Revue de presse internationale

À la Une : Trump, encore 12 jours ?

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Le président (jusqu'au 20 janvier 2021) des États-Unis Donald Trump.
Le président (jusqu'au 20 janvier 2021) des États-Unis Donald Trump. © AFP/Brendan Smialowski

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Même si le président sortant joue désormais l’apaisement, condamne les violences et promet une transition « sans accrocs », la grande majorité des titres de la presse dans le monde réclame son départ, à commencer par la presse américaine.  

« Les appels s’intensifient pour que Trump soient démis de ses fonctions » titre ainsi le Washington Post qui rapporte « l’escalade des appels à sa destitution après que les principaux élus démocrates du Congrès américain l’aient eux même exigé ». Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants et Charles Schumer  le patron des démocrates au Sénat « ont demandé l’application immédiate du 25e amendement et averti être prêts à entamer une procédure d’impeachement, de mise en accusation si le vice-président et le cabinet n’agissent pas ».

« Bien que cette mesure extraordinaire ait peu de chance de réussir, commente le Washington Post, c’est le signe qu’un nombre croissant de démocrates et de républicains pensent désormais que Trump est trop dangereux pour rester président ».

Une destitution jugée peu probable

Ce n’est certes pas impossible mais « à moins de 2 semaines de la fin de son mandat, les aspects pratiques d’une possible destitution de Trump sont difficiles à mettre en œuvre », explique le Wall Street Journal. « C’est décourageant, note de son côté le Washington Post, mais une procédure de destitution implique une longue période d’enquête et de travail juridique ».

« Il est trop tard pour entamer une telle procédure », juge également Mitt Romney, cité par le Washington Post. Le sénateur républicain estime que « la meilleure chose à faire désormais est de retenir son souffle » jusqu’à l’investiture de Joe Biden le 20 janvier prochain.  

12 jours périlleux avant la transition

On notera notamment les mises en garde du journal israélien Haaretz sur les risques d’une possible destitution. « Avec le 25e amendement, écrit son éditorialiste, Trump pourrait devenir le martyr de la droite chrétienne ». Le quotidien de Tel Aviv rappelle que « la droite chrétienne est l’un des puissants soutiens du président américain ». Si les élus veulent dégager Donald Trump, « ils peuvent bien sûr utiliser la Constitution et l’article 25, mais cela se fera au bénéfice de Trump lui-même », prévient le Haaretz qui conclue «  il perdra certes sa présidence plus tôt que prévu, mais il vivra à jamais dans l’esprit de ses partisans comme un martyr torturé ».

Inquiétudes également dans la presse allemande Le Frankfurter Allgemeine Zeitung s’attend lui à une fracture durable au sein de la société américaine. « Comment Biden pourra-t’il rallier les millions de trumpistes dont certains veulent suivre leur idole jusqu’à la mort ? » s’interroge le quotidien de Francfort qui rappelle que Trump a réuni 74 millions de voix à la présidentielle. « Même si sa présidence honteuse s’achève dans quelques jours », souligne le quotidien allemand « l’Amérique est tellement divisée, déchirée que même un demi-dieu aurait du mal à ressouder les 2 moitiés ».

Coronavirus : les hôpitaux britanniques au bord de la saturation

Inquiétude majeur en Grande-Bretagne où malgré le reconfinement, les contaminations explosent et les hôpitaux sont débordés, à l’extrême-limite de la saturation. En Une, The Guardian explique ainsi que « la course est engagée pour tenter de "sauver le NHS, le système public de santé britannique" ». Le reportage que publie le quotidien est terrible. Dans tout le pays, des chefs de clinique décrivent une situation « qui échappe désormais à leur contrôle ». « Nous sommes passés en mode médecine de catastrophe », s’alarment les médecins du Royal London Hospital qui décrivent « des réserves d’oxygène insuffisantes, une pénurie d’infirmières, des opérations importantes reportées et des files d’ambulances qui s’accumulent devant les urgences ».

The Guardian cite cet appel poignant sur Twitter, celui d’un médecin épuisé en début de semaine : « S’il vous plaît, supplie t’il, restez chez vous, le coronavirus est en train de s’emballer à Londres et la situation devient vraiment désespérée ».

 

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