Revue de presse Afrique

A la Une : l’opposition muselée au Tchad

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Tchad, Ndjamena le 27 avril: la journée a été marquée par des manifestations dans la capitale et dans le sud du pays. Au moins cinq personnes ont été tuées.
Tchad, Ndjamena le 27 avril: la journée a été marquée par des manifestations dans la capitale et dans le sud du pays. Au moins cinq personnes ont été tuées. © Sunday Alamba/AP

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Nouvelle manifestation samedi à Ndjamena, ou plutôt tentative de manifestation… Malgré l’interdiction édictée par les autorités militaires, Wakit Tama, coalition de partis d’opposition et de représentants de la société civile, a maintenu son appel à manifester contre la prise de pouvoir de Mahamat Idriss Déby. Les quelques opposants qui sont descendus dans les rues ont vite été dispersés par les forces de l’ordre.

« À quand la fin de la chasse à l’homme ? », lance le site d’information Tachad. « Mêmes formes de répressions (que le 27 avril dernier), mêmes tirs à balles réelles sur la population, mêmes arrestations. Ce samedi dans la matinée, les marcheurs se sont réunis dans le vaste espace (Festafrica), là où devait débuter la marche de protestation contre la junte militaire et contre l’implication de la France dans le processus de transition. Il y a eu des tirs à balles réelles, donc, dénonce Tachad, et à bout portant, selon des participants. Les marcheurs ont été dispersés très rapidement dans plusieurs arrondissements. On a enregistré un bilan partiel d’une dizaine de blessés et plusieurs arrestations. »

D’après un bilan établi par la police, cité par Tchad Infos, il y a eu 1 blessé, 21 personnes arrêtées et une habitation incendiée.

Riposte collective ?

Le site d’information Makaila hausse le ton : « Malgré la disparition d’Idriss Déby Itno, la dictature du MPS continue sous de nouvelles formes : son fils a pris sa place pour faire la même politique en s’appuyant notamment sur la même armée, qui a maintenu le pays sous sa férule trente ans durant. La répression qui s’est abattue tout dernièrement sur des manifestants en donne une hideuse et révoltante illustration. » Makaila qui appelle à une « riposte collective des travailleurs et de l’ensemble des opprimés, seul moyen pour faire reculer la dictature et tracer le chemin vers un avenir meilleur. »

Le scénario bien connu du fils qui succède au père…

Pour Ledjely en Guinée, les dés sont jetés : les militaires sont au pouvoir et comptent bien le rester… « Manifestement, il va falloir s’y résoudre. Ceux qui espéraient que la disparition d’Idriss Déby se traduirait par une bouffée démocratique, vont devoir déchanter. Car le pays n’en prend point le chemin. Au contraire, le scénario qui se dessine ressemble à bien des égards à ce qu’on a connu au Gabon, après la mort d’Omar Bongo, au Togo après celle de Gnassingbé Eyadema ainsi qu’en RDC, après la mort de Laurent Désiré Kabila. L’opposition politique et la société civile essaient et continueront d’essayer de résister. C’est tout à leur honneur. Mais elles ne seront pas de taille, estime Ledjely. En face, protégé par une armée trop jalouse des premiers rôles qu’elle a toujours joués et des privilèges qu’elle n’a cessé de s’octroyer depuis l’indépendance et porté à bout de bras par la communauté internationale, le jeune général Mahamat Idriss Deby est parti pour se succéder à son père. En cela, les signaux sont plus qu’évidents. »

Des nonuplés : record mondial !

À la Une également, la naissance de nonuplés maliens au Maroc… Neuf bébés d’un coup !

Jeune Afrique revient avec force détails sur cette première mondiale. « Dans les rues de Bamako, on parle de "bébés nationaux", et certains s’imaginent déjà que ces nouveau-nés porteront les prénoms de l’ensemble des membres du gouvernement de transition. Il faut dire qu’au-delà du Mali, pointe le site panafricain, l’histoire exceptionnelle d’Halima Cissé, cette jeune malienne de 25 ans qui a donné naissance à cinq filles et quatre garçons le 4 mai, à Casablanca, au Maroc, a suscité l’intérêt du monde entier. (…) Au total, précise encore Jeune Afrique, l’accouchement a duré trente minutes, et l’extraction (par césarienne) des neuf bébés a eu lieu en 2 minutes et 20 secondes précisément, un temps record. Neuf bébés en excellente santé, qui pèsent tous entre 500 grammes et un kilo. Placés dans des couveuses, ils devront rester à la clinique encore deux mois et demi pour arriver au terme de leur développement, avant de s’envoler pour le Mali. »

Et puis, « côté malien, où cette histoire a déclenché un grand élan de solidarité, l’État a ouvert un compte en banque pour Halima Cissé, où seront placés les dons divers et l’aide publique. Les neuf bébés bénéficieront sans aucun doute d’un accompagnement particulier pendant encore de longues années. »

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