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À la Une: Goma a eu très chaud !

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Des habitants de Goma rassemblés autour d'une coulée de lave solidifiée, après l'éruption du volcan Nyiragongo. La majeure partie de la ville a été épargnée, mais de nombreuses habitations ont été détruites dans ses faubourgs.
Des habitants de Goma rassemblés autour d'une coulée de lave solidifiée, après l'éruption du volcan Nyiragongo. La majeure partie de la ville a été épargnée, mais de nombreuses habitations ont été détruites dans ses faubourgs. © AP - Clarice Butsapu

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« La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu en RDC, a survécu, s’exclame le site congolaisPolitico. Menacée de destruction par le volcan Nyiragongo, qui est entré en éruption en début de soirée samedi, finalement, Goma n’a pas été atteint par les coulées de laves. » Le magma en fusion s’est arrêté aux portes de la ville, détruisant les maisons et les champs de l’agglomération de Buhene.

« Patrick Muyaya, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a dressé hier soir le bilan provisoire de l’éruption, rapporte Cas-Info : au moins 15 morts, 17 villages touchés, 3 structures de santé et une école primaire détruites. Beaucoup de pertes en biens et des marchandises pillées. Patrick Muyaya indique également que le gouvernement a pour priorité de "réfléchir au renforcement de la prévention". Toutefois, a-t-il poursuivi, "l’urgence pour le moment, c’est d’apporter assistance à la population". »

Négligence des autorités ?

En effet, pointe Ledjely en Guinée, « une fois que la nouvelle de l’éruption du volcan s’est répandue dans les environs, les populations, qui n’avaient pas oublié les drames des précédentes éruptions, ont abandonné leurs habitations pour s’enfuir, en particulier en direction du Rwanda voisin. Mais sur place, on déplore des milliers de sans-abri, dont des femmes et des enfants vivant dans une situation d’extrême détresse. » Alors, « on se borne à remercier la providence qui a voulu que l’éruption ne fasse pas plus de dégâts, poursuit Ledjely. Mais il convient de relever la négligence coupable dont les autorités congolaises font généralement montre dans la gestion de ces questions volcaniques. Ainsi, si l’Observatoire de volcanologie de Goma n’a pas su prédire l’éruption de samedi dernier, c’est parce qu’il ne fait plus d’observations, faute de moyens. »

L’Observatoire n’observait plus

C’est vrai, renchérit Afrikarabia, « le volcan n’était plus sous surveillance… depuis sept mois. Faute d’argent, l’Observatoire volcanologique s’était retrouvé privé de connexion internet. Pour expliquer ce dysfonctionnement, son directeur a mis en cause l’absence de financement des autorités congolaises. Pour couronner le tout, la Banque mondiale, qui devait renouveler un programme de 2 millions de dollars sur quatre ans, a refusé (en juin dernier) de mettre la main à la poche, craignant des risques de malversations. L’année dernière, le député Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa avait déjà tenté d’alerter le ministre de la Recherche sur la mauvaise gestion de l’Observatoire volcanologique de Goma. Selon lui, sur les 351 employés de l’Observatoire, la majorité des emplois étaient fictifs. Sa question à l’Assemblée était restée lettre morte. »

Cocktail détonnant !

Conséquence, pointe encore Afrikarabia, « cette nouvelle éruption du Nyiragongo après 19 ans de sommeil a pris tout le monde de court. La population tout d’abord, qui n’a reçu aucun message d’alerte. Les autorités locales ensuite, qui ont mis plus de deux heures avant de réagir. Et enfin, le gouvernement qui a peiné à faire passer ses instructions, faute de relais médiatiques. »

Bref conclut Afrikarabia, « communication chaotique, carences de l’État, services publics défaillants, et sous-financés, soupçons de corruption à tous les étages… composent un cocktail détonnant qui aurait pu faire de l’éruption du volcan Nyiragongo une catastrophe bien plus dramatique, si par miracle la coulée de lave n’avait pas stoppé sa course à quelques centaines de mètres du centre de Goma. »

Urgence

En tout cas, pointe WakatSéra au Burkina, « la reconstruction sera bientôt à l’ordre du jour, en attendant la prochaine éruption du Nyiragongo, qui, comme tous les volcans entrera, une fois de plus en sommeil en surface, mais bouillonnera toujours de l’intérieur. Il urge donc que les autorités de la RDC prennent les dispositions idoines pour sortir les populations de l’œil de la montagne de feu. »

Enfin, précise Jeune Afrique, « le président Félix Tshisekedi a annoncé avoir interrompu son séjour en Europe, où il a notamment participé au sommet sur le financement des économies africaines à Paris, pour rentrer dès hier dimanche "afin, a-t-il dit, de superviser la coordination des secours aux populations des zones menacées par cette éruption volcanique". Le chef de l’État qui dit suivre de "très près l’évolution de la situation sécuritaire et humanitaire au Nord-Kivu". »

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