Revue de presse française

À la Une: Les visages de l’abstention

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Le premier tour des élections régionales et départementales devrait faire l'objet d'une abstention record ce dimanche 20 juin 2021.
Le premier tour des élections régionales et départementales devrait faire l'objet d'une abstention record ce dimanche 20 juin 2021. AFP - THIERRY ZOCCOLAN

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On a beaucoup parlé de l’abstention record lors du premier tour des régionales dimanche dernier, et Le Monde donne aujourd’hui un visage à cette « France des abstentionnistes ». Le journal cartographie à travers l’hexagone « les profils des non-votants et enquête sur leurs motivations ». À Strasbourg notamment, « alors que le Grand-Est a connu l’abstention la plus élevée », rencontre avec les habitants du quartier Neudorf. Catherine 47 ans, est en colère parce qu’elle n’a reçu aucun tract : « Je ne connaissais même pas leur tête, je me suis abstenu », témoigne-t-elle. Julien a 26 ans et, entre amis, « on parle de foot et de meufs, la politique non », affirme-t-il. Ou bien Danièle, 55 ans qui, elle a tout simplement oubli. En fait, ce sont surtout des discours d’indifférence nous dit Le Monde, voire de lassitude. On les retrouve à Clichy-sous-Bois en région parisienne, à Bordeaux dans le Sud-Ouest ou bien encore à Lens dans les Hauts-de-France, fief du Rassemblement National, mais où certains électeurs d’extrême droite se sont pourtant abstenus.

Au-delà de cette abstention massive, Le Monde voit surtout « l’éclatement du paysage politique », une offre « morcelée », lit-on dans l’édito. Et le journal revient sur les critiques dressées contre le gouvernement, « à droite et à gauche », « des critiques parfois venues même du camp présidentiel ». Tous reprochent à l’exécutif de ne pas avoir reporté les élections à l’automne, comme cela avait été envisagé 

Des « règlements de compte au Conseil des ministres »

Indiscrétion du Parisien : « Des échanges houleux ont eu lieu hier entre ministres ». Scène un peu surréaliste à en croire le journal, « un clash en public ». Dans l’antichambre du conseil des Ministres, dans le salon des Aides de camp, « Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti en sont venus quasiment aux mains ». Selon Le Parisien, la cause, ce sont les déclarations de Gérald Darmanin après les régionales justement : sur France Inter, le ministre de l’Intérieur a regretté « le mauvais résultat de la liste de la majorité présidentielle dans les Hauts de France », et il a au contraire « salué le bilan » de son ami républicain Xavier Bertrand. Or, Eric Dupond Moretti le ministre de la Justice a « mouillé la chemise pour cette campagne », rappelle un proche. Il a donc reproché à Gérald Darmanin un manque de loyauté, parlant même de « trahison » selon Le Parisien.

Ambiance, alors que « peu auparavant, les esprits s’étaient déjà échauffés entre la ministre du Travail, Élisabeth Borne et celle de la transition écologique Barbara Pompili ». Motif, toujours d’après Le Parisien : le mouvement En Commun, cofondé par Barbara Pompili. Dans un tweet, ce dernier s’est félicité de la suspension de la réforme de l’Assurance chômage par le Conseil d’État. Même Emmanuel Macron était « très fâché », raconte un participant. Le président était aussi « remonté » contre l’appel de ce mouvement à soutenir une candidate PS en Bourgogne–Franche-Comté. Sachant que Barbara Pompili est assise à droite d’Emmanuel Macron lors des conseils, protocole oblige, « Un ange est passé à ce moment-là » confie un membre du gouvernement au Parisien.

Les agriculteurs, des « exploitants exploités » ?

Question posée en Une de Libération. « Alors qu’un débat sur la juste rémunération des agriculteurs s’ouvre à l’Assemblée nationale », le journal s’est plongé dans les livres de comptes de 3 exploitants. Des agriculteurs qui vivent souvent aux crochets de l’Union européenne : Selon un chercheur interrogé par Libé, « le poids des aides de la Politique agricole commune dans le revenu des agriculteurs est en moyenne de 77%, avec des disparités selon les exploitants ». Mais une chose est sûre pour ce chercheur, « aucun agriculteur ne veut des aides, ils voudraient vendre au bon prix ». Et on comprend mieux quand Libération montre les comptes de Luc Delcourt par exemple, éleveur de Charolaises de 53 ans. Environ 299.000 euros de recettes pour 2019-2020, contre 272.000 euros de dépenses. Résultat courant : 26.850 euros pour l’année, cela lui laisse 1.500 euros par mois. Pour une vie passée dans son exploitation, ce n’est pas la première fois qu’on entend cette réalité, mais Libé nous la rappelle à juste titre ce matin.

Le CAC 40, lui, ne connait pas vraiment la crise

Et oui, si la pandémie de Covid-19 a frappé de plein fouet les grandes entreprises françaises, « un choc plus sévère » qu’en 2008, nous disent Les Échos, eh bien, les géants du CAC 40 affiche déjà « un spectaculaire rétablissement ». Jamais en manque d’idées, ils ont eu su « tirer parti au deuxième semestre du redémarrage de l’activité économique dans les autres régions du monde », explique le journal économique. En effet, « la part de l’international dans le chiffre d’affaires global du CAC 40 a atteint le record de 78%. Les marchés financiers apprécient, l’indice parisien atteint des sommets inédits depuis septembre de l’an 2000 », développent Les Échos. Et nous on dit Cocorico !!!

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