Revue de presse française

À la Une: sous la menace d’une troisième vague…

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Un homme se fait tester au Covid-19 dans un centre de dépistage de Bagneux en région parisienne le 11 janvier 2021 (image d'illustration).
Un homme se fait tester au Covid-19 dans un centre de dépistage de Bagneux en région parisienne le 11 janvier 2021 (image d'illustration). © Christophe Ena/AP

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« Le Dunkerquois reconfiné le week-end » : c’est la Une de La Voix du Nord. Après la Côte d’Azur, c’est donc une partie du nord de la France qui connait de nouvelles restrictions partielles. Objectif : limiter la propagation du Covid et de ses variants.

Et il y a urgence, s’exclame Libération. « "La situation est très préoccupante dans une dizaine de départements", a insisté hier le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Selon Santé publique France, la Provence-Alpes-Côte-D’azur, Mayotte, Saint-Barthélemy, l’Ile-de-France, les Hauts-de-France et la Moselle, enregistrent des taux d’incidence à plus de 250 cas pour 100 000 habitants. »

Pourquoi nous ?

Du coup, poursuit Libération, « la France est fébrilement suspendue à la perspective d’une troisième vague liée aux variants. » Désormais, « 5% des tests prélevés sur le territoire correspondraient à une suspicion de variants sud-africain ou brésilien, qui préoccupent par leur faculté à contourner en partie les défenses du système immunitaire. Mais c’est bien le variant britannique qui occupe tous les esprits : il représente 36% des tests. Et il pourrait devenir majoritaire à compter de fin février ou début mars. »

Alors, s’interroge Libération, « pourquoi nous, alors que la courbe est en nette descente dans la moyenne mondiale ? Nul ne le sait. » Ce qui est sûr, poursuit le journal, c’est que « seule une campagne de vaccination bien organisée contre le Covid-19 pourrait sauver les futures victimes. Mais comme l’Union européenne est partie très en retard, victime d’une fixation sur le prix d’achat contraire à tous les discours du "quoi qu’il en coûte", les autorités sont bien obligées de faire avec les moyens du bord, que l’on préfère appeler "mesures de freinage". Confinements locaux, donc, et couvre-feu national à 18 heures. »

Lassitude et… espoir ?

Et « un an après le surgissement en France du coronavirus, la lassitude est perceptible face à la pandémie, pointe La Croix. Ces derniers jours, l’arrivée prématurée d’un temps printanier attise le désir d’un retour à une vie normale. En un an, les Français ont intériorisé les règles de distanciation qui réduisent le risque de transmission du virus. Mais l’apparition de variants plus contagieux oblige donc à renforcer la vigilance. (…) Des progrès restent à accomplir, poursuit La Croix, pour espérer sortir sans trop tarder de ce régime de semi-liberté. Il faudrait notamment pouvoir dépister plus vite les variants du coronavirus et accélérer la vaccination de la population. Là aussi, la solution passe sans doute par l’implication des acteurs locaux, notamment ceux du système de santé. Les médecins généralistes, les pharmaciens, les infirmières libérales maillent le territoire. Ils pourraient être des relais précieux. »

Malgré tout, « gardons espoir, soupire Le Parisien. Le réchauffement des températures et la campagne de vaccination qui va s’accélérer devraient freiner l’épidémie. Israël est, de ce point de vue, un modèle encourageant. Mais il faudra sans doute en passer d’abord par un mois de mars pourri. »

Ces Français oubliés…

Le Figaro s’attarde ce matin sur « ces Français oubliés dont la vie est à l’arrêt », en raison de la pandémie.

Le Figaro qui brosse plusieurs portraits poignants : « Ce chanteur lyrique qui a quitté l’Opéra de Vienne en Autriche pour devenir livreur à vélo à Blois ; ce dompteur de fauves qui a dû vendre son camion et son groupe électrogène pour nourrir ses bêtes ; ce guide-conférencier contraint de renoncer à sa passion pour pouvoir se nourrir ; ou encore cette restauratrice dont les employés, au chômage partiel depuis un an, n’en peuvent plus d’être inactifs… Entreprenants, dynamiques, inventifs et courageux, tous veulent croire à une sortie du tunnel, mais en dépit de leurs efforts, ils sont devenus les victimes d’une mécanique qui les dépasse. »

Alors, « révoltés ? », s’interroge Le Figaro. « Non, en proie à une profonde lassitude, souligne le Cevipof dans sa dernière étude annuelle sur l’état d’esprit des Français. Ce soir, une fois encore, Jean Castex devrait prendre la parole. Les chiffres ne sont pas bons (donc), la situation se dégrade, et déjà le système d’information s’emballe, les "confineurs" jubilent : il va falloir fermer à double tour. Ce serait laisser de côté une fois encore les oubliés du tour de vis, peste Le Figaro. Ils ne demandent pas, ces gens raisonnables, à prendre le pas sur l’urgence médicale qu’impose une pandémie ; ils voudraient simplement être pris en compte dans des décisions qu’ils payent au prix fort. La France n’est pas qu’un hôpital ; c’est le devoir du politique de s’en souvenir. »

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