Revue de presse internationale

À la Une: au centième jour, un air de Roosevelt et une pluie d’éloges

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Le président Joe Biden salue la présidente de la Chambre Nancy Pelosi lors d'une session conjointe du Congrès des États-Unis, à Washington, États-Unis, le 28 avril 2021.
Le président Joe Biden salue la présidente de la Chambre Nancy Pelosi lors d'une session conjointe du Congrès des États-Unis, à Washington, États-Unis, le 28 avril 2021. REUTERS - POOL

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C’est un peu incontournable, ce jeudi 29 avril, dans les journaux : les 100 premiers jours de Joe Biden à la Maison Blanche. La presse américaine en parle évidemment, mais elle n’est pas seule. En Australie, le Canberra Times se demande déjà : pourquoi parle-t-on autant des 100 jours ? « Ils n’ont pas de signification constitutionnelle ou légale », nous dit un chercheur américain de l’Université de Sydney. Mais c’est comme ça, « ces cent premiers jours sont devenus un marqueur à résonance politique pour le public, les médias et les universitaires qui jugent les réalisations et les échecs d’une administration ».

Cette tradition américaine, nous explique le Canberra Times, « remonte à la salve d’ouverture hyperactive de Franklin Roosevelt en 1933. Le rythme de son administration était si rapide, rappelle le journal, que le comédien américain Will Roger avait remarqué à l’époque : ‘Le Congrès ne fait plus passer les lois, le Congrès ne fait que saluer les lois qui passent’. » En 1933, Franklin Roosevelt avait signé « 76 nouvelles lois » en 100 jours, Joe Biden a déjà « signé plus de 60 décrets ». Et Il a prouvé qu’il était « prêt à gouverner », estime le Canberra Times.

Une référence récurrente à Roosevelt

« Sous le regard de Roosevelt », titre El País en Espagne. «  Biden a placé la barre très haut en matière de principes, face aux crimes d’États, aux génocides et aux violations des droits de l’homme », pointe le quotidien espagnol. Mais le Financial Times n’est pas du même avis : oui, « certains supporters comparent déjà [Joe Biden] à Roosevelt, lit-on, mais le meilleur parallèle historique devrait être Dwight Eisenhower ». Le journal britannique fait ici référence aux années 1950, qui ont vu aux États-Unis une part plus grande accordée à l’investissement public dans le produit intérieur brut, une fiscalité plus élevée et des grands travaux.

Roosevelt ou Eisenhower, Le Soir ne tranche pas. Il voit juste « une présidence efficace » de Joe Biden et le journal belge regarde quant à lui l’histoire plus récente : « Beaucoup considéraient Joe Biden comme un président faible, ‘un sous-Obama’, mais son bilan est éloquent, il reflète un activisme législatif là où personne ne l’attendait ». L’édito du Soir voit donc en Biden, « le président qui ne veut pas rater son rendez-vous avec l’histoire ». Eh oui, « on n’a jamais deux fois l’occasion de faire une bonne première impression », souligne l’article. Mais le résultat – à lire dans l’édito du Temps – c’est « Joe Biden ou l’art de l’ennui ». « Ni coup d’éclat, ni coup de sang […] en s’imposant comme l’antithèse de Donald Trump, le nouveau président américain a aussi fait le choix d’une présidence plus ennuyeuse et rigide. » Une présidence « dans le contrôle ».

Le Premier ministre britannique dans la tourmente

Le contrôle, le Premier ministre britannique, lui, semble le perdre. Quand Joe Biden a l’air d’être au top, si l’on peut dire, Boris Johnson est en plein flop. Après le scandale du « chatty rat », le proche conseiller Dominic Cummings ayant fait fuiter des messages du 10 Downing Street, après le scandale sur cette phrase prêtée au Premier ministre sur la Covid-19 : « Qu’on laisse les cadavres s’empiler » pour éviter un reconfinement… Après tout ça, Boris Johnson est désormais empêtré dans une autre polémique. « La commission électorale a lancé une enquête qui peut mettre en péril » son mandat, prévient le Guardian.

Le journal, comme tous les autres aujourd’hui dans les kiosques, nous montre en Une « la fureur du Premier ministre ». Les photos sont parlantes, on y voit Boris Johnson à la tribune de la Chambre des Communes. Un Boris Johnson rouge de colère, vociférant, pointant ses contradicteurs du doigt. Il répondait en fait à une question posée sur la rénovation de son appartement du 11 Downing Street, car c’est ce qui fait scandale, la facture s’élève à 200 000 livres, nous dit le Times, soit nettement plus que les 30 000 livres couverts par les fonds publics. Le Premier ministre est accusé d’avoir reçu des dons ou des prêts pour les financer mais sans les avoir déclarés. Et avec l'ouverture de cette enquête, précise le Daily Telegraph, Boris Johnson « pourrait être contraint de remettre ses emails concernant » son appartement. Oui, Boris Johnson n'a plus le contrôle, et cela se voit jusqu'en Grèce où cette affaire fait la Une du journal I Kathimeriní.

L'homme qui ne marchera jamais sur la lune

Dans la presse également, on peut voir son visage sur la Une de La Razón en Espagne, du Corriere della Sera en Italie ou bien encore sur la Une du Times of India. À l'heure où les regards sont braqués vers la station spatiale internationale, à l'heure où l'on vit la mission de Thomas Pesquet sur RFI, un autre grand monsieur de l'espace tire quant à lui sa révérence. Michael Collins est décédé hier d'un cancer à l’âge de 90 ans. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il restera à jamais le troisième homme de la Mission Apollo 11.

Le 20 juillet 1969, lorsque Neil Armstrong et Buzz Aldrin marchaient sur la lune pour la première fois de l'histoire de l'Humanité, Michael Collins, lui, « était assis seul dans le module de commande Columbia », nous dit le Washington Post : « Il flottait à 60 miles au-dessus de ce qu'il a appelé plus tard le ‘noyau de pêche desséché par le soleil’ de la lune. » Il n'aura donc jamais mis le pied sur la lune mais il flotte peut-être bien plus haut aujourd'hui.

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