Revue de presse internationale

À la Une: des dirigeants, des ambitions et beaucoup de promesses...

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Le président américain Joe Biden à l'écran lors du sommet virtuel américain sur le climat mondial le 22 avril 2021.
Le président américain Joe Biden à l'écran lors du sommet virtuel américain sur le climat mondial le 22 avril 2021. REUTERS - JOHANNA GERON

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Les journaux du monde entier reviennent sur le grand sommet climat, ouvert jeudi 22 avril, et les projecteurs sont braqués sur le maître de cérémonie, le président américain qui a lancé l'invitation. La presse américaine en parle évidemment. « Au sommet, Biden demande une action rapide sur le climat », titre le Washington Post. Moins autocentré, « les dirigeants du monde s'engagent à des efforts sur les émissions », affiche le Wall Street Journal.

Graphique à l'appui, dès sa Une également, le New York Times compare les engagements pris par les uns et les autres et se demande à quel niveau se situe le nouvel objectif américain à l'échelle mondiale. Réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 50 à 52 %, par rapport aux niveaux de 2005 d'ici à 2030, « à quel point est-ce ambitieux ? », s'interroge le quotidien. Et la réponse est moins évidente qu'elle n'y parait…

Des objectifs basés sur des références différentes

En réalité, « tout dépend de l'année à partir de laquelle on commence à compter, explique le New York Times, les États-Unis ont décidé de mesurer leurs réductions à partir de 2005, ce qui correspond à peu près au moment où les émissions de combustibles fossiles du pays ont atteint un pic ». Alors que si l'on regarde les pays européens par exemple, « ils ont, quant à eux, tendance à mesurer à partir de 1990, année où les émissions ont commencé à diminuer sur le continent ». Résultat, analyse encore le New York Times : « Une base de référence plus tardive » fait paraître l'objectif des États-Unis « un peu meilleur », en partant d'un pic de pollution, mais « une base de référence antérieure fait paraître l'Europe plus ambitieuse, car elle a réduit ses émissions pendant plus longtemps. » CQFD.

La presse quasi-unanime sur les ambitions du président américain

Quoi qu'il en soit, la presse est quasi-unanime sur les ambitions, sur la volonté du président américain. « Biden se pose en leader de la cause, il veut donner son pays en exemple », estime Le Soir en Belgique. « Biden rompt avec la politique de Trump, il donne un coup de pouce à la lutte climatique internationale et au multilatéralisme », analyse El PaÍs en Espagne. Oui, « Biden impulse un nouvel élan » confirme la Vanguardia toujours en Espagne. En Grande-Bretagne, The Independent, lui, invite à agir. À l'heure où les leaders mondiaux s'engagent, « il est temps pour les Britanniques de prendre la direction de l'action climatique », écrit-il.

En revanche, la presse russe n'est pas tendre. Kommersant s'intéresse au fond du discours de Joe Biden, « l'accent mis notamment sur la relance de l'emploi » qu'offre l'économie verte. Pour le quotidien russe, c'est probablement « le moyen d'intéresser les Américains » à ce sujet. Kommersant retient surtout les nombreux couacs d'organisation. Il parle d'une « confusion désastreuse » lors de la vidéoconférence, principalement avec le discours d' Emmanuel Macron, enregistré « alors que tous les leaders qui l'ont précédé étaient en direct » souligne le journal. Il donne donc la version russe de cette histoire. 

Diffusion interrompue, Vladimir Poutine est alors invité à prendre la parole, mais il ne sait que faire, « il se tourne vers ses assistants ». Joe Biden « salue nerveusement ». En tout, « une minute et demie s'est écoulée dans cette souffrance », ironise le journal russe, avant que Vladimir Poutine ne parle finalement, suivi de la diffusion ininterrompue cette fois du discours d'Emmanuel Macron.

Inquiétude autour de l'épidémie de Covid-19 en Inde 

Le Covid-19 est évidemment présent dans la presse internationale, la situation de l'Inde inquiète particulièrement. Une photo pour illustrer cette situation : dans un terrain vague de New-Delhi, un homme à côté d'un cadavre. Il ramasse un morceau de bois, il « prépare un feu funéraire pour incinérer une victime du Covid-19 », explique la légende du National Post au Canada. Une même photo que l'on retrouve aussi en Une du Wall-Street Journal, aux États-Unis où le New-York Times consacre également son édition internationale au cas de l'Inde.

« Un maximum de contaminations et un manque d'oxygène », s'inquiète aussi El Mercurio au Chili. Oui, « l'Inde se bat pour de l'air », affiche le Frankfurter Allgemeine, en Allemagne. Or, la situation catastrophique de l'Inde, ce sont encore les journaux indiens qui en parlent le mieux. « Nous sommes censés donner la vie mais si nous ne pouvons même pas donner d'oxygène, nos patients vont mourir », témoignage du directeur d'un hôpital de Delhi à lire dans The Times of India. Hier après midi, son établissement ne disposait plus que de deux heures de réserve d'oxygène et 110 patients à gérer. Sur l'ensemble du pays, The Hindu tient tristement les comptes : plus de 332 000 cas en une journée, 2 247 morts de plus, « l'Inde représente un cas sur trois de Covid-19 dans le monde ».

Un scandale et un espoir contre la Malaria en Grande-Bretagne

Un scandale à la Une des journaux britanniques, mais également un espoir dans la lutte contre la Malaria. Un scandale d'abord en Une du Daily Telegraph et du Times, qui nous apprend que Boris Johnson est « attristé par l'amertume de son ancien conseiller ». Dominic Cummings, ancien proche parmi les proches du Premier ministre, « est accusé d'avoir fait fuiter des textos du Premier ministre ». « De manière systématique », précise la source du Times, cela fait tache.

Le Guardian préfère, quant à lui, mettre en avant cette lueur d'espoir dans la recherche d'un vaccin fiable contre la Malaria. « Un vaccin développé par les scientifiques du Jenner Institute d'Oxford, montre une efficacité de plus de 77% », résultat d'un essai de 12 mois réalisé au Burkina Faso, précise le Guardian. C'est d'ailleurs « le premier vaccin à atteindre l'objectif de l'OMS, fixé à 75% ». Des essais plus larges doivent désormais débuter, ce n'est donc pas fait mais ce serait en effet une belle avancée.

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