Revue de presse française

À la Une: « Sarkozy, prison ferme »

Audio 04:00
Nicolas Sarkozy a été condamné lundi 1er mars 2021 à trois ans de prison pour "corruption" et "trafic d'influence" par le tribunal correctionnel de Paris.
Nicolas Sarkozy a été condamné lundi 1er mars 2021 à trois ans de prison pour "corruption" et "trafic d'influence" par le tribunal correctionnel de Paris. REUTERS - CHARLES PLATIAU

Publicité

C’est le grand titre de la Dépêche, on ne peut plus informatif, qui claque comme un coup de fouet… 

En effet, « la secousse de la prison ferme », s’exclame Le Télégramme.

« Sarkozy, le choc de la peine », lancent Les Dernières Nouvelles d’Alsace.

« Sarkozy, le coup de tonnerre », insiste Sud-Ouest.

« Le coup dur », renchérit Le Parisien.

« Corrupteur en chef », assène L’Humanité.

« Une condamnation inédite pour un ex-président », remarque La Charente Libre.

« L’histoire est simple, nous rappelle le quotidien charentais. Le jugement est historique. Il peut être modifié en appel comme pour n’importe qui. C’est l’histoire d’un ex-Président cherchant à obtenir des informations sur des enquêtes en cours. Il prend une ligne téléphonique dédiée à Paul Bismuth (un nom d’emprunt) et se charge avec son ami avocat de démarcher un magistrat. En échange, ce dernier aura une promotion. Voilà. Sauf qu’en droit, cela a un nom : corruption. »

Achevé…

Et cette condamnation est donc une première… Comme l’explique Sud-Ouest : « Nicolas Sarkozy n’est pas seulement le deuxième chef de l’État, dix ans après Jacques Chirac, à se voir condamné en première instance ; il est aussi le premier à se voir condamné à une peine de prison ferme – sous réserve du jugement en appel. La désacralisation présidentielle se poursuit, pointe Sud-Ouest : ce que le quinquennat avait commencé, ce que l’information continue et les réseaux sociaux ont poursuivi, la justice l’achève. Même si tout continue de tourner autour d’eux tant qu’ils trônent à l’Élysée, les héritiers des rois thaumaturges, non seulement ne guérissent plus les écrouelles (ou le Covid), mais ils peuvent se voir marqués du sceau de l’infamie à leur sortie. C’est ce que les juges parisiens viennent de signifier à Nicolas Sarkozy pour des faits qui semblaient pourtant plus relever d’une histoire de cornecul que d’une affaire d’État. On veut croire, conclut Sud-Ouest, qu’ils n’ont pas agi par esprit de vengeance. »

Sans objet ?

Pour Le Figaro, on n’est pas loin… Le Figaro qui s’insurge contre la décision des juges du Parquet national financier : « Nicolas Sarkozy est condamné pour une conversation téléphonique (celle d’un client avec son avocat) relative à une affaire pour laquelle il a été blanchi : il aurait envisagé une infraction qu’il n’a pas commise en vue d’obtenir l’appui d’un magistrat pour une décision qui lui a été finalement défavorable contre une promotion qui n’a pas été accordée. Corruption sans objet, influence nulle. Ces mots volés, en réalité, sont le fruit d’une campagne judiciaire menée sans relâche ni scrupule par le Parquet national financier, s’indigne le quotidien de droite : filets dérivants, écoutes téléphoniques des avocats, mélange de paranoïa et d’obsession vengeresse. »

« Un petit peu fait pour déplaire »

Non, rétorque Libération, la loi est la loi… Et « la France rejoint ainsi les démocraties où les puissants sont des justiciables comme les autres. »

Libération qui salue au passage le travail du parquet national financier, créé fin 2013 par la gauche après le scandale Cahuzac : « centralisant les dossiers nationaux et complexes de fraude fiscale, de corruption ou de trafic d’influence, le PNF s’était retrouvé la cible de toutes les attentions, tant sont lourds les enjeux liés aux dossiers qu’il traite. Ses 17 magistrats ont autant géré l’affaire qui fit chuter François Fillon que celles visant Nicolas Sarkozy, sans compter les innombrables dossiers dans lesquels ont été accrochés parlementaires et patrons, ainsi que ceux mettant en cause les pratiques de grosses sociétés du CAC 40. (…) À juste titre, le PNF "est un petit peu fait pour déplaire", rappelait récemment son chef, Jean-François Bohnert. Il déplaît surtout énormément, conclut Libé, à tous ceux à qui il demande des comptes. »

Pas de retour…

En tout cas, remarque Le Parisien, cette décision judiciaire « rend de moins en moins probable un retour de Nicolas Sarkozy sur la scène politique… »

En effet, pointent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « difficile d’endosser le costume de l’homme providentiel avec un tel boulet au pied. Mais au-delà du cas Sarkozy, ce jugement aura aussi des conséquences sur l’ensemble de la classe politique et son rapport à la justice. Parce qu’il valide les méthodes très discutées du jeune Parquet national financier qui se trouve de fait légitimé. Parce qu’il envoie le message que tout le monde, même un personnage de tout premier plan, et pas seulement un Balkany ou un Cahuzac, peut être condamné. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail