Revue de presse Afrique

À la Une : le colonel Assimi Goïta aux commandes du Mali

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Assimi Goïta.
Assimi Goïta. © Annie Risemberg/AFP

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« C’est en présence de quelques représentants des ambassadeurs accrédités au Mali, des chefs des institutions, des membres de la Cour suprême que le nouveau Président de la transition, le colonel Assimi Goïta, a prêté serment hier, relate Maliweb. Habillé en tenue de cérémonie d’officier, le nouvel homme fort du pays, sous forte escorte, s’est rendu au Centre international de conférence de Bamako. Sur place, il a eu droit à tous les honneurs d’un chef d’État. »

Dans son discours d’investiture, le désormais président Assimi Goïta « a tenu un message d’union, poursuit Maliweb. "Chaque fois que notre peuple a su se dresser comme un seul homme, il a pu vaincre toutes les adversités.  Nous sommes forts lorsque nous sommes unis, divisés, nous devenons extrêmement vulnérables", a-t-il prévenu. Assimi Goïta a promis d’imprimer une nouvelle dynamique à la gestion des affaires publiques en annonçant l’organisation d’élections transparentes, justes, et crédibles, ainsi que la réduction du train de vie de l’État. »

« Pragmatique, complète L’Essor, Assimi Goïta a joint l’acte à la parole en annonçant que les deux tiers du fonds de souveraineté de la Présidence iraient au financement d’infrastructures de base. »

« Soit, précise Sahel Tribune, 1 milliard 800 millions de FCFA annuels aux œuvres sociales et sanitaires notamment, pour faciliter l’accès à l’eau potable et aux soins de santé primaire dans les zones difficiles de notre pays. »

Choguel Maïga sur la corde raide

Alors, « inconnu il y a un an, relève Le Point Afrique, chef aujourd’hui d’un État dans la tourmente, le colonel Assimi Goïta, reconnaissable par son uniforme kaki et son béret vert, prend la tête d’un pays au milieu du gué. Apparu sur les écrans dans la nuit du 18 au 19 août dernier, après avoir renversé l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta, le taiseux colonel a fini par s’imposer. »

À « 37 ans, Assimi Goïta, après sa prouesse de porter deux coups d’Etat en neuf mois, a donc été officiellement paré du costume de chef de l’État », constate WakatSéra au Burkina Faso. Dans la foulée, comme prévu, il a nommé Premier ministre, Choguel Maïga, issu des rangs du M5-RFP. Choguel Maïga qui « devra constituer un gouvernement inclusif, qui, s’il ne veut pas se faire virer, pointe le site ouagalais, devra être du goût du nouveau maître du palais de Koulouba. Et une fois formée, la nouvelle équipe aura la lourde tâche de faire baisser le thermomètre social, dont le mercure est monté, poussé par l’ire des mouvements syndicaux qui exigent de meilleures conditions de vie pour les travailleurs. Le Premier ministre a donc du pain sur la planche, s’exclame encore WakatSéra, surtout que les organisations internationales et régionales (Union africaine, CEDEAO, Francophonie) ont suspendu le pays de leurs instances. La France et les Etats-Unis ont également mis en berne leurs coopérations militaires. Mais sans doute que les promesses du Colonel Assimi Goïta, et surtout la nomination d’un nouveau Premier ministre civil, fléchiront la position de la communauté internationale. »

Quid de l’accord d’Alger ?

Reste que « le profil de Choguel Maïga, inquiète certain, tempère Le Monde Afrique. Formé en Biélorussie et en Russie, il fut de tous les pouvoirs et de toutes les oppositions ; ce professionnel de la politique a su montrer en vingt-cinq ans de carrière une certaine capacité d’adaptation aux évènements. Défenseur de l’œuvre du dictateur Moussa Traoré qui, il y a quelques mois, qualifiait pourtant les institutions de la transition de "régime militaire déguisé", il s’est finalement "félicité de la nouvelle dynamique de rectification", lorsque les putschistes ont démis le président Bah N’Daw et son premier ministre Moctar Ouane. Opposant notoire à l’accord de paix d’Alger qui consacre selon lui "la partition de fait du Mali", Choguel Maïga se voit désormais chargé de faire appliquer ce texte qui devrait notamment permettre aux communautés du Nord, entrées en rébellion, d’obtenir davantage de pouvoirs dans leurs régions. »

Et à ce sujet, relève le quotidien en ligne Malikilé, « le nouveau Premier Ministre devra faire preuve d’ingéniosité pour proposer des solutions acceptables par tous et montrer patte blanche pour gommer tout le passif qui l’a opposé dans un passé récent aux ex-rebelles. »

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