Revue de presse Afrique

À la Une : Guillaume Soro condamné à la prison à vie en Côte d’Ivoire

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Guillaume Soro, à Paris le 17 septembre 2020.
Guillaume Soro, à Paris le 17 septembre 2020. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

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« Le verdict est tombé enfin », écrit L’Infodrome. L’ancien premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro ainsi que 18 de ses proches ont été « fixés définitivement sur leur sort ». Un seul acquitté ce mercredi par le tribunal criminel d’Abidjan, mais Guillaume Soro, lui, condamné en son absence à la prison à vie, « pour avoir été accusé de fomenter un coup d’État contre le pouvoir de Ouattara ». L’Infodrome égrène ensuite les autres condamnations et la dissolution également du mouvement de Guillaume Soro, le mouvement Générations et peuples solidaires (Gps). « Tous leurs biens ont été confisqués ainsi que les armes saisies », explique L’Infodrome.

Les réactions déjà nombreuses

La presse relaie naturellement les réactions, déjà nombreuses. News.Abidjan relaie celle de Charles Blé Goudé, hier, sur TV5 MONDE : « Ce que j’ai envie de dire, c’est que j’ai beaucoup de pincement au cœur pour Guillaume Soro que je connais bien. Mais j’ai confiance en son équipe de défense qui certainement va se battre pour le sortir de là ». L’Infodrome relaie aussi la réaction d’Henri Konan Bédié. Il réagit « en sa qualité d’ancien président », parle de « prisonniers politiques » et « appelle encore urgemment à un dialogue national inclusif afin de trouver le chemin du pardon et de la réconciliation vraie ».

Et puis il y a la réaction de Guillaume Soro lui-même évidemment, à lire notamment dans les pages de L’Intelligent d’Abidjan. Guillaume Soro y rejette ce qu’il juge être des « verdicts iniques », prononcés toujours selon lui « uniquement par des considérations d’ordre politique ». Mais il l’assure : il ne « renoncera pas » à son combat.

Au Sénégal, un même souvenir, mais une commémoration en ordre dispersé

« 10 ans après les événements de juin 2011 : Bataille autour de la paternité du M23 », titre Le Soleil. Les Sénégalais ont en effet célébré ce mercredi le 10e anniversaire du M23, ce mouvement populaire qui avait mis à mal les projets constitutionnels du président d’alors, Abdoulaye Wade, mais hier c’était en quelque sorte deux salles deux ambiances. Quand la mouvance présidentielle, qui revendique l’héritage du M23, s’est donné rendez-vous Place de la Nation, à Dakar, nous explique Le Soleil, « de leur côté, les membres du Pastef [de l’opposant Ousmane Sonko] et ceux du récent mouvement M2D se sont donné rendez-vous » en même temps à Grand-Yoff.

Ancienne contre nouvelle garde

Le Quotidien se souvient d’abord : « Le 23 juin 2011, à travers le M23, la rue mettait la pression sur Wade et l’avait contraint à retirer son projet de ticket présidentiel, mais aussi pour dire non à un troisième mandat ». Or, cette dernière question est « aujourd’hui au centre des débats, 10 ans après ». Et Le Quotidien semble comprendre que le M2D se revendique aujourd’hui comme l’héritier du M23, car, lit-on, « les mêmes causes demeurent. 10 ans après, le spectre d’un 3ème mandat plane toujours sur la démocratie sénégalaise » et « une décennie plus tard, le mouvement de contestation a changé de visage. Normal, dit Le Quotidien, car les principaux animateurs du M23 sont aujourd’hui au pouvoir. Et pour Le Quotidien, au fil des années, le mouvement “dirigé à l’époque avec brio par Alioune Tine, a perdu de sa force”.

D’ailleurs Alioune Tine, hier, n’a pas choisi de camp, le défenseur des droits de l’homme n’a participé à aucun rassemblement. Et il s’exprime aujourd’hui dans Walf Quotidien. Pour lui aussi, c’est clair : “plus que jamais la question de la limitation des mandats pour laquelle il y a eu beaucoup de sacrifices, est d’une brûlante actualité”. Et “10 ans après, si on continue de scander non au troisième mandat ça veut dire qu’on n’a pas avancé”, dit-il. En somme pour Alioune Tine non plus, le changement de régime n’a pas été véritablement synonyme de changement.

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