Revue de presse française

À la Une: 20 milliards pour sortir de la crise

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Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire.
Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire. © Ian Langsdon/AP

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« 20 milliards d’euros supplémentaires pour sortir du "quoiqu’il en coute" », c’est ce qu’affiche la Une du Monde. Le journal décortique le projet de loi de finances rectificatives qui sera présenté le 2 juin. Un budget rectificatif qui sera ensuite débattu à l’Assemblée nationale à partir du 11 juin mais qui reflète bien pour Le Monde « l’incertitude qui plane sur l’économie tricolore au moment où les Français renouent peu à peu avec une vie normale ».

En tout cas, sur la table, il y a un « coup de pouce fiscal très attendu par les entreprises », observe Les Echos. C’est une « mesure technique en apparence » mais qui va « soulager fortement la trésorerie des entreprises », affirme le quotidien économique. Concrètement « les entreprises pourront imputer leur déficit sur les trois exercices précédents et non sur un seul ».

La crise sanitaire laisse des traces dans les comptabilités et sur la santé mentale également

On parle d’argent, on parle d’argent, mais parlons de santé ! Et pourra-t-on réellement s’étonner de constater « un recours accru aux anxiolytiques et autres hypnotiques ». C’est Le Monde encore qui nous alerte, « L’analyse de 4 milliards de prescriptions depuis mars 2020 confirme la dégradation de la santé mentale des Français ». 

Alors que les personnels de la Sécurité Sociale eux subissent un « grand stress ». Ça, c'est l’Humanité qui nous le dit : « Le coronavirus a exacerbé les tensions au sein des agents. Les délais de traitement des dossiers des assurés s’allongent. Les sous-effectifs est pesant », écrit le quotidien. On revient donc finalement à l'argent.

Et dans le même temps, la politique….

Qu'on se rassure… « L’ultra droite étend sa toile sur Internet, moins puissante qu’en Allemagne, mais violente, cette extrême droite est influente en France, surtout sur Youtube » note Le Monde. Oui les Français « se droitisent à l’approche des régionales », confirme Les Echos, sondage Régio Track Opinion Way à l’appui. Si le premier tour des régionales avait lieu dimanche, 27% des personnes interrogées déclarent qu'elles voteraient pour Les Républicains et leurs alliés, 26% pour l'extrême droite et le Rassemblement national.

Or dans le même temps, avant 2022, à un an de la présidentielle Emmanuel Macron lui  « dessine sa France », rapporte Le Monde. Le président a en effet livré un entretien au magazine Zadig. « Ma France c'est une carte sensible », affirme-t-il. Emmanuel Macron y trace sa « géographie intime » de l'hexagone, son « rapport charnel à la France ».

Une carte postale bien loin de l'ultra violence française et de l'impunité décrite aujourd'hui par Le Figaro

Face à l'insécurité, la politique masque mal son impuissance, estime l'édito. Et résultat, le torchon brûle toujours entre police et justice. Le Figaro revient sur « les raisons de la discorde » et sur une table ronde hier, « une semaine après la manifestation des policiers et leur prise à partie du garde des sceaux ». Un sondage ici aussi et, s'il fallait déterminer des responsabilités, qu'on se le dise : « Les Français soutiennent davantage la police que la justice ». Pourtant « à chaque épisode de cette dislocation, la chorégraphie est la même ; analyse Le Figaro, Indignation, condamnation, demande de moyens, proposition législative, débat, polémique et le manège termine son tour ». Rien ne change, déplore Le Figaro.

Un grand changement promis du côté de Total...

Total, le géant pétrolier « se repeint en vert », c'est la Une de L'Humanité. « Les actionnaires doivent valider aujourd'hui un nouveau nom » en assemblée générale, « Total Energies », symbole d'une nouvelle politique énergétique tournée vers les renouvelables. Pourtant, pour L'Humanité il est clair que « l'entreprise raffine son image » : en somme, ce plan, c'est « une pincée de vert et encore bien trop de fossiles ». Libération revient lui aussi sur « l’envers de ce virage vert ». « Prise de conscience ou intérêt économique ? », se demande le journal. En tout cas, si Total « cherche à se verdir », l'entreprise aux 200 milliards de chiffres d'affaires « n'abandonne pas pour autant l'or noir » et les hydrocarbures, « malgré ses promesses de réduction des émissions carbone ».  Libération en veut pour preuve l'exploitation du pétrole des rives du Lac Albert en Ouganda. Un projet censé démarrer en 2025 et qui affectera des parcs naturels ainsi que « des dizaines de milliers de cultivateurs locaux ».

Un manque d'éthique de Total justement pointé du doigt en Birmanie...

Alors que « la Birmanie étouffe sous la répression de la junte », nous prévient Le Monde, Total - accusée par des ONG internationales - a « décidé de réduire ses versements aux généraux birmans ». Oui, la Junte birmane était jusque-là « une conjointe idéale de Total », abonde Libération. « Présente depuis près de trente ans dans le pays, la compagnie a été accusée à plusieurs reprises d'être le principal soutien financier du régime militaire ». Libération reprend ici les récentes révélations du Monde attestant que le groupe aurait partagé ses juteux revenus gaziers avec les généraux. On parle de centaines de millions de dollars sur plusieurs années. Finalement, souligne Libé, « entre Total et la Birmanie, c'est une longue histoire avec peu de compromis, mais beaucoup de compromissions ». On en revient donc encore et toujours à l'argent.

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