Revue de presse française

À la Une: champions !

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Dimanche 23 mai 2021, le LOSC a gagné 2-1 son match contre Angers, remportant ainsi le titre de champion de France.
Dimanche 23 mai 2021, le LOSC a gagné 2-1 son match contre Angers, remportant ainsi le titre de champion de France. © AP - Lewis Joly

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« Champions ! », avec un point d’exclamation : c’est le grand titre, simple et précis, de La Voix du Nord. Lille, champion de France de football : « les Lillois n’ont pas tremblé hier soir, au moment d’achever une saison historique en s’imposant 2 buts à 1 à Angers. Le LOSC décroche le quatrième titre de champion de France de son histoire, provoquant la liesse de ses supporters. »

En effet, constate le quotidien nordiste, les forces de l’ordre, qui avaient bouclé la Grand-Place de Lille, ont dû céder… « Il fallait laisser la fête se dérouler là, sur le pavé, sur la place historique. Au final, des centaines puis des milliers de fans du club lillois se sont retrouvés au pied de la Déesse, sous les fenêtres de La Voix du Nord et du Théâtre du Nord, pour danser, chanter, craquer des fumigènes, lancer des feux d’artifice… La fête a été à la hauteur de la frustration du peuple lillois, privé de stade, privé de contacts avec son équipe de cœur depuis de longs mois. Alors, bien sûr, les gestes barrières n’étaient plus respectés, pointe encore le quotidien nordiste, le port du masque devenu très aléatoire, la jauge de 1.500 multipliée par 4 ou 5, mais la fête se déversait comme une vague qu’on ne peut pas arrêter. »

De Tarantino à l’inspecteur Derrick

Le Parisien, le journal, reste beau joueur : « Bravo Lille ! (…) C’est un Ch’titre ! », s’exclame le quotidien francilien. « Lille est le champion de France 2021 au nez et à la barbe du PSG. Il fallait une victoire aux Nordistes pour s’assurer du sacre, ils n’ont jamais tremblé à Angers, en matant un adversaire totalement démobilisé. Le club de la capitale n’a jamais été virtuellement champion, les Dogues tirant les premiers. La dernière journée aura choisi de mettre des charentaises, remarque Le Parisien, et de la jouer pépère alors que tout l’exercice 2020-2021 aura séduit par ses rebondissements permanents, ses retournements incessants, Lyon, Paris, Lille et même Monaco croyant chacun son tour au Graal. 37 journées à faire le punk pour, au final, boire une verveine menthe : la Ligue 1 a commencé comme un Tarantino et a fini sur une rediff de l’inspecteur Derrick. »

« Les plus hauts de France », lance pour sa part L’Équipe. Logique, pour le quotidien sportif : « les hommes de Christophe Galtier n’ont été battus seulement qu’à 3 reprises en cette saison de L1 (alors que le PSG a subi 8 défaites…). »

Christophe Galtier qui fait la Une de La Provence, les bras levés en signe de victoire, avec ce titre : « un marseillais champion ! »

L’entraîneur lillois est en effet natif de Marseille, et ancien Olympien, puisqu’il a porté les couleurs de l’OM de 82 à 87, puis de 95 à 97, avant d’en être l’entraîneur adjoint de 99 à 2001.

Macron et les Youtubeurs : la politique du vide ?

À la Une également, la rencontre entre Emmanuel Macron et McFly et Carlito. « Le président de la République, qui avait défié les deux Youtubeurs en février, a accepté comme promis de les recevoir au palais de l’Elysée pour un échange humoristique, relève Le Parisien. Mais, pointe le journal, la vidéo de la rencontre n’a pas fait sourire tout le monde et a agacé jusque dans sa majorité. » En effet, « derrière le ton potache, un pari très politique », estime Le Parisien.

Pour Le Figaro, « cette vidéo est sans précédent dans l’histoire de la communication politique. Elle est donc tout sauf anecdotique, et dit quelque chose de grave sur la manière dont le pouvoir envisage désormais la communication et la fonction politique aujourd’hui. »

Même consternation pour Les Dernières Nouvelles d’Alsace : « la séquence n’est pas qu’embarrassante. Elle est aussi très révélatrice de l’état de décomposition avancé du discours politique et de l’achèvement de cette société du spectacle prophétisée par Debord. La communication d’entreprise comme ersatz de la politique, le vide comme moyen de captation. À défaut de savoir parler à la jeunesse, conclut le quotidien alsacien, il s’agit de la distraire, d’entrer dans son champ de vision. Le nombre de vues sur Internet étant supposé valoir vote et adhésion. »

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