, « la musique congolaise perd un grand mécène ». 

Révélations sur les deux derniers mois de la vie d’Hamed Bakayoko

Et puis ces révélations sur les deux derniers mois de la vie d’Hamed Bakayoko. Où l’on prend la mesure de l’incroyable vitesse de progression du mal qui l’a finalement emporté. 

Ces derniers instants de la vie de feu, le Premier ministre ivoirien, c’est son ami Marwane Ben Yamed qui les raconte dans Jeune Afrique. Dans un long récit tout d’émotion, le directeur de cette publication panafricaine témoigne tout à la fois, de sa peine, mais aussi de sa stupéfaction et de sa conviction, au-delà du doute. Ainsi, lors des dernières fêtes de fin d’année passées en famille à Assinie, huppée station balnéaire ivoirienne, Hamed Bakayoko « plongeait dans l’océan chaque matin, se délectait de poissons grillés qu’il dévorait à sa manière, engloutissant de larges portions », relate Jeune Afrique. C’était donc il y a pile dix semaines !

En janvier, son état de santé se dégrade, avec « ces satanés coups de barre », énonce ce journal auquel, fin janvier, Hamed Bakayoko confie :  « Ce qui est étrange, c’est que Nestor est tombé malade au même moment que moi, on a pensé à une crise de palu. Il a perdu plus de dix kilos ».

Nestor, c’est son majordome. « Les deux consomment les mêmes aliments », signale Jeune Afrique, en se demandant si le Premier ministre aurait « pu être empoisonné ». Mais même s’il l’évoque, Marwane Ben Yamed, à le lire, ne croit manifestement pas à cette rumeur. Et admet plutôt que c’est un « cancer du foie métastasé, en phase terminale » qui a eu raison aussi rapidement de son ami Hamed, pour lequel « les experts » à son chevet disaient qu’il n’était « plus opérable, encore moins transportable ».

Samedi dernier, le 6 mars, toutefois, Hamed Bakayoko sera « transféré vers l’Allemagne pour y suivre un traitement expérimental », complète sobrement Jeune Afrique. 

Des révélations qui passent mal sur place, à Abobo et Séguela, les deux fiefs ivoiriens d’Hamed Bakayoko

Deux communes, la première dont il était maire, la seconde, sa ville natale, dont il venait d’être réélu député, qui sont à présent « in-con-so-la-bles ! », lance la manchette du journal gouvernemental Fraternité Matin.

Inconsolables ? Certes, mais pas que… Selon la manchette du journal Notre Voie, proche du FPI de Pascal Affi N’Guessan, « les populations en colère saccagent tout à Séguela ».

Proche de l’ex-président Laurent Gbagbo, celle du quotidien Le Temps n’écrit pas autre chose. Sitôt l’annonce du décès d’HamBak, Séguéla s’est « mise en ébullition », rapporte ce journal, les rues de la ville ont été « envahies » et l’on a pu y entendre « des propos peu éloquents à l’encontre du chef de l’État. Et même des t-shirt à l’effigie Alassane Ouattara ont été mis à feu publiquement par les habitants de Séguéla » , énonce Le Temps.

Nouveau président de la CAF 

La Confédération africaine de football enfin. C’est aujourd’hui que le nouveau président sera nommé par acclamation à Rabat, au Maroc, lors de l’Assemblée générale de la CAF.

Sauf coup de Théâtre, on sait qui c’est: Patrice Motsepe. Candidat surprise il y a quatre mois, le milliardaire sud-africain est seul en lice, ses trois concurrents, le Sénégalais Augustin Senghor, le Mauritanien Ahmed Yahya et l’Ivoirien Jacques Anouma ayant annoncé le retrait de leurs candidatures.

 « Les carottes sont cuites », lance Foot Afrique, et ce menu laisse ce site Internet sur sa faim car il est « sans saveur », dans la mesure ou le Sud-Africain seul candidat déclaré, « sera sacré par acclamation ». Le tout sous l’œil du Président de la Fédération internationale de football, Gianni Infantino « qui a fait, à visage découvert, de l’Afrique, son pré-carré », bucheronne Foot Afrique.

 

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