Revue de presse française

À la Une: le Royaume-Uni désuni

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Installation du matériel de vote pour les élections législatives locales écossaises du 6 mai 2021. Le 4 mai à Édimbourg.
Installation du matériel de vote pour les élections législatives locales écossaises du 6 mai 2021. Le 4 mai à Édimbourg. © REUTERS - RUSSELL CHEYNE

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« Le Brexit va-t-il avoir la peau du Royaume-Uni ? », s’interroge Libération. « En pleine pandémie mondiale, le gouvernement britannique fait face à une autre crise, politique cette fois. Ce jeudi sera décisif pour l’ancien empire et son Premier ministre. Et c’est en Écosse et au pays de Galles, dans le cadre d’élections parlementaires régionales, que tout va se jouer. Car le Royaume-Uni, si fier de son identité, se morcelle. L’union solide, tant vantée par le gouvernement de Boris Johnson, se dégrade doucement. Et face aux désirs d’émancipation se dévoile le manque d’une vision unioniste portée par les partis politiques traditionnels, conservateur et travailliste. »

Envies nationalistes

En effet, poursuit Libération « depuis 2016, et le référendum sur le Brexit, les envies nationalistes se sont réveillées dans les nations écossaise, galloise et irlandaise, avides de changement et de souveraineté. La crise du coronavirus a creusé encore un peu plus les divisions. En un an, les mouvements pro-indépendance ont atteint un soutien jamais vu auparavant. »

Et attention, précise Le Figaro, « en cas de nette victoire des indépendantistes aux élections du Parlement local ce jeudi, les Écossais vont demander de plus belle à "reprendre le contrôle", comme le scandaient les Brexiters. La première ministre écossaise a encore averti Londres de sa détermination, avant-hier. Nicola Sturgeon a affirmé que seuls les tribunaux pourraient empêcher un référendum. »

L’Écosse prête pour l’indépendance ?

« La dynamique souverainiste et identitaire, c’est un peu comme une réaction chimique en chaîne, souligne Ouest France. Il est plus facile de déclencher la fragmentation que d’en maîtriser le cours. Londres honnissait Bruxelles au point de divorcer ; Édimbourg a tout autant de raisons de nourrir le même sentiment à l’égard de Londres. D’autant plus que le Brexit, largement rejeté en Écosse lors du vote référendaire de 2016, a chassé les Écossais de l’Union européenne contre leur gré. »

« Sept ans après la courte victoire du "non" à un premier référendum, concluent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, la Première ministre écossaise espère remporter ces élections législatives pour pouvoir obtenir un nouveau référendum d’indépendance. Tel un culbuto, BoJo, Boris Johnson, reste debout en Angleterre mais donne le tournis au Royaume-Uni et à l’Europe. »

La zizanie à droite

À la Une également, la politique en France, avec le pataquès entre LR et LREM en région Provence Alpes Côte d’Azur dans la perspective des prochaines régionales. 

Ça n’est pas terminé, pointe Le Parisien. « Les secousses provoquées par l’annonce de l’accord (qui a finalement capoté) entre Renaud Muselier et LREM agitent toujours la droite en Paca. Hubert Falco, le maire de Toulon, a annoncé hier qu’il quittait LR. Christian Estrosi, le maire de Nice, pourrait suivre… »

Pour Le Figaro, « la droite a limité la casse ; mais à quel prix ! Les Républicains ont gardé leur tête de liste et réussi à bloquer l’opération macroniste. Ce n’est pas rien. Mais la violence du choc, les méchancetés échangées, les huis clos fuitant en direct, les postures outrées et contradictoires, tout cela a ravivé le souvenir de drames mortifères pas si anciens. »

De quoi conforter le RN

Et pendant ce temps, Marine Le Pen se frotte les mains. « Le combat anti-Le Pen, qui devrait supplanter tous les autres, reste pour le moment phagocyté par l’impitoyable rivalité entre ses opposants, constate Le Monde. La présidente du RN en profite pour accentuer la pression sur les électeurs de droite révulsés par un rapprochement avec le chef de l’État qu’elle combat. Elle le fait au moment où personne ne juge utile de disséquer son programme ni de pointer ses multiples contradictions. Elle a endossé la dédiabolisation, mais répondu positivement à la pétition de militaires factieux qui prétendent réagir au "délitement" du pays, parue le 21 avril sur le site de Valeurs actuelles. Il est plus que temps, conclut Le Monde, de lui demander des comptes. »

Covid-19 : la décrue ?

Enfin, l’épidémie de Covid-19 en France : « un début de baisse », s’exclame La Dépêche en première page. « Pour l’heure, la décrue qui semble s’amorcer est lente, fragile, mais réelle. De quoi conforter dans ses choix et ses paris Emmanuel Macron qui s’est affranchi des seuls avis des scientifiques pour prendre en compte d’autres critères économiques et sociaux notamment. »

Mais on sait que tout peut basculer. Sans jouer les oiseaux de mauvaise augure, Paris-Normandie annonce que deux cas de variant indien ont été détectés chez des marins dans le port du Havre. 

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