Revue de presse Afrique

À La Une: les révélations sur le logiciel Pegasus

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Le logiciel Pegasus active la caméra et le microphone d'un téléphone, agissant comme un espion de poche. (Image d'illustration)
Le logiciel Pegasus active la caméra et le microphone d'un téléphone, agissant comme un espion de poche. (Image d'illustration) REUTERS/Dado Ruvic/File photo

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Pegasus est un logiciel espion qui permet tout simplement de connaître le contenu d’un téléphone. Messages, e-mails, photos… Tout le contenu ! Un logiciel conçu par la société israélienne NSO Group et vendu exclusivement aux États. Révélations portées par un consortium de 17 grands médias internationaux coordonnés par l’équipe de Forbidden Stories.

Le Monde, le journal français en fait notamment partie et il parle d’une dizaine d’États au total qui auraient utilisé Pegasus, dont deux sur le continent africain. Le Maroc et le Rwanda, où « ce sont avant tout, peut-on lire, des journalistes, des opposants, des avocats, des défenseurs des droits de l’homme qui sont les principales cibles de ce logiciel ». Le Maroc et le Rwanda, pour mémoire, respectivement 136e et 156e au dernier classement sur la liberté de la presse.

Que dit la presse aujourd'hui dans ces deux pays ?

S'il est intéressant d'observer ce que nous dit la presse, il est aussi parfois intéressant, parfois, d'observer ce qu'elle ne dit pas.  Au Rwanda, The New Times nous parle bien d’internet ce matin mais pour nous expliquer que les Rwandais « réclament un internet plus fiable », parce que « la majorité se tourne vers le travail à distance, en raison de la restriction des déplacements dans certaines parties du pays ».

Et si vous cherchez le mot Pegasus sur le site du journal, un seul article date de 2016. Après une enquête de Citizen Lab, il mettait en garde contre ce qui est présenté comme un malware, un logiciel malveillant pouvant affecter tous les téléphones. Le journal affirmait alors qu'aucune plateforme « n'est vraiment sécurisée » mais à l'époque on ignorait la nature réelle de Pegasus et que seuls les États pouvaient s'en servir. Rien d'autre disponible sur le sujet ce matin dans les médias rwandais.

La presse marocaine peu diserte ?

Alors sur internet également, aucune trace de ces révélations sur le site de Tel Quel. Un article datant de quelques jours nous apprend en revanche que le Royaume chérifien a signé la semaine dernière un accord de coopération en matière de cyber sécurité avec Israël. Aucune trace de Pegasus non plus sur le site du 360, autre media marocain. Pas plus que sur le site d'Al Bayane ou du journal Aujourd'hui Le Maroc. Un seul média nous en parle ce matin dans le royaume, c'est Le Desk, souvent présenté comme la tête de file du journalisme indépendant dans le pays et qui a évidemment été ciblé par l'espionnage, apprend-on. Le directeur du Desk, Ali Amar, a été ciblé, tout comme Fatima Zahra Lqadiri qui a fondé le média à ses côtés. Mais également le journaliste Taoufik Bouachrine poursuit l'article, le fondateur d'Akhbar al Yaoum, journal critique qui a fermé cette année... L'ancien correspondant de l'agence France Presse lui aussi a été espionné, Omar Brouksy, ainsi que Hamid El Mahdaoui, créateur du site Badil.info. Le Desk se rappelle également que c'est autour de l'affaire Omar Radi, autre journaliste, qu'Amnesty International avait révélé l'utilisation de Pegasus par les autorités marocaines. Rabat aurait également espionné des journalistes français. Les autorités marocaines justement ont réagi : en gros, elles déclarent ne pas savoir de quoi nous parlons.

En Guinée, le débat sur les migrations illégales relancée…

Elle s’appelait Sadigatou Barry. « Plus connue sous le nom de Nourdine, nous dit le site culturel Gnakrylive, elle a perdu la vie il y a de cela quelques jours dans la Méditerranée alors qu’elle tentait de rejoindre l’Occident ».  Nourdine était actrice, membre de la troupe « Missal Diama » et son décès intervient après celui d'un autre acteur, précise Le Djely, à savoir Elhadj Kana Bah Tangan de la troupe Djikè Bonata 2017. Et voilà donc « deux acteurs qui tentaient de rallier l’Europe et qui ne réaliseront jamais leurs rêves car ils sont morts », écrit Le Djely. Le milieu artistique est frappé nous dit l'article qui donne la parole l'humoriste Mamadou Thug, également président de l’Association des troupes artistiques de Guinée (ATAG). Il souligne que « l’immigration irrégulière est illégale et qu'elle a endeuillé des milliers de familles africaines et guinéennes ». « Nourdine partait à la recherche du bonheur », affirme Mamadou Thug et encore et toujours, pour lui, États et partenaires publics comme privés doivent faire comprendre à la jeunesse que « oui, c'est possible de vivre heureux et épanoui en Afrique ». Nous lui laisserons les mots de la fin.

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