Revue de presse Afrique

À la Une: un climat social tendu au Mali

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Le président de la transition malienne Bah N’Daw.
Le président de la transition malienne Bah N’Daw. © Ludovic Marin/AFP

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Les services des banques, des impôts, du trésor ou encore des douanes sont paralysés depuis hier. L’UNTM, l’Union nationale des travailleurs du Mali, syndicat de fonctionnaires et de salariés du secteur privé, a en effet lancé un mouvement de grève de cinq jours, après l’échec de négociations avec le gouvernement sur les salaires, les primes et les indemnités. L’UNTM a brandi la menace d'un mouvement illimité.

Le site Maliweb s’interroge : « Pourquoi en est-on arrivé là ? Pourquoi le gouvernement n’est-il dans un tant soit peu dans l’anticipation ? Comment les autorités ont-elles pu laisser la situation pourrir à ce point ? »

En effet, « les revendications de la plus grande centrale syndicale du Mali viennent se greffer à un climat de mécontentement et de difficultés sociopolitiques et économiques fragilisant davantage la paix sociale, la stabilité et la quiétude. »

Et Maliweb de prévenir : « La cherté de la vie, l’injustice dans les rémunérations et traitements salariaux, les déceptions et frustrations sociopolitiques peuvent constituer un terreau fertile de déflagration funeste pouvant sceller le sort du vivre-ensemble et de la cohésion nationale. Il appartient à présent au président de la Transition et au Premier ministre de tout mettre en œuvre pour recoudre le tissu social. »

Après IBKOne… N’DawOne ?

« Le Mali est en pleine crise et Bah N’Daw s’en va ! », s’indigne pour sa part le journal en ligne Malikilé. « Comme son prédécesseur IBK, le Président de la Transition, Bah N’Daw, serait-il lui aussi frappé d’une crise de "voyagite" aiguë ? », s’interroge Malikilé. « Aurait-il déjà contracté le virus d’Air IBKone brusquement devenu N’Daw One ? Quoi qu’il en soit, rien ne peut justifier l’absence de Bah N’Daw du Mali en ces moments particulièrement difficiles ou le bateau Mali a besoin de son capitaine pour tenir fermement le gouvernail. (…) Le colonel-major Bah N’Daw réalise-t-il qu’avec ce voyage, il donne la pire des images à son peuple ? », insiste encore Malikilé. « Celui d’un Président de la Transition peu soucieux de la grève en cours et de ses conséquences et encore moins soucieux de la mise en place rapide d’un nouveau gouvernement. »

L’économie africaine durement impactée par la pandémie

Bah N’Daw est donc à Paris, à l’instar de nombreux chefs d’Etat africains… Pour un sommet axé sur « la relance économique d’un continent qui, l’année dernière, a connu sa première récession depuis vingt-cinq ans, pointe Le Monde Afrique, et qui devrait enregistrer une croissance plus faible que les pays développés lors des trois prochaines années. "Les finances publiques des États africains sont dans une situation critique, explique-t-on à l’Élysée. Les aides d’urgence du FMI et de la Banque mondiale ont bien fonctionné, mais il faut aller beaucoup plus loin". Dans son dernier rapport d’avril, le FMI estime que l’Afrique subsaharienne va avoir besoin de 350 milliards d’euros d’ici à 2025 pour sortir de la crise liée à la pandémie de Covid-19. L’Élysée plaide pour "une aide internationale massive de la communauté internationale et des institutions multilatérales". »

Couper le cordon ?

Aujourd’hui à Ouagadougou s’interroge : « Quels sont les créneaux que proposera ce nouveau sommet pour "revoir" la question de la dette et même un problème connexe, tel que la disparition du Franc CFA ? Pourra-t-on proposer des solutions viables pour redonner du souffle aux économies africaines ? Les Africains, parleront-ils d’une même voix, car c’est souvent une Tour de Babel qui se fait entendre… »

WakatSéra, toujours au Burkina, s’agace : « N’est-il pas temps de couper le cordon ombilical ? (…) À quand les solutions africaines trouvées aux problèmes africains par les Africains, en Afrique ? Les dirigeants africains sont-ils réellement autant en panne de solutions pour se tourner vers une France qu’ils clouent au pilori dès que leurs peuples grognent contre la mainmise de l’Occident sur les richesses nationales ? S’ils sont autant aptes à répondre au tocsin sonné depuis l’Élysée, pourquoi ne privilégient-ils pas des solutions endogènes, réunis sous l’arbre à palabres africain, où l’union devrait faire la force contre les adversités, qu’elles soient économiques ou sanitaires ? Non, soupire encore WakatSéra, chacun préfère se mettre sur son 31 pour être reçu par le président français et en mettre plein la vue à des peuples qui pataugent dans la gadoue de l’obscurantisme, de l’insécurité, (…) de la mal gouvernance, de la corruption, et du népotisme. »

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