Revue de presse française

À la Une: l’insupportable décompte

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Des fleurs et un portrait de Stéphanie Di Vincenzo, à Hayange, dans l'Est de la France, le 25 mai 2021. La jeune fille de 22 ans aurait été tuée par son compagnon dans la rue, dans la nuit du 23 au 24 mai 2021.
Des fleurs et un portrait de Stéphanie Di Vincenzo, à Hayange, dans l'Est de la France, le 25 mai 2021. La jeune fille de 22 ans aurait été tuée par son compagnon dans la rue, dans la nuit du 23 au 24 mai 2021. © AFP - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

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C’est le grand titre du Dauphiné. On en est en effet à 43 depuis le début de l’année : 43 femmes assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint. Dernier drame en date, pointe le quotidien grenoblois : « la mort de Stéphanie Di Vincenzo, poignardée en pleine rue à Hayange (en Moselle) dans la nuit de dimanche à lundi. Un crime dont est soupçonné son conjoint, contre lequel elle avait porté plainte. Si le procureur de la République se défend de tout "dysfonctionnement", ce nouveau drame soulève la question des suivis judiciaires. »

« Hayange : le féminicide de trop », s’exclame Le Républicain Lorrain. Interrogée par le journal, Yuna Miralles, coordinatrice au collectif #NousToutes, s’insurge : « comme les 42 autres qui l’ont précédé, ce féminicide aurait pu être évité, surtout au vu des informations de ces dernières heures : la jeune femme avait déposé une plainte et une main courante. Ce crime s’inscrit comme les autres dans un continuum de violence, dénonce-t-elle. Il y avait des signaux d’alerte. Les forces de l’ordre étaient au courant de la situation. La réalité, c’est que la France n’est pas capable de protéger la vie d’une femme victime de violences. »

Prévention : un cap doit être franchi

L’une des solutions serait la généralisation des bracelets anti-rapprochement : c’est ce que relève Le Maine Libre. Un « dispositif qui vise à s’assurer qu’un auteur de violences conjugales respecte l’interdiction d’entrer en contact avec sa victime. (…) Le tribunal du Mans en a reçu trois en décembre dernier, précise le journal. Ce nombre est identique dans toutes les juridictions de l’Hexagone. » Mais est-ce suffisant ?

Pour Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « les pouvoirs publics ne sont pas inactifs, mais un cap doit être franchi. Les services de l’État et les nombreuses associations qui luttent contre les violences faites aux femmes, elles qui sont au plus près des victimes et qui peuvent réagir dans l’extrême urgence, manquent cruellement de moyens. Il est impératif de les aider, estime le quotidien alsacien, et de multiplier parallèlement les ordonnances de protection. Dans ce domaine plus que dans tout autre, les incantations ne suffisent pas. Ce combat est un combat de tous et de tous les instants. Il est celui du gouvernement, des individus, de l’école, de la police, de la justice. Ce combat est celui de la société, il est avant tout celui de chacun d’entre nous. »

Biélorussie : « l’impunité n’est plus une option ! »

À la Une également, haro sur Loukachenko ! La presse dénonce avec force les agissements de celui qu’elle qualifie de dictateur.

« Après l’interception d’un avion de ligne par le régime d’Alexandre Loukachenko, l’Union européenne et le monde démocratique doivent réagir avec fermeté et unité pour préserver un minimum d’ordre sur la planète. L’impunité n’est plus une option », s’exclame Le Monde. « Car au-delà du sort infligé à Roman Protassevitch et aux centaines de détenus politiques enfermés dans les geôles de Loukachenko, l’opération biélorusse, soutenue par Moscou, fragilise un peu plus un système juridique international constamment attaqué par les régimes autoritaires à travers le monde. Du missile russe qui a abattu le vol MH17 au-dessus de l’Ukraine en 2014 à l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à Istanbul ou à la prise en otage de deux ressortissants canadiens par Pékin, les violations du droit international se multiplient et la répression sans frontières s’intensifie. »

En effet, soupire La Croix, « cette affaire illustre combien les règles qui président aux relations internationales se trouvent de plus en plus souvent battues en brèche par des gestes de rupture qui, en l’occurrence, s’apparentent à une forme de terrorisme d’État. »

L’UE efficace

« Pour une fois, l’Union européenne a réagi vite et unie, se félicite Sud-Ouest. Il le fallait, car c’est bien un vol intérieur entre deux pays membres de l’Union (la Grèce et la Lituanie) qui a été intercepté par la chasse biélorusse. Et la coordination immédiate avec les États-Unis pour tenter d’isoler un peu plus le régime par de nouvelles sanctions ciblées est de bon augure si l’Europe veut enfin se faire respecter. Et faire comprendre que ses intérêts géopolitiques incluent le soutien résolu à ceux qui ont encore le courage de se dresser face à l’appétit répressif, désormais sans bornes, des États totalitaires. »

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