Revue de presse française

À la Une: le vaccin AstraZeneca entre défi et défiance

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Le vaccin AstraZeneca a été jugé sûr et efficace par l'agence européenne du médicament.
Le vaccin AstraZeneca a été jugé sûr et efficace par l'agence européenne du médicament. AP - Matthias Schrader

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« Une série noire digne d’un roman du même nom, s’exclame Libération. Et pourtant, la multiplication de faux pas et de bévues accumulés par le laboratoire pharmaceutique anglo-suédois AstraZeneca ne relève pas de la fiction. Retards chroniques de livraison, suspicions d’effets secondaires pouvant entraîner des décès, défiance des autorités américaines par la voix du conseiller santé à la Maison Blanche, qui affirme que les États-Unis pourraient se passer de ce vaccin… La firme est sous le feu croisé des critiques et la méfiance s’installe, pointe le journal. Ce week-end à Calais, 550 doses attendaient des candidats pour 70 rendez-vous prévus. A Gravelines (dans le Nord), 600 doses non utilisées ont dû être restituées. Pendant ce temps, le produit concurrent, Pfizer, est toujours plus demandé par ceux qui sont éligibles aux deux injections. »

Pourtant, soyons clairs, lance Libération : « les autorités sanitaires européennes ont réaffirmé leur confiance dans ce vaccin, soulignant les très faibles cas de thrombose par rapport au nombre considérable de vaccinés et donc le bénéfice majeur qu’il continue à apporter comparé au risque d’attraper le Covid et d’en mourir. Se détourner massivement de l’AstraZeneca aurait pour première conséquence de prolonger encore les contraintes sanitaires. »

Faire confiance…

C’est vrai, reconnait La Voix du Nord, « il est sain que le public veuille savoir ce qu’on lui inocule. C’est notre corps et notre santé. L’inconvénient est que, même si on nous explique, à moins d’être biologiste, on ne comprendra pas. Et que même si on est justement biologiste, on ne peut pas être sûr qu’il n’y ait pas eu d’erreurs dans la fabrication de "sa" dose. Bref, il faut faire confiance, estime La Voix du Nord. Faire confiance aux institutions sanitaires qui valident les vaccins, aux médecins qui encouragent à se protéger, aux labos qui produisent et aux politiques qui décident. Et faire confiance en acceptant la part inhérente d’impondérable que recèle toute actions humaine, surtout d’envergure. Ce qui est sûr, conclut le quotidien nordiste, c’est qu’il faut vacciner beaucoup et vite… »

Le nouveau calendrier peut-il être tenu ? 

En attendant que la campagne de vaccination fasse son effet : « la France re-reconfinée », s’exclame La Provence. « Après un long week-end de respiration, le pays est mis sous cloche une troisième fois. Après la "tolérance" de ces dernières heures, l’exécutif a annoncé des contrôles renforcés sur le respect des règles du confinement. » Objectif affiché du président Macron : rouvrir progressivement le pays à partir de la mi-mai. Alors, « le nouveau calendrier peut-il être tenu ? », s’interroge Le Monde en première page. En effet, « du programme de vaccination à celui de la réouverture partielle de certains lieux culturels et des terrasses, les incertitudes restent nombreuses », pointe le quotidien du soir. Sur plan hospitalier, « la plupart des soignants des services de réanimation jugent irréaliste l’annonce d’un renforcement massif des capacité d’accueil d’ici à la fin avril. » Et pour ce qui est de l’opinion, « une majorité de la population (61%) marquée par les épisodes précédents et les reports successifs, doute que les engagements puissent être tenus. »

Les Anglais, les Allemands, les Espagnols avant nous ?

En effet, précise Le Monde, « résiliente mais lassée, impatiente de renouer avec l’"art de vivre à la française" décrit avant la crise par le chef de l’Etat, la population pourrait difficilement encaisser une nouvelle déconvenue. "L’exécutif ne sera sans doute pas jugé sur le nombre de morts, les chiffres ne veulent plus rien dire. Mais son action sera scrutée à l’aune de ce que font nos voisins", prédit Brice Teinturier, directeur général délégué de l’institut de sondage Ipsos. Déjà mis en cause en janvier pour la lenteur de la France dans la course aux vaccins en Europe, Emmanuel Macron peut difficilement se permettre de voir les Allemands ou les Espagnols reprendre avant les Français le cours d’"une vie plus normale". »

Mais c’est déjà un peu le cas… « La situation s’améliore chez nos voisins », constate Le Parisien. « Vaccination massive, confinement strict, mesures localisées... Les méthodes ne sont pas les mêmes et pourtant, le résultat est là : au Royaume-Uni, en Espagne et au Portugal, le nombre de contaminations a dégringolé depuis le début de l’année. (…) Nos voisins entrevoient déjà les jours heureux. »

 

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