Revue de presse internationale

À la Une: l'Allemagne, un an après les tueries d'Hanau

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Un homme met une pancarte portant le nom de Sedat Gürbüz, propriétaire d'un bar à chicha et l'une des victimes de la fusillade meurtrière de 2020 à Hanau, en Allemagne, lors d'un hommage à l'attaque, le 19 février 2021
Un homme met une pancarte portant le nom de Sedat Gürbüz, propriétaire d'un bar à chicha et l'une des victimes de la fusillade meurtrière de 2020 à Hanau, en Allemagne, lors d'un hommage à l'attaque, le 19 février 2021 Armando Babani AFP

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Une même photo aujourd'hui en Une de Die Welt et du Frankfurter Allgemeine. Une fresque murale peinte sous un pont. Neuf visages géants, huit hommes et une femme. Les visages des victimes du racisme, assassinés il y a un an, à Hanau, près de Francfort. Abattues par un homme de 43 ans, « selon tout ce que l'on sait, extrémiste de droite, mais aussi paranoïaque et schizophrène », rappelle le Frankfurter Allgemeine. Oui, « Assassinés à Hanau », affiche la Une de Der Taggespiegel, quotidien régional de Berlin. Il montre un encadré sur fond noir, une seule balle d'arme à feu posé au sol et, au-dessus, en lettres blanches, les noms des victimes :

  • Gokhan Gultekin

  • Sedat Gurbuz

  • Said Nesar Hashemi

  •  Mercedes Kierpacz…

Il y a donc neuf noms en tout. Six autres personnes ont été blessées ce soir-là, le 19 février 2020. Et hier soir, en leur mémoire, « 3000 personnes ont manifesté dans le centre de Francfort », lit-on sur le site de la Suddeutsche Zeitung. Avec un slogan notamment scandé par la foule, une question plutôt, « où étiez-vous il y a un an à Hanau ? ». Des messages « critiques » adressés à la police nous apprend le quotidien allemand.

La douleur toujours aussi vive que le besoin de réponses

Parce qu’un après, « le deuil et la rage persistent », affirme la Deutsche Welle. La radio est allée rencontrer Celtin Gultekin, le frère d'une des victimes. Rencontre sur les lieux du drame, l'un des deux bars à chica visés par l'attentat et, c'est certain, « les proches cherchent encore des réponses. L'attaque aurait-elle pu être évitée ? », se demande avec eux la Deutsche Welle. « Parce que le tireur s'est tué lui-même, il n'y aura pas de procès, précise Der Spiegel, mais ceux qui restent ont des questions pour le pays qu'ils appellent maison ».

Le magazine « a passé plusieurs mois avec les familles et les habitants de Hanau », notamment dans un ancien sex-shop reconverti en local associatif, en un lieu de mémoire et de rencontre. « Les personnes qui viennent ici ne sont pas des enquêteurs, ni des avocats ou des juges. Ce sont des chauffeurs de bus, des charpentiers et des vendeurs de tapis ; ce sont des parents, des frères et sœurs, des amis. Ce sont des témoins, des voisins et des survivants. » Ils ont besoin de parler, d'essayer de comprendre. Même si c'est impossible.

Alors, l'amour, voilà tout ce qu'il reste, estime un éditeur dans un billet d'opinion publié par le Frankfurter Allgemeine. Oui « ceux qui cherchent des stratégies de consolation et des solutions pour l'avenir, écrit-il, ne trouvent leurs réponses que dans le fondamental, dans l'amour. Il a tellement plus de pouvoir que n'importe quoi d'autre ».

Au Liban, une même quête de réponses dans la presse

Une même quête de réponses et une « gifle » dans l'enquête sur la double explosion qui a dévasté le port de Beyrouth, le 4 août dernier. C'est L'Orient-Le Jour qui en parle : « Plus de six mois après cette double explosion, écrit le journal, de nombreux Libanais attendent avec impatience le moindre élément de réponse aux questions qu’ils se posent pour essayer de comprendre pourquoi, comment et à cause de qui leurs vies, leurs habitations, leurs quartiers ont été anéantis en l’espace de quelques secondes. »

Et ces gens-là « ont reçu hier comme une gifle », déplore L'Orient-Le Jour. En effet, la Cour de cassation a dessaisi le juge d’instruction Fadi Sawan, qui était chargé du dossier de l’enquête. Dessaisi notamment au motif d’une présomption de partialité et parce qu'il avait déclaré publiquement : « Devant l’ampleur de la catastrophe, […] je n’hésiterai à poursuivre aucun responsable, aussi haut placé soit-il, et je ne m’arrêterai devant aucune immunité ou ligne rouge. »

L’interférence de responsables politiques libanais

Et ce sont bien des responsables, des politiques qui ont eu raison de lui. La Cour s'est fondée sur ses propos pour « prêter au magistrat la volonté de ne pas se conformer aux lois en vigueur », explique l'article. Ce sont deux députés, qui avaient lancé le recours contre le juge d'instruction, Ghazi Zeaïter et Ali Hassan Khalil. Fadi Sawan les avait convoqués en tant qu’inculpés, il voulait « les entendre en leur qualité d’anciens ministres à l’époque des faits ». 

Mais avec cette décision de la cour de cassation, « pratiquement, cela signifie que nous sommes revenus à la case départ au niveau de l'enquête », analyse L'orient-Le Jour. Et « entre-temps, poursuit-il, vingt-cinq personnes détenues continuent de croupir en prison, dont inexplicablement des officiers de la Sûreté générale qui avaient alerté les autorités sur le danger que représentait le stock de nitrate d’ammonium au hangar n° 12 du port. Vont-elles être libérées en attendant qu’un remplaçant au juge Sawan soit nommé ? Mystère et boule de gomme », conclut le journal libanais.

Un autre mystère, vieux comme la Terre, dans la presse mondiale

Y’a-t-il une vie ailleurs ? Plus précisément, y’a-t-il de la vie sur Mars ? Eh bien, c'est pour tenter de le savoir que le Rover de la Nasa, Perseverance, est parti sur la planète rouge. Il a atterri avec succès hier, jeudi, on le sait. Le New-York Times parle de « Touchdown », et ce Rover a envoyé une première photo. On la voit évidemment dans les kiosques du monde entier. Le Times et The Daily Telegraph notamment, en Grande-Bretagne. Le Wall Street Journal aux États-Unis, le National Post au Canada, El Mercurio au Chili. Autre photo mais même sujet pour La Nacion en Argentine. La liste est très longue et on ne va pas la faire en entier. Le sujet passionne, évidemment... On rêve tous d’espace, n’est-ce pas ? On rêve tous de Mars, et David Bowie le chantait si bien : « Is There Life On Mars ? »

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