Revue de presse Afrique

À la Une: vers la formation d’un nouveau gouvernement au Mali

Audio 04:05
Le colonel Assimi Goita, lors de son investiture en tant que du président de la transition malienne, lundi 7 juin 2021, à Bamako.
Le colonel Assimi Goita, lors de son investiture en tant que du président de la transition malienne, lundi 7 juin 2021, à Bamako. © REUTERS - AMADOU KEITA

Publicité

« En recevant hier mercredi, une délégation de la CEDEAO, de l’Union Africaine et de l’ONU conduite par l’ancien Président du Nigeria, Goodluck Jonathan, (le nouveau) Premier ministre, Choguel Maïga, a assuré que la liste du nouveau gouvernement serait connue à la fin de la semaine, (…) au plus tard dimanche. » C’est ce que rapporte notamment le site Maliweb.

« Au boulot maintenant ! », s’exclame Le Pélican. « La tâche ne sera certainement pas aisée pour le tandem Assimi-Choguel tant tout est à faire et refaire. Dans ce Mali profondément meurtri par les attentats terroristes et les conflits intercommunautaires, il faut aussi recoudre le tissu socioéconomique. Le chantier Mali est colossal (…). En fonction du peu de temps disponible pour boucler les 8 mois de Transition qu’il reste, Choguel Maïga (…) devra être réaliste, relève Le Pélican, en identifiant très vite les priorités de son gouvernement afin de pouvoir mettre en œuvre les réformes les plus nécessaires et compatibles, en laissant le soin aux futures autorités élues de mener le reste. Il doit aussi montrer des signaux forts en faveur de la rupture avec l’ère IBK durant laquelle ont prospéré corruption et népotisme. Mais la question sécuritaire est incontestablement celle qui doit obtenir la réponse la plus urgente, pointe encore Le Pélican. Il doit s’évertuer à ce qu’il n’y ait plus de no man’s land dans notre pays, à l’instar de Kidal. » Enfin, « le tandem Assimi-Choguel doit, tout en préservant les intérêts supérieurs du Mali, s’atteler à convaincre la Communauté internationale, en l’occurrence la France, de continuer à aider notre pays à recouvrer son intégrité territoriale. »

Beaucoup de questions

En tout cas, le chantier est considérable. Et L’Informateur s’interroge : « Comment Assimi Goïta et son Premier ministre peuvent-ils procéder pour convaincre les Maliens qu’ils sont au pouvoir pour les conduire vers leur mieux-être ? Comment faire par rapport à la demande sociale assez forte ? Quid du dossier de la lutte contre la corruption et la promotion de la bonne gouvernance ? Le chef de l’État et son Premier ministre pourront-ils faire taire les dissensions au sein de la classe politique ? Ce ne sera pas aisé. »

Et puis, relève encore L’Informateur, cette question que se posent cette fois les puissances occidentales : « Comment arriver à collaborer avec un régime issu d’un double coup d’État et dont le pays est la cible d’invasions de hordes terroristes ? »

D’autres alliés militaires ?

Pour Le Républicain, toujours à Bamako, il y a une solution pour le nouveau pouvoir malien : la rupture pure et simple… « Si les États-Unis et la France décident en toute souveraineté de suspendre leurs opérations militaires avec le Mali, c’est de leur plein droit. Et en toute souveraineté aussi, notre pays, le Mali, a également le plein droit de trouver d’autres alliés militaires, affirme Le Républicain, afin de l’épauler dans sa lutte contre les forces du mal qui minent le pays depuis près de 10 ans. Ce qui est d’ailleurs demandé, souhaité, par beaucoup de Maliens, croit savoir le journal. En le faisant, les autorités actuelles ne feraient que répondre favorablement à la demande et au souhait formulé par le peuple. »

Course d’obstacles

En tout cas, la situation politique malienne est scrutée avec attention par les médias de la sous-région, à l’instar de L’Observateur Paalga au Burkina : « il faut espérer que toutes les promesses seront tenues puisque la formation de ce nouvel exécutif de large consensus apparaît comme la première haie d’une véritable course d’obstacles, avec des délais démentiels, vu l’immensité du chantier qui attend les nouveaux architectes de la Transition dans un pays toujours miné par le terrorisme. Il est notamment prévu, en ce qui concerne les élections, l’élaboration d’une nouvelle constitution, la mise à jour des listes électorales et la modification du code électoral. Huit mois, c’est demain, et ce qu’il faut surtout craindre, pointe encore L’Observateur Paalga, c’est qu’avec ces pressions tous azimuts de la communauté internationale, on finisse par confondre vitesse et précipitation en escamotant le processus électoral. C’est en réalité le vrai danger qui guette le Mali. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail