Revue de presse française

À la Une : la police une nouvelle fois attaquée

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Des gendarmes de l'unité du GIGN poursuivent un suspect dans une attaque au couteau qui a gravement blessé une policière de la ville de La Chapelle-sur-Erdre, près de Nantes, le 28 mai 2021.
Des gendarmes de l'unité du GIGN poursuivent un suspect dans une attaque au couteau qui a gravement blessé une policière de la ville de La Chapelle-sur-Erdre, près de Nantes, le 28 mai 2021. © Loïc Venance/AFP

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Cela deviendrait presque une triste rengaine et les journaux le voient bien ce matin. « La police encore ciblée », affiche Le Parisien Aujourd’hui en France. « Une nouvelle fois, les forces de l’ordre sont touchées dans leur chair, attaquées dans leurs propres locaux », écrit le quotidien. En effet, hier « une policière municipale de 47 ans en poste à La-Chapelle-sur-Erdre [près de Nantes] en Loire Atlantique a été frappée de plusieurs coups de couteau » à la cuisse. Le Parisien retrace le fil des évènements. L’assaillant, un Français de 39 ans lui a ensuite subtilisé son arme avant d’ouvrir le feu et de blesser par balle deux gendarmes, « à l’issue d’une traque de près de trois heures ».

Deux cent cinquante gendarmes mobilisés au total, « une ville en état de siège » dans laquelle le journal livre un reportage qui sent la peur. Si la policière est finalement hors de danger, l'assaillant quant à lui « visé par des tirs de riposte des militaires », a finalement succombé à ses blessures. Ce qui laisse « entrouvertes les spéculations sur ses motivations », estime Le Parisien. Mais pour lui, c'est certain, c’était « un vendredi funeste ».

Un vendredi noir de plus

C’est « une intolérable série noire », s’agace Le Figaro. « La mort, la mort toujours recommencée ». « À cette heure, la qualification terroriste n’est pas retenue par la justice » prévient l’édito, mais il semble trancher : « C’est un fait, les vendredis rouges se suivent et ensanglantent la France. Le jour de la prière, les fanatiques poursuivent leur œuvre barbare », lit-on. Le journal rappelle alors les mots de l’écrivain algérien Boualem Sansal, écrits mardi dans ses propres colonnes : « La France en est là, sonnée, groggy, pieds et poings liés, enrôlée à son insu dans le jihad planétaire. »

Face à cela, Le Figaro, fidèle à lui-même, préconise un tour de vis sécuritaire. Il s’agace de plus belle, en temps de covid, « impitoyables avec le port du masque, le bistrotier du coin et la promenade nocturne [nous sommes] faibles avec ceux qui nous narguent, nous insultent, nous menacent et, pour finir, nous tuent ».

Le profil de l’assaillant au goût de « déjà-vu »

Pas de revendication, pas de lien terroriste donc pour le moment, mais le profil de l’assaillant a effectivement un certain goût de déjà-vu. Il interpelle en tout cas les journaux. « Signalé pour une pratique rigoriste de l’islam et souffrant d’une schizophrénie sévère », Libération nous le présente. Un homme bien connu des services de police, à peine sorti de prison pour des faits de vol aggravé et séquestration sur personne âgée selon La Voix du Nord. Un individu désormais connu « pour être dans la religion plus plus » révèle une source de Libé. « Dans sa cellule, c’était juste une télé et prière, prière… », explique-t-elle. En somme, « un détenu particulièrement repéré et parfaitement signalé ». Or, les sources de Libération l’affirment également : l’homme était suivi depuis qu’il a retrouvé la liberté le 22 mars. Oui, nous dit-un autre interlocuteur anonyme « sa sortie de prison avait été bien préparée par le service pénitentiaire d’insertion et de probation de Nantes ». Nous voilà donc rassurés.

Un espoir de retour à la normal dans le monde de la culture

Voilà peut-être de quoi nous rassurer en revanche et souffler un peu ! On ouvre évidemment la page Covid comme, peut-être pour mieux la tourner. « Un concert test » est prévu ce soir, rappelle Le Monde. Et avec lui, « l'espoir d'une vie culturelle normale ». C'est le groupe mythique Indochine qui sera sur scène, non pour un show ordinaire, Le Monde l'annonce : huit mois de préparation. 7.500 personnes sélectionnées au total, entre 18 et 45 ans. « Ce qui, ironise Le Monde, pour une pour un groupe comme Indochine, né en 1981 et comptant de nombreux fans chez les quinquas et les sexagénaires n'était pas évident ».

Qu'importe... 5 000 personnes assisteront donc au concert, ce samedi soir, dans la fosse de Bercy, « sans distanciation sociale » mais avec un masque, souligne Le Monde. Les 2 500 autres personnes seront dans un groupe dit « de contrôle » et resteront à la maison. Pas de chance pour eux, Grégory, agent immobilier de 41 ans témoigne. Il craint ainsi « d'avoir fait le cobaye pour rien », car depuis mercredi tous ont déjà dû se rendre à Bercy pour être testés. Ceux qui renverront leur test salivaire sept jours après le concert recevront quand même un cadeau, précise enfin Le Monde. On ignore lequel mais qu'on se le dise, le vrai cadeau, ce sont eux qui pourraient nous le faire si ce test est concluant.

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