Revue de presse internationale

À la Une: «Covid-19 et politique en Inde»

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Un agent administratif, en tenue de protection, observe le dépouillement des votes de l'élection de l'Assemblée de l'État d'Assam à Gauhati, en Inde, dimanche 2 mai 2021.
Un agent administratif, en tenue de protection, observe le dépouillement des votes de l'élection de l'Assemblée de l'État d'Assam à Gauhati, en Inde, dimanche 2 mai 2021. AP - Anupam Nath

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Alors que la crise sanitaire fait toujours rage en Inde, la presse revient sur le résultat d’élections régionales très observées, à commencer par la presse indienne elle-même, évidemment. Cartes et graphiques à l’appui, The Hindustan Times décortique les chiffres. Ceux de l’État du Bengale-Occidental en tête, là où le BJP – le parti du Premier ministre Narendra Modi – n’a pas réussi à l’emporter. Échec également, lit-on, dans les États du Kerala et du Tamil Nadu. Le BJP conserve toutefois le pouvoir dans l’État d’Assam. 

Des élections également suivies à l’international et, pour les commentateurs, nul doute que le Premier ministre indien paye sa mauvaise gestion de la pandémie. « Le Covid secoue la politique en Inde », nous dit The Boston Globe. Le Financial Times nous parle d’un « revers politique important », et d’une « sanction ». C’est « une gifle », nous dit même dans ses colonnes un politologue de l’Université d’Ashoka. Il voit ici « le message, que la marque Modi à elle seule est probablement en train de s'estomper ». Pour preuve, sa « campagne électorale agressive est justement accusée d’avoir contribué à alimenter la deuxième vague de Covid », souligne le Financial Times

Une deuxième vague féroce

Près de 400 000 cas supplémentaires, un nouveau record de morts en 24 heures et, sur place, on manque toujours de tout : oxygène, équipements… Situation à nouveau en Une du New-York Times. De New Delhi à Bangalore, en passant par Bombay, le journal américain livre un reportage sur ceux qui « comblent les lacunes d’une Inde désespérée »Les réseaux sociaux, sur lesquels de vraies communauté d’entraide se sont mobilisées. Tout part souvent d’un appel à l’aide, lancé en ligne « et ces appels, nous dit le New York Times, atteignent des ingénieurs, des avocats, des employés d’ONG, des politiciens, des médecins et même des conducteurs de tuk-tuk, qui se sont mobilisés en ligne pour aider les malades, parfois à des centaines de kilomètres de chez eux. Collectivement, lit-on, ils ont formé des réseaux de base qui interviennent là où les gouvernements nationaux et d'État ont échoué ». 

Le lourd tribut des journalistes

Et face à à cette crise, tout le monde, finalement, paye un lourd tribu. Le plus lourd d'entre tous est bien sûr payé par le personnel soignant, le Guardian le souligne aujourd'hui, mais le journal britannique rend aussi hommage aux journalistes, avec le témoignage de sa propre correspondante sur place. Cette crise « est sans aucun doute l'histoire la plus difficile que j'aie jamais eu à couvrir », raconte Hannah Ellis Petersen. Elle décrit l’horreur des crématoriums improvisés dans la rue : « Les gens ici comparent à une zone de guerre, oui, on a l'impression que l'Inde est attaquée, mais lorsque l'ennemi est invisible et que les champs de bataille sont des hôpitaux, la peur est plus grande, plus troublante », explique-t-elle. Le Guardian nous apprend, que des centaines de journalistes indiens seraient morts depuis le début de la crise sanitaire, « près de 50 sur les seules dernières semaines ». Et parmi eux, il y a Kakoli Bhattacharya. Son nom ne nous dit probablement rien, elle travaillait pour le Guardian à New Delhi depuis 2009. Sans elle, « la couverture indienne du Guardian ne sera plus la même », déplore le journal. 

La réponse très critiquée de l’Australie

Pour limiter l’arrivée du variant, de nombreux pays ont imposé des restrictions de voyage vers et depuis l’inde. En Australie, « l'interdiction de voyager commence aujourd'hui » et elle crée la polémique car « des peines de prison et des amendes sont prévues pour les contrevenants », relate le site d’ABC.  Jusqu'à cinq ans de prison ou de lourdes amendes, « c'est la première fois que l'Australie met en place des sanctions pénales pour ses propres citoyens qui rentrent chez eux », pointe l’article. Problème : ces sanctions « introduites par la loi sur la biosécurité pourraient bien être illégales », estiment des experts cités par ABC. En tout cas, oui, ces mesures du gouvernement australien sont perçues par certains comme des « violations racistes des droits de l’homme ». C’est la BBC qui le rapporte.

D'autres encore, comme The Australians’inquiètent plus largement des conséquences économiques de ce « travel ban ». « L'Inde pourrait en effet "repenser" sa relation vitale avec l'Australie, analyse le journal, au moment où les industries australiennes ont été encouragées à renforcer leurs liens avec New Delhi, après de grosses tensions commerciales avec la Chine. » Il y a le secteur de l’enseignement également, quid des étudiants, se demande The Australian. L'Inde est la deuxième destination préférées des étudiants australiens, derrière la Chine. 

Un sport, deux ambiances… 

On parle football évidemment. Il y a tout d’abord en Italie – comment ne pas la voir – la joie des joueurs et des supporteurs de l’Inter. On la voit en Une de tous les journaux italiens, Corriere della Sera, Il Messaggero, La Repubblica et La Gazzetta dello Sport. Tous montrent la liesse des supporteurs réunis par milliers, à Milan, pour fêter la victoire de leur club hier dimanche championnat. Dix-neuvième sacre en Série A pour l'Inter Milan, et le contraste est saisissant avec la colère des supporteurs de Manchester United, qui fait, quant à elle, la Une de tous les médias britanniques. Des supporteurs ont envahi la pelouse du stade d'Old Trafford dimanche, obligeant la Premier League à reporter le match contre Liverpool. Cette « fureur », comme titre The Wall Street Journal aux États-Unis, est dirigée contre la famille Glazer, qui détient le club depuis 2005. La famille américaine détient aussi une franchise de football américain dont les supporteurs sont mécontents de la gestion. On comprend qu'il s'agit principalement d'une histoire d'argent contre une histoire de passion.

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