Revue de presse française

À la Une: déconfinement, l’impatience grandit

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Les terrasses françaises pourront réouvrir le 19 mai 2021, avec 50% de leur capacité.
Les terrasses françaises pourront réouvrir le 19 mai 2021, avec 50% de leur capacité. © AP - Christophe Ena

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C’est ce mercredi 19 mai que les Français vont retrouver les terrasses de cafés et restaurants, les musées, les cinémas et les magasins. Mais certains quotidiens trépignent ce matin. « Impatients de rouvrir ! », lance L’Ardennais. « Vivement mercredi ! », s’exclame L’Union. « J-3 pour les cinémas », notre Libération Champagne. « L’épidémie recule, la délivrance approche », exulte Le Parisien.

En effet, précise le journal de la capitale, « le compte à rebours n’affiche plus que 72 heures. Et déjà les places s’arrachent en terrasse. "C’est un peu la galère pour en trouver", s’étonne Michaël, 30 ans, qui imagine déjà sa soirée du 19 mai "sur un rooftop, avec des tapas, des cocktails et pleins de potes". Marie, son amie, acquiesce : "C’est le symbole de la délivrance". »

Doucement mais sûrement

Pour autant, s’interroge Le Parisien, « ce retour à la vie d’avant ne risque-t-il pas de faire monter en flèche l’épidémie ? Il est vrai que le virus circule à un niveau bien plus élevé que lors du premier déconfinement et que la situation reste fragile. Mais le calendrier du déconfinement est ambitieux, pointe le journal. Cette fois-ci, plus question de refaire la même erreur, à un an d’intervalle, en ouvrant les vannes du jour au lendemain. Ce mercredi, seules la moitié des terrasses seront accessibles puis totalement occupées le 9 juin, avec 50 % de l’intérieur et une levée des restrictions dix jours plus tard. Les sièges des cinémas et théâtres ne seront remplis qu’à 35 % et pour commencer, les musées, bibliothèques, magasins devront respecter la règle des 8 m2 par personne. "C’est assez bien vu de la part de l’exécutif, note cet épidémiologiste interrogé par le journal. Il y a deux semaines entre chaque échéance, ce qui permet d’évaluer l’impact sur les hospitalisations et d’ajuster les contraintes si cela s’avère nécessaire". »

Pari tenu pour Macron ?

En effet, note Sud-Ouest, « Emmanuel Macron est en passe de réussir son pari, même si tout reste encore fragile. […] Depuis trois semaines, l’épidémie a reculé, et cela surtout grâce à la vaccination qui, après des débuts laborieux et chaotiques, est montée en puissance pour trouver un rythme de croisière soutenu, quoiqu’encore insuffisant. Mais aussi, remarque encore Sud-Ouest, grâce à un pilotage assez fin dans la crise, une navigation au plus près qui a su éviter les écueils et concilier les contraintes, comme ce 29 janvier où le président refusa un nouveau confinement que tentaient de lui imposer des médecins ou des scientifiques à courte vue. On saura dans un an, conclut le journal, si les Français en sont reconnaissants à Emmanuel Macron ou s’ils sont passés à autre chose. »

Vivement l’éclaircie !

En attendant, Libération s’enthousiasme : « mercredi, à nouveau, on pourra dire qu’on est en terrasse (malgré la météo maussade de ce mois de mai). […] Cela tiendra du manifeste hédoniste, même si on gardera nos distances et nos manteaux, de peur qu’on nous renvoie au vestiaire sanitaire. Sous l’averse, on rallumera les lamparos interdits. Dans la tempête, on se cramponnera aux parasols devenus parapluies et on aura l’impression d’avoir passé le cap Horn de la prohibition. Malgré l’année perdue et les limonadiers sacrifiés, on sera à nouveau partie prenante de la société des cafés. Et, nez au vent, on guettera l’éclaircie qui précède l’embellie. »

Israël-Palestine : « escalade et désolation »

À la Une également, « Israël durcit ses bombardements sur la bande de Gaza », constate Le Figaro. « Le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, s’est déclaré "consterné par le nombre croissant de victimes civiles". Mais l’organisation n’a accouché d’aucune proposition. »

« Les missiles israéliens ont tué ce dimanche au moins 42 personnes à Gaza, selon les secours locaux, le bilan quotidien le plus lourd depuis une semaine, relève Le Monde. Cette nuit, Israël poursuivait ses raids aériens visant "des cibles terroristes". »

« L’escalade et la désolation », soupire La Croix en Une.

Pour une citoyenneté partagée

Pour la chercheuse Sylvaine Bulle, autrice d’un récent ouvrage sur la Sociologie de Jérusalem, interrogée par Mediapart, « on est dans une situation où le "peuple-ethnos" a remplacé le "peuple-démos". En clair, l’État d’Israël est de plus en plus juif et de moins en moins démocratique. Le sionisme n’est plus un projet sociétal et politique, mais un régime de gouvernement. Ce qu’il faut reconstruire, estime Sylvaine Bulle, c’est le lien entre l’identité nationale juive et la démocratie, avec le droit aux minorités palestiniennes d’en faire partie. Il s’agit de bâtir un modèle de justice et de reconnaissance mutuelle, pour lequel ni les extrémistes religieux juifs, ni le Hamas, au passage, ne sont des candidats très convaincants. […] Ce qu’il faut rechercher, c’est une diplomatie du quotidien, un rapprochement communautaire à partir de dispositifs concrets. Il faut rechercher des traductions juridiques, politiques, de ce que serait une citoyenneté partagée, une véritable égalité civique. »

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