Revue de presse internationale

À la Une: la contestation birmane face à la répression

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À Rangoun le 12 février, manifestation pour protester contre le coup d'État des généraux.
À Rangoun le 12 février, manifestation pour protester contre le coup d'État des généraux. © Sai Aung Maina/AFP

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Une contestation birmane toujours observée, très observée même. Depuis le Liban notamment, L'Orient-le-Jour rappelle d'abord le contexte : des centaines de personnes « arrêtées depuis le putsch du 1er février ». Ce lundi encore, « des manifestants pro-démocratie sont descendus dans les rues, mais en nombre moindre que les jours précédents », note le quotidien libanais. Il voit ici l'effet de la répression de la junte, celle-ci s'intensifie.

Ce mardi à nouveau, coupure quasi-totale d'internet, et ces manœuvres ne sont pas du goût de tous. Clairement pas du goût de l'opérateur norvégien des télécoms en tout cas, Telenor. C'est le Financial Times qui nous l'apprend. À l'image de l’ONG Human Rights Watch, nous dit le quotidien britannique, le groupe d'État norvégien dénonce des modifications de la loi sur la cybersécurité et la restriction de l'accès aux réseaux sociaux. Telenor est face à un dilemme : « C'est un vrai souci pour nous » témoigne un dirigeant du groupe, l'un des plus gros investisseurs étrangers en Birmanie. Il ne sait pas quelle réponse adopter, mais cela ne lui convient pas. « Je ne peux pas dire à quoi les jours et les semaines qui viennent ressembleront », explique-t-il.

Un appel pour maintenir la flamme de la contestation

Pourtant à Rangoun, des voix s'élèvent afin de maintenir allumée la flamme de la contestation. « Un vétéran de la démocratie birmane exhorte les fonctionnaires à se joindre aux protestations » : Le Guardian, entre autres, relaye son appel lancé hier. Celui d'un soutien affiché à l'ex-dirigeante Aung San Suu Kyi, qui vient d'ailleurs d'être inculpée une seconde fois. L'appel de Min Ko Naing, « un leader étudiant des soulèvements de 1988 ».

Il invite à ne rien lâcher face à l'armée, il fait d'ailleurs lui-même l'objet d'un mandat d'arrêt émis ce week-end, relate The Guardian. Avec « six autres militants bien connus de la génération 88 », Min Ko Naing est accusé d'utiliser sa popularité « pour des articles qui pourraient nuire à la paix et à l'ordre du pays ».

Pour autant, non, « la démocratie n'est pas morte en Birmanie ». C'est le cri poussé par un ancien de la génération 88 justement. Il signe un édito dans le New York Times. Un professeur de sciences politique qui était étudiant il y a 33 ans et qui s'est exilé ensuite pendant deux décennies. Il dirige aujourd'hui un cercle de réflexion à Rangoun. Min zin, c'est le nom de ce professeur. Il voit bien cette nouvelle génération birmane, cette jeunesse qui aspire à la démocratie. Mais il est tiraillé, reconnait-il. « Entre la nostalgie et le besoin urgent d'une stratégie concrète. » En effet, « j'espère que les manifestants d'aujourd'hui se rendront vite compte de ce que nous avons appris à l'époque », dit-il : « La pression de l'opinion publique ne peut à elle seule conduire à une véritable transition politique. »

Un visage dans les journaux du monde entier ce matin

Celui d'une femme. Le visage de la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala. Sa photo est reprise quasiment partout, en Une du Financial Times en Grande-Bretagne aussi bien qu'en Une d'O Globo au Brésil. Sur cette photo, Ngozi Okonjo-Iweala arbore un pagne bleu, couleur vive, et un sourire bienveillant qui donnerait presque envie de faire du commerce, ça détonne dans le milieu. Car elle « sera la première femme et le premier ressortissant africain à diriger l’Organisation mondiale du commerce », affiche le journal Le Temps, en Suisse. Économiste, ancienne ministre des Finances du Nigéria, elle a été nommée lundi et pendra ses fonctions le 1er mars à Genève. Et les défis qui l'attendent sont « urgents », alerte le quotidien suisse. Elle prend la tête d'une institution « malmenée par des crises, sanitaires, économiques et politiques », à l'heure où le multilatéralisme a été mis à mal...

Et pour ne citer personne, aux États-Unis, le Wall Street Journal rappelle que sa candidature faisait consensus depuis le mois d'octobre, mais que sa nomination « a été bloquée par l'administration Trump, qui pointait un manque d'expérience en matière commerciale ». Qu'importe une nouvelle page s'ouvre donc. Avec une « battante », c'est Ngozi Okonjo-Iweala qui se présente elle-même ainsi dans un portrait publié par le Guardian. Elle en a vu des choses, comme la guerre au Biafra, dans son pays. Elle avait alors 13 ans et ne « mangeai[t] qu'un repas par jour », confiait-elle aussi à Forbes. Elle n'oublie pas d'où elle vient et promet de rendre à l'OMC sa vitalité.

Au Portugal, une polémique à la Une des journaux

« Anti Lobby Gay ». Une phrase qui peut choquer. Des lettres capitales en première page du Diario de Noticias. Une attaque dirigée contre le tout nouveau président du tribunal constitutionnel portugais. Il s'appelle Joao Pedro Caupers et sa nomination fait des vagues pour ses positions exprimées notamment contre la communauté homosexuelle. Diario de Noticias exhume des propos datant de 2010. Le jour de la promulgation de la loi sur le mariage gay, le tout nouveau président du tribunal constitutionnel se déclarait à l'époque « membre de la majorité hétérosexuelle ». Il se révoltait contre la promotion de l'homosexualité, « les homosexuels ne sont pas une avant-garde éclairée, pas une élite », affirmait-il. On comprend alors que le journal s'interroge sur ses capacités à défendre aujourd'hui les libertés fondamentales de cette communauté, comme celles des autres communautés portugaises.

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