Revue de presse Afrique

À la Une: la valeur des amitiés renouvelées…

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Le président rwandais Paul Kagame, en février 2020.
Le président rwandais Paul Kagame, en février 2020. © John Muchucha/AP

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« Les nouveaux liens entre le Rwanda et la France reposent sur la vérité, selon Kagame et Macron », c’est à lire en Une de The New Times. La presse rwandaise revient évidemment sur le voyage d’Emmanuel Macron à Kigali et ce discours reconnaissant la responsabilité de la France, discours tenu au mémorial du génocide. Et The Chronicles rappelle pour sa part le contexte de ce déplacement. Il fait « suite à la visite du président Paul Kagame en France la semaine dernière, au cours de laquelle les deux dirigeants ont exprimé leur désir de normaliser les relations, leur désir d'ouvrir une "nouvelle page" dans les relations glaciales qui durent depuis le génocide contre les Tutsis en 1994 ». The Chronicles souligne aussi que ce rapprochement intervient « quelques semaines après la publication coordonnée sur le plan politique de deux rapports », le rapport Muse coté français et le rapport Muse coté rwandais. The Chronicles se rappelle enfin qu’« avant Macron, son compatriote, le président Nicolas Sarkozy, était également [à Kigali] en 2010, dans l’idée de normaliser les relations, mais il n'avait pas pu obtenir grand-chose, car il n'était pas disposé à assumer pleinement le rôle de son pays dans le massacre de notre peuple », écrit le site rwandais.

Et aujourd’hui, les intérêts économiques ne sont probablement pas étrangers à ce rapprochement…

Deux accords bilatéraux déjà signés et des mots qui ne trompent pas sur cet intérêt. « Je pense que bientôt vous aurez de nouveaux investissements français au Rwanda », les mots du conseiller économique régional de la France pour l'Afrique de l'Est et l'Océan Indien, rapportés par The New Times. Le quotidien observe qu’Emmanuel Macron s’est entouré pour ce voyage d’« Une délégation de 15 dirigeants d'entreprises qui ont exprimé hier leur intérêt pour l'extension de leur présence au Rwanda ». Les domaines d'investissement identifiés sont la santé, le transport et la logistique, l'énergie, les TIC et l'agriculture. Une feuille de route a déjà été signée, nous dit The New Times. Neuf entreprises présentes cherchent « des opportunités » comme Eutelsat et ATM Innov par exemple. Trois autres sont déjà implantées au Rwanda, Canal+, ou le groupe Bolloré notamment…

La valeur de l’amitié… dans la presse de Namibie également…

Pour la première fois, l’Allemagne reconnait un génocide en Namibie, « ce que l’on appelle le premier génocide du XXe siècle », écrit Le New Era. Entre 1904 et 1908, « des dizaines de milliers de Namibiens, principalement des Namas et des Hereros, rappelle le journal. Les troupes allemandes ont massacré et déplacé des dizaines de milliers de Namibiens. Et depuis 2015, les deux pays négociaient « un accord qui combinerait des excuses officielles de l'Allemagne ainsi que des réparations. ». Et désormais, précise The Namibian, Berlin se dit « prêt à verser 1,1 milliard d'euros sur 30 ans pour des projets de réconciliation et de reconstruction des communautés touchées ». Mais problème pointe le journal namibien, sur place, hier « cette offre a été rejetée hier par l'autorité traditionnelle Herero et l'association des chefs traditionnels Nama. Le chef Ovaherero Vekuii Rukoro a affirmé hier que les intentions du gouvernement n'étaient pas pures. "Ils ne cherchent pas à obtenir des réparations. Ils cherchent à obtenir pour leurs projets de développement" », rapporte The Namibian. Cet argent, donné comme à cette fin, « est une insulte aux communautés » affirme un autre chef dans The New Era… L’amitié renouvelée, oui, mais pas à n’importe quel prix.

Au Soudan, le souvenir de la violence également...

Souvenir ou origine... À lire dans Le Figaro, le journal français... Un cimetière vieux de 13 000 ans « qui révèle des traces de violences armées » sur plusieurs générations. Visite du site de Djebel Sahaba, « un des plus marquants de l'archéologie » nous dit Le Figaro. Il a été découvert en 1965 à la frontière avec l'Égypte, « sous ce qui est aujourd'hui le lac Nasser du barrage d'Assouan ». Une nécropole qui est considérée « comme le marqueur de la première bataille de l'histoire des hommes. Un conflit qui aurait eu lieu entre 13 000 et 17 000 ans... » On le croyait du moins, mais une étude menée par une équipe de chercheurs français et publiée dans la revue scientifique reports « dévoilent un tableau plus complexe. Non il ne s'agirait pas d'un cimetière de catastrophe comme le pensaient les archéologues, c’est-à-dire un cimetière improvisé après une bataille... Il y a des corps de femmes assez agées et d'enfants aussi... Pas uniquement des jeunes guerriers... La violence s'est donc étalée au moins sur plusieurs années... » Alors, « cette violence est-elle un trait de caractère de notre espèce ou bien la guerre est-elle apparue plus tard ? » Le Figaro ne peut répondre à cette question qui divise les scientifiques depuis de nombreuses années. Le journal souligne simplement que la période à laquelle remonte ce site de Djebel Sahaba correspond à un moment de grand bouleversement climatique, avec la fin de la dernière glaciaire, qui en Afrique s'est traduite par une forte aridification. En a résulté une concentration des populations autour des ressources et des tensions...  Oui la violence peut naitre du changement climatique en tout cas...

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