Revue de presse française

À la Une: une diplomatie bien laborieuse pour le Proche-Orient

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Une boule de feu éclate d'un immeuble du quartier résidentiel de Rimal à Gaza le 16 mai lors d'un bombardement israélien sur l'enclave contrôlée par le Hamas.
Une boule de feu éclate d'un immeuble du quartier résidentiel de Rimal à Gaza le 16 mai lors d'un bombardement israélien sur l'enclave contrôlée par le Hamas. © Bashar Taleb/AFP

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C’est du moins ce que constate Le Figaro : « Depuis huit jours l’administration américaine bloque toute décision des Nations-Unies qui pourrait être contraire à ses intérêts et à ceux d’Israël, dont les forces de défense veulent avoir suffisamment réduit les capacités militaires du Hamas avant d’accepter une pause. Mais, alors que les démarches bilatérales se multiplient (…), le président Joe Biden a finalement appelé Israël hier à une rapide "désescalade". Une démarche peut-être annonciatrice d’une trêve, tant il est vrai qu’il ne peut y avoir au Proche-Orient de solution diplomatique sans l’engagement de Washington. Au milieu de la ruée diplomatique, l’Union européenne, divisée, reste aux abonnés absents. »

En tout cas, « en attendant que le calme revienne, des questions surgissent déjà, pointe encore Le Figaro. La doctrine israélienne consistant à frapper le Hamas dès qu’il devient militairement trop dangereux et que ses provocations sont intolérables, cette doctrine est-elle toujours suffisante pour contenir dans la durée la pression palestinienne ? Ou bien le conflit risque-t-il de sortir de sa boîte pour gagner les villes israéliennes et tomber aux mains d’une nouvelle génération de Palestiniens moins liés aux organisations politiques ? »

Les arabes israéliens : des citoyens de seconde zone ?

« Israël : une coexistence à rebâtir », titre pour sa part La Croix.

En effet, pointe le quotidien catholique, « les Israéliens cherchent à comprendre les violences qui ont eu lieu dans les villes mixtes, où la coexistence se vit d’habitude de manière apaisée. Et certains ouvrent les yeux sur le sentiment de relégation vécu par certains de leurs concitoyens palestiniens. (…) Même circonscrite (pour l’instant), l’alerte n’en reste pas moins chaude pour la société israélienne. Les multiples appels à l’unité lancés ces jours-ci, sous forme de spots publicitaires, par des entreprises ou des hôpitaux employant Arabes et Juifs, le prouvent. "Ces violences créent une prise de conscience : celle que les 20 % d’Israéliens arabes n’ont pas les mêmes droits que les autres et qu’il faut y remédier", reconnaît Ofer Bronchtein, le président du Forum international pour la paix, qui n’espère qu’une chose : que le sursaut ne soit pas un feu de paille. »

Police en colère et justice en déshérence…

À la Une également, « la démonstration de force » des policiers hier : c’est le grand titre du Parisien. « Deux semaines après la mort du brigadier Eric Masson à Avignon, les syndicats ont mobilisé plusieurs milliers de policiers devant l’Assemblée nationale pour exiger une justice plus sévère. »

Ce qui est sûr, c’est que « la justice française est le parent pauvre de l’Europe », relèvent Les Dernières Nouvelles d’Alsace. « La hausse inédite de 8% du budget 2021 de la justice ne suffira pas à combler les carences du pays des droits de l’homme. Là où l’Hexagone consacre 69 euros 50 par habitant à la justice, l’Allemagne en investit 131 et les onze pays ayant un PIB par habitant équivalent à celui de la France 84. Notre pays compte 10,9 juges professionnels et 3 procureurs pour 100 000 habitants, contre respectivement 17,7 et 7,7 pour la moyenne européenne. Laissée-pour-compte du budget français comme du débat public, la justice, pointe encore le quotidien alsacien, est la victime expiatoire d’une société saisie par l’émotion, l’impatience et la vindicte. En pleine campagne électorale, il est ainsi plus profitable de vendre un tour de vis répressif et sécuritaire que de promettre une hausse des moyens alloués à la justice et à la prévention. Les tribunaux méritent pourtant mieux que des tribuns. »

Un sentiment de liberté… mais…

Enfin, « c’est si bon ! », s’exclame Sud-Ouest.

« Le retour à une vie presque normale », pointe Presse Océan.

« Un sentiment de liberté », relève La Voix du Nord.

En effet, en ce premier jour de déconfinement partiel hier, les Français se sont rué sur les terrasses et dans les magasins, ont rempli les salles de cinéma, ou encore ont investi les musées…

Mais attention tout de même, prévient Libération, « nous allons devoir vivre avec une double épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, sanitaire et économique. » Car « dans le domaine du coronavirus et de ses variants, personne ne peut prédire ce qu’il en sera demain. » Et sur le plan économique, « l’heure de vérité sonnera quand les aides de l’État s’interrompront. (…) Qu’en sera-t-il, s’interroge Libération, quand la perfusion sera retirée, alors même que les incertitudes demeurent sur l’avenir proche ? »

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