Revue de presse française

À la Une: le passe sanitaire bientôt disponible pour les Français expatriés

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Plus de 200 000 personnes ont manifesté dans toute la France ce samedi 31 juillet contre l'entrée en vigueur du «pass sanitaire».
Plus de 200 000 personnes ont manifesté dans toute la France ce samedi 31 juillet contre l'entrée en vigueur du «pass sanitaire». © AP / Michel Euler

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Bien que vaccinés, des Français expatriés de retour en France ne pouvant obtenir le passe sanitaire, le secrétaire d’État au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne annonce dans Le Journal du Dimanche la mise en place de ce dispositif avec le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. « Dès cette semaine, nos compatriotes pourront déposer leur demande. Pour recevoir un QR code, il suffira d'envoyer une preuve de vaccination (pour les vaccins homologués par l'Union européenne ou leurs équivalents), avec une pièce d'identité et une preuve de résidence à l'étranger (…) Ce sera très simple », assure Jean-Baptiste Lemoyne dans Le JDD.

Le mouvement « antivax » ne faiblit pas

En France, le mouvement de contestation « antivax » prend de l’ampleur. Plus de 200 000 personnes ont manifesté lors du troisième samedi consécutif de protestation contre l’extension du passe sanitaire et la vaccination obligatoire des soignants.

« La mobilisation ne faiblit pas, au contraire », constate Le Parisien Dimanche. Lequel journal insiste sur cette mobilisation « en hausse ». Un mouvement de révolte qui défie les prédictions en cette période de vacances des Français, d’ordinaire peu propice aux mobilisations d’ampleur, et qui, au-delà du seul passe sanitaire, semble en fait cibler directement Emmanuel Macron.

« Jamais l’Élysée ne s’était retrouvé à ce point en première ligne, dans la rue, dans les médias et dans le jeu démocratique que ces quatre dernières années et, a fortiori, ces dernières semaines », signale L’Express.

Une défiance qui gagne du terrain

Bien qu’encore confus, les fondements de ce mouvement social sont de plus en plus perçus comme reflétant les nouvelles fractures socio-politiques de la France. Comme le remarque encore L’Express, « au sein de la frange d’extrême droite du mouvement distingue-t-on une forme d’idéologie anti-État assez inédite et potentiellement dangereuse ».

Selon ce magazine, c’est aussi « le cap mis, récemment et inévitablement, sur la vaccination obligatoire qui est révélateur des tourments idéologiques d’une partie du pays ».

Pour L’Express, « la vision du monde des Français, dans cette période de crise, tient du magma. Ainsi, à gauche, les syndicats connaissent une crise démographique avancée et la crise du vaccin fait apparaître des opinions « antivax » pullulant dans nombre de leurs fédérations (…) C’est cette réalité magmatique de la société française (…) laissant la défiance envers l’autorité du savoir, laissant gagner du terrain à des minorités activistes, qui est celle de la société française quelques mois avant une élection qui devrait être cruciale, la présidentielle de 2022 », prévient L’Express.

Le coup de force du président tunisien

En Tunisie, le 25 juillet, le président Kaïs Saïed a décidé de limoger le Premier ministre et de mettre le Parlement entre parenthèses. Dans les chancelleries occidentales, l’embarras et l’inquiétude sont manifestes. Dans la presse magazine aussi. En témoigne L’Obs, qui souligne les « traits figés », le « phrasé incantatoire », la « démarche rigide » du président Kaïs Saïed.

L’hebdomadaire Le Point dénonce un « coup de force » de Kaïs Saïed, un président tunisien qui se retrouve « seul aux commandes ». Mais ce qui est sûr est que « l’ensemble des décisions qu’il prendra seul permettra de comprendre si la Tunisie se dirige vers un destin à l’égyptienne (dérive autoritaire) ou vers une consolidation de ses acquis démocratiques », énonce Le Point. Lequel journal le déplore, « le pays qui a lancé le Printemps arabe plonge à nouveau dans l’inconnu ».

Un défi pour l'Europe et l'Afrique

Mais cette crise tunisienne va bien au-delà de la seule Tunisie. C’est aujourd’hui un défi lancé à l’Europe et l’Afrique. Et Le Point, une fois encore, le souligne. Le président Kaïs Saïed a cédé à « la tentation césariste », en référence à l’empereur romain Jules César bien sûr.

Toutefois, prédit cet hebdomadaire, « l’isolement du chef de l’État tout autant que l’énormité des défis qu’il affronte jettent une ombre sur ses chances de redresser la barre. L’épidémie galope dans une population très peu vaccinée et la Tunisie est aujourd’hui le pays africain où l’on meurt le plus du Covid en proportion de la population. Le tourisme, principale source de devises, s’est tari. La dette publique atteint les 100 % du produit intérieur brut. La négociation avec le FMI pour obtenir une ligne de crédit de quatre milliards de dollars piétine depuis des mois. La Tunisie est aux abois », déplore Le Point.

Or, l’Algérie voisine et le Maroc ne sont pas mieux lotis. Remarquant que « les pays européens comptent de plus en plus sur les États du Maghreb pour maîtriser la vague migratoire, y compris venant d’Afrique subsaharienne », cet hebdomadaire soupire : « Autant s’appuyer sur des sables mouvants. S’aveuglant encore, comme Jacques Chirac en son temps, sur les aspirations des peuples du Maghreb, l’Europe contemple, sans plan cohérent ni stratégie commune, le lent effondrement de la rive sud de la Méditerranée », se désole Le Point.

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