À la Une: l’émission qui choque la Côte d’Ivoire

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Capture d'écran de l'émission de NCI qui fait polémique.
Capture d'écran de l'émission de NCI qui fait polémique. © Capture d'écran NCI
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Avalanche de réactions indignées après la diffusion de l’émission « La Télé d’ici vacances » sur la chaîne NCI. C’était lundi soir. Une émission de télé-réalité présentée par l’animateur Yves de Mbella. Un « habitué des polémiques, relève Jeune Afrique. En recevant, un homme présenté comme un "ancien violeur" pour parler de ses crimes, il avait réuni tous les ingrédients pour en provoquer une nouvelle. Et, sans surprise, cette émission n’a pas manqué de susciter une vague d’indignation. Et il y avait matière… ».

En effet, on a assisté à une simulation de viol sur un mannequin. Jeune Afrique décrit la scène : « "Tu attaques par devant ou par derrière ? Montre-nous comment tu fais", dit l’animateur. L’invité monte alors sur l’estrade et détaille méticuleusement comment il procède pour étrangler sa victime, lui toucher les parties intimes, la faire tomber, l’immobiliser et la violer. Le tout sous quelques rires à peine étouffés et des relances de Yves de Mbella, glaçantes : "Tu agis seul ou avec quelqu’un ? Comment les choisis-tu ? Minces ou avec des fesses ?" »

Indignation et plates excuses

Les réactions n’ont pas tardé… « Une plainte a été déposée par la Ligue ivoirienne des Droits de la femme, relate L’Intelligent d'AbidjanLa Haute autorité de la communication audiovisuelle a suspendu Yves de Mbella pour 30 jours, la chaîne NCI et le concerné ont présenté des excuses publiques. (…) "Je suis sincèrement désolé d'avoir choqué en voulant sensibiliser. J’ai fauté ! Je demande pardon", a notamment déclaré l’animateur. »

D’après certains médias ivoiriens, le site Connection Ivoirienne notamment, Yves de Mbella aurait été placé en garde à vue pour être déféré devant le parquet ce mercredi, en vue de faire l’objet d’une procédure en flagrant délit d’apologie du viol.

Connection Ivoirienne qui publie aussi cette tribune intitulée « le visage de la honte : inviter un violeur sorti des geôles pour venir démontrer ses prouesses comme un champion avec un mannequin sur un plateau de télévision est carrément ubuesque, puant, dégradant, humiliant et criminel ».

Tout est bon pour faire le buzz…

Réactions indignées également dans la presse de la sous-région : « Yves de Mbella a poussé le bouchon trop loin, s’exclame le site WakatSéra. Que vont ressentir toutes ces personnes qui ont été violées et en gardent encore des séquelles que le temps, malgré sa force érosive, n’arrive pas à effacer ? (…) En tout cas, le traitement de l’information est une valeur cardinale, pointe encore WakatSéra, surtout quand on s’adresse à un public sur un sujet aussi déshumanisant que le viol. Tous les sujets ne sont pas bons pour le buzz ».

« On est à l’heure des réseaux sociaux, de la recherche effrénée du buzz, de "l’infocalypse", et immanquablement, on tombe dans "l’infobêtise", renchérit Aujourd’hui à Ouagadougou. Si une télé, sous couvert de vouloir faire monter son audience, se pique de diffuser des émissions rabaissant la femme à un objet, il faut sévir. Ce genre de comportement n’honore nullement la profession. Souvent, la presse est envahie par ceux qu’on appelle "animateurs", lesquels se prennent vite pour des supers journalistes, gagnés par le vedettariat et… l’ignominie. (…) N’oublions pas l’éthique et la déontologie, restons attachés aux fondamentaux de l’information. »

Covid-19 : le C.1.2 encore plus dangereux que le variant Delta ?

À la Une également, le Covid-19 avec un nouveau variant qui inquiète…

En effet, relate Le Point Afrique, « les scientifiques sud-africains surveillent un nouveau variant du coronavirus possédant un taux de mutation inhabituel et dont la fréquence a graduellement augmenté ces derniers mois. Ce variant, connu sous le nom de C.1.2, a été signalé la semaine passée par la Plateforme de recherche, d’innovation et de séquençage du KwaZulu-Natal. Alors que la majorité des infections par le Covid-19 en Afrique du Sud sont actuellement provoquées par le variant Delta – identifié pour la première fois en Inde –, le C.1.2 a attiré l’attention des scientifiques car il mute presque deux fois plus vite que les autres variants déjà observés ».

Toutefois, tempère Le Huffington Post, « aujourd’hui, pour qu’un variant pose problème, il faut qu’il fasse mieux que le variant Delta. Soit en étant plus contagieux, soit en résistant encore plus aux vaccins. Pour l’instant, rien n’indique que le variant C.1.2 soit capable d’une telle prouesse ».

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